Qu’est ce qui pourrait sauver l’amour ?

18 décembre 2009

« Dix piges dans tes bras, je rêve dans tes draps, je vis dans tes drames » Booba, Maman dort.

1985. Au cinéma, John Rambo sort ses gros muscles et ses armes pour sauver les portés disparus au Vietnam. Marty Mc Fly cherche à retourner dans le futur et sauver le Doc. Sur les ondes, Daniel Balavoine nous chante que l’amour est en danger et qu’il faut le sauver, son disque se vendra à plus d’un million d’exemplaires et me donnera envie de chialer.

Mars, 1985. Saint Ouen. Je suis revenu de la classe de neige à Saint Véran depuis quelques semaines et mes frères m’ont manqué. La vérité, c’est qu’avec ce séjour j’ai fui les problèmes à la maison qui commencent à peser dans ma vie d’enfant d’onze ans. Mon père a quelques problèmes avec la bouteille et j’ai aussi les miens : d’énormes lunettes et de gros cheveux (cher copain et copine lecteur tu trouveras ci-joint une photo dossier).Dans ma classe, et d’après mes camarades, les plus belles meufs sont une brune aux yeux bleus, et une châtain clair : Carole Lafond et Katell Lepollotec mais je suis fou amoureux de Virginie Lattenzio, une petite meuf toute maigre avec une coupe garçon, et des lunettes. Copine et copain lecteurs, je sais ce que tu penses mais les goûts et les couleurs ça ne se discutent pas ! Mes meilleurs potes sont mes voisins, Bruno Geniller, Samir et David Atlan. A l’école, c’est vraiment la belle vie.

A la maison, depuis mon retour de la classe de neige ma mère écoute une chanson d’un certain Daniel Balavoine. Il s’est fait connaître avec un titre « Le Chanteur » où il raconte les différentes étapes de sa vie d’artiste : ses envies, ses rêves. Il décrit un musicien qui connaît un immense succès mais qui veut mourir malheureux. Il a depuis enchaîné les succès avec « Mon Fils Ma Bataille » et « Je Ne Suis Pas Un Héros ». C’est l’une des stars des années 80 et surtout un type qui semble sincère, et accessible. Ma mère écoute sa musique après les scènes de ménage et les absences mon père. La vérité copine et copain lecteurs, c’est que la musique de Balavoine met du baume au cœur de ma mère, et rien que pour ça le gosse que je suis, kiffe !

Cinq ans plus tôt, le chanteur a marqué les esprits lors du journal télévisé sur Antenne 2. Alors que François Mitterrand est l’invité du journal de midi, et que le président commente l’actualité en répondant aux questions des présentateurs. Daniel Balavoine s’énerve et quitte son siège car il sait qu’il va avoir la parole que quelques secondes. Après avoir quitté sa place, il revient et s’exprime sur la jeunesse, les ouvriers et même les immigrés : « Ce que je voudrais savoir, ce qui m’aurait bien intéressé c’est à qui les travailleurs immigrés payent les loyers qu’ils payent, on a vu tout à l’heure des gens qui disaient : “on payent 700 francs par mois”, moi je voudrais savoir qui encaisse de l’argent pour louer des poubelles pareilles c’est ça que je voudrais qu’on me dise, c’est pas savoir comment on peut faire pour changer, je voudrais savoir qui ose tout les mois demander 700 francs à des travailleurs immigrés pour vivre dans des poubelles et dans des taudis, ça c’est ça que je voudrais qu’on m’explique parce que moi je ne le sais pas » François Mitterrand intervient et encourage l’initiative et la personnalité du chanteur. Après ce plateau, la popularité du chanteur et sa musique vont prendre une ampleur grandissante. Des millions de personnes en France aiment le chanteur, ma mère fait partie de son public, du coup moi aussi.

En 1983, alors qu’il participe au Paris Dakar, Daniel Balavoine découvre l’Afrique : la misère, et les enfants qui meurent de faim. Il s’engage et fonde avec ses amis Michel Berger et France Gall l’association « Actions Ecoles » pour combattre la famine et l’éducation. A la maison, ma mère écoute de plus en plus ses chansons. Sauver l’amour est sa préférée, ses paroles me font réfléchir : qu’est ce qui pourrait sauver l’amour. Pas la juge en tout cas, qui prononcera le divorce quelques années plus tard.

En 1985, son album sort et c’est le single qui me marquera. Il chante l’Aziza, un mot qu’on entend au bled et qui signifie chérie, bien aimé. Dans le clip on voit une très belle femme, mate de peau. Alors que le single rentre timidement dans le top 50 de Marc Toesca, il occupera pendant huit semaines le top du classement. Daniel meurt en janvier 1986 dans un accident d’hélicoptère. J’apprend ça à la DASS, ma mère s’est sauvée de la maison, et nous avons été placé par la juge dans un foyer d’accueil à Denfert Rochereau. Personne n’a sauvé l’amour, et plus tard Oxmo Puccino fera un morceau : L’amour est mort, qu’il le sache ça m’a surpris…

P.S : Copine et copain lecteur, si après lecture de cet article tu déprimes et que tu tentes l’irréparable, l’auteur  ainsi que Rémi sans famille et son singe, Princesse Sarah et le grand père d’Heïdi déclinent toute responsabilité…  Merci de ta compréhension.

Rachid Santaki

Bande son :

Sauver l’amour – Daniel Balavoine
L’amour est mort – Oxmo Puccino
Maman Dort – Mokobé feat Booba
We Are The World – Usa For Africa


X-OR, le shérif de l’espace…

11 novembre 2009

Les séries Sankukaï et Spectroman ont connu un gros succès et leur diffusion a cessé. Récré A2 prend de plus en  plus d’ampleur et c’est Dorothée qui anime avec ses amis. Plus tard, elle trahira la chaîne pour briller sur TF1 avec le club Do’ mais ça copine et copain lecteurs c’est une autre histoire.

X OR EN MODE CHAUD1983. L’année de mes dix piges,  l’époque aussi où Madonna cartonne avec Holiday, David Bowie  met tout le monde d’accord avec Let’s Dance et que Michael va bouleverser la musique avec Thriller.  Sur le grand écran, Belmondo pète les scores avec “Le Marginal” et “Le Retour Du Jedi” attire les foules. Je vis à Saint Ouen (93), l’école Bachelet, la boulangerie et le marchand de journaux sont mes repères. Je lis les revues Strange avec les épisodes d’Iron Man, Spiderman et Dardevil dans la librairie. On n’a pas de loisir, si ce n’est que jouer de temps en temps dans la cours, et parfois le centre de loisir.  A la maison, on est gamin et on ne voit pas les tensions entre nos parents. Mercredi après midi : mon frère et moi sommes en train de nous taper pour le dernier morceau de sucre (Il veut m’empêcher de préparer mon goutter préféré le pain « beurre cacao sucre » (une version discount du Nutella). Chère copine et copain lecteur, toi aussi t’as surement connu ça…

En pleine baston de chiffons, alors que le dessin animé qui fout le cafard Watoo watoo s’achève, un générique nous interpelle, et le chanteur nous met dans l’ambiance direct !

…X-Or, le shérif, shérif de l’espace !
…X-Or, son domaine, c’est notre galaxie !

Après avoir fait la paix entre refrés, on se cale illico dans le canapé et on regarde le générique : un mec en métal qui claque, un 4×4 rouge qui slalome entre des explosions, et de la vraie tape ! Le mec en cuir marron, un  rebeu-chinois avec des gros cheveux fait comme nous il se roule dans la terre et fait des sauts de karaté. Sa meuf, une chinoise en mini jupe avec un casque de l’an 2000 nous fait kiffer ! Son vaisseau apparaît avec un dragon en métal qui se détache et envoi des rayons lasers. Une tuerie. Ça va être chaud  ! me dit mon refré heureusement qu’on a fait la paix (ce qu’il ne sait pas c’est que je vais lui casser la figure dès la fin de cette série !)

XOR ET SA MOTO

La cerise de la série c’est sa bécane rouge, on a jamais vu ça et là c’est pas un dessin animé genre Albator, Capitaine Flam etc. X-Or c’est pour de la vraie ! Je m’imagine déjà à mes dix huit printemps aller au travail avec cette moto de l’an 2000, et aller chercher mes gosses et ma femme avec.

La série débute et une équipe de gamins jouent au foot. Un vieux monsieur prend le journal. On découvre alors qu’en Chine les mecs sont déjà dans l’espace alors qu’à Saint-Ouen nous marchons avec les basket du ché-mar. Après que le gars  finit de lire le journal à un des gamins, on découvre le fief des C-rex et leur chef une statue avec un visage au niveau du torse (juste au cas où tu ne sais pas à quoi ressembles un C-rex, c’est un mec avec une tête de mouche avec du rouge, et qui porte un bomber’s). Les C-rex habitent super loin de la terre, mais ils bougent en vaisseaux spatiaux. C’est vite fait pour rejoindre notre planète. Les méchants débarquent direct et détruisent la station spatiale… Mon frère et moi sommes dégouttés… Ils détruisent la station  spatiale ainsi que la Chine. D’ailleurs tout ce que disent les victimes  de leur attaque, c’est :  Mais qu’est ce que ça peut être ??

Mon frère et moi on crient devant la télé : sauvez vous ce sont les silex !!!
(Attends arrête de golri, la phonétique de C-Rex faut avoir fait 5 ans d’anglais ou être un cainri)

GordonAlors que mon frère est en panique pour les habitants de la terre, le rebeu chinois du générique (en fait c’est lui X-Or mais on le sait pas) dans un ensemble moulant blanc comme celui de mon Big Jim, qui conduit un vaisseau spatial de ouf, reçoit un message. Il doit aller défendre la terre. Le mec  super chaud débarque avec la C.T.E (La Cabine De Transfert de L’espace). En quelques coups de manettes, il réduit à néant les méchants. Le vaisseau a le laserotor, un laser qui peut te toucher même si t’arrives au dessus du vaisseau d’X-Or, je sais pas si tu vois le délire ? En gros tu peux pas couiller X-Or… Et crois moi que les C-Rex avec leur tête de mouche bizarre et leur Bomber’s ne font pas long feu, les derniers s’échappent comme des lâches. Tu l’as peut être  pas compris, et c’est que t’as pas écouté la chanson, X-Or c’est un shérif de l’espace. Il est membre de l’union des polices inter galactiques, en gros on kiffe sur un flic, un keuf quoi !

BimyAlors qu’il vient de détruire et balancez aux C-Rex qui sont déjà morts -  Quand vous voudrez ! Y a la meuf d’X-or qui débarque : Bimmy. Truc de ouf… Elle part sans l’autorisation du docteur Com. En gros, Bimmy est une fugueuse. Et elle fait une phase de ouf, laserovision et se transforme en perruche ! Malgré le fait qu’X-or lui dit qu’il va sur la terre, elle veut le suivre pour aussi se taper. Franchement, Jamel n’a rien inventer avec Kadera, puisqu’en 83 y a eu Bimmy. Sauf qu’elle portait pas de Lacoste. Bimmy fuguera vraiment de la série, et réapparaitra vers les derniers épisodes. Mon frère me demandait souvent le mercredi soir dans la chambre, avec une voix désespérée, tu crois qu’elle reviendra Bimmy ?

On apprend par la voix off (tu sais c’est le mec qui aime raconter sa vie pendant la série) que la mère et le père d’X-Or viennent de la planète des oiseaux. Plus tard, j’ai appris que les scénaristes de la série nous ont menti, il n’y a jamais eu de planète des oiseaux, et encore moins de base spatiale ! C’était une banane spatiale ! Dire qu’Amstrong a peut être fait la même avec des millions de téléspectateurs… E t qu’il n’a jamais marché sur la lune !

Bref, X-Or est donc un mec qui défend la terre, et le moment le plus fort de la série pour nous les mecs, c’est bien sur la transmutation. En un centième de seconde, il prend la forme d’un robot. Pour ceux qui n’ont pas suivi la série, X-Or fait un mouvement qui appelle son vaisseau spatiale et qui lui envoi par ondes magnétiques son scaphandre de combat. Quand t’as dix ans, tu peux te faire carna facilement. Et j’aimerai que les producteurs de la série, répondent à plusieurs de mes questions ! Pourquoi X-Or tenait un néon et vous nous avez fait croire que c’était un laserolame ? Pourquoi X-Or n’a jamais été aux toilettes en plus de cinquante épisodes ? Pourquoi on ne voit jamais son vaisseau spatiale s’arrêter à une station essence ? Pourquoi vous avez laissé le fondateur de robocop vous pomper l’armure à X-Or ?

X-or va débarquer sur terre, et s’appellera Gordan. Il travaille dans un ranch et en même temps de protéger les habitants de la terre, il cherche son daron. Le truc qu’on a kiffé au delà de sa voiture, et ses nombreux accessoires de dingue, c’est qu’Xor aimait les enfants et les défendaient. Et c’est ce qu’on kiffait avec lui. Bien sur, le fait qu’il était quelqu’un de bien c’était cool, mais on voulait avant tout de la violence, de la bagarre. Et X-Or nous en donne. Y a cet épisode où les C-Rex décident de le canner, mais ce mec était trop speed. A chaque fin d’épisode, il était dans un monde parallèle a se taper et à découper au laserosabre le boss des C-rex. Le laserosabre est une arme de dingue, mais en réalité les mecs ont juste utilisé un néon, le même qui éclairait la cuisine de chez moi. super !

Plus tard, j’ai appris que l’acteur n’était pas un rebeu chinois, mais un japonais et qu’il s’appelait Kenji Ohba. Il a participé à sankukaï, c’est lui qui assurait les cascades de Starros (le personnage habillé en rouge), d’ailleurs après X-Or  il a jouén dans des téléfilms, et même  des films. On a pu le voir dans le Kill Bill. Aujourd’hui, il dirige la Japan Action Club une école de cascade au Japon.

La série va nous faire rêver, et bien entendu les C-rex vont se faire mettre à l’amende au bout d’une quarantaine d’épisodes. Après X-Or, y a une autre version plus hype Sharivan, un cousin à lui en plus pimpant et rouge, mais on a décroché. L’année d’après les Bioman et compagnie ont débarqué mais rien ne valait X-or et ça les vrais te le diront.

PS : Si t’as bien aimé cet article, je te demanderai de faire tourner l’adresse de mon blog à dix personnes autour de toi, en contrepartie je t’offrirai un goutter beurre sucre cacao (le blog n’a pas de budget désolé).

Bande Son :

Billie Jean – Michael Jackson
Dès Que Le Vent Soufflera – Renaud
Holiday – Madonna
Eye Of The Tiger – Survivor


mes premiers polos Lacoste

2 septembre 2009

Aujourd’hui, on voit des mecs porter de nouveau du crocodile, mais rien ne pourra égaler les années d’or du crocodile…Rétrospective !

LACOSTE POLO1988. C’est l’année ou Jean Marc Barr nous plonge en apnée dans Le Grand Bleu. Et pour les plus gangsta c’est l’année de Colors avec Sean Penn. Musicalement, j’écoute Bad, car je suis en retard. Et je péta les cassettes à mon daron de Jackson, et Kool and The Gang. Cette année là, je découvre Voltage FM qui passe de la funk, et qui depuis s’est perdue dans la dance et la techno (R.I.P).

Desperate Costela – Saison 1

Dans un appartement à Saint Ouen (93). Deux adolescents (mon frère et moi) sont en train de commettre un crime. Et oui, selon l’article du code de la propriété intellectuelle, réaliser de la contrefaçon est un délit. Mais on était trop des mecs chauds…

Mon frère : Attends, mais non t’es un ouf !! Tu l’as tué le croco ! T’es relou !
Moi : Mais non, t’inquiètes il claque, attends je vais lui remettre un coup pour être sur qu’il bouge pas.
Mon frère : C’est pire, il est devenu rouge ! Un crocodile rouge et vert, t’as cru qu’il était du Maroc ou quoi !
Moi : Tu rigoles mais y a des crocodiles au Maroc !! J’en ai vu un une fois dans la voiture ! T’sais quoi, demain au collège quand tout le monde va devenir ouf sur ton polo tu verras qui auras tout tué.
Mon frère : Je crois que c’est grillé. T’as déjà vu un polo Lacoste avec un crocodile vert et rouge ?
Moi : Attends ! Le crocodile il peut être blessé !

Chère copine et copain lecteur. Tu te demandes ce qu’on fait ?

On est juste en 1988. Et on vient de dépouiller sur les polos de mon père deux crocodiles. Pour ceux qui me connaissent, forcément ils connaissent mon père.  Les autres je vous refait une représentation. Mon père c’était un mec en avance. 501, et Lacoste. Et nous avions pour aller au collège, besoin de nous fabriquer un ou deux polos Lacoste. Ben oui… Tu crois qu’on avait les moyens ? Du coup, on a transformé notre chambre en atelier de couture. Fil, aiguilles et les deux polos.

Le lendemain, mon frère est revenu. Au collège tout le monde disait que son polo claquait. Quand à moi, je me suis fait grillé. Dès que je suis monté dans le bus, le chauffeur me regardait chelou. Puis il m’a interpellé : Grand, tu l’as acheté ou ton polo Lacoste ?
Moi tout content : Je lui  ai dit, je l’ai acheté  CHER !!!!
Il m’a regardé navré, et m’a dis : Je crois que c’est un faux. Enfin j’en suis sur…
Et moi (en mode gros mytho) : Non, pas possible ! je l’ai acheté CHER m’sieur !!!!
Lui (en mode mort de rire) : Ben, les types qui ont fait ça déjà ils te l’ont cousu à l’envers. Je n’ai jamais vu un Lacoste avec un crocodile à l’envers…
En descendant du bus, J’avais un problème majeur dans ma vie. Comment ne pas me faire griller au collège avec un polo dont le croco était à l’envers ?

IMAGE LACOSTE

Desperate Costela – Saison 2

entre le bus et le grillage du collège, j’avais trouvé une solution…

Moi au milieu de la cours.
Eux autour (qui chuchotent) : Il a un problème ou quoi il garde sa main sur le cœur?
Moi : Main droite sur le cœur, et gouttes de sueurs…

Moi en classe, interro.
Eux en train d’écrire.
Moi : torse collé contre la table.

Moi dans le chemin du retour
Elle : (la meuf la plus pétée du collège). Rachid, ça me fait drôle que tu poses ta main sur le cœur quand je suis à coté de toi. T’as des sentiments pour moi, ça me touche...
Moi (dans ma tête) : Même pas en rêve !! Si je me marie avec toi, mes tantes au bled vont me savater !

Tu l’auras compris. Le falsh (Déf  : contrefaçon, copie, démarquage, faux, fraude…)ça ne sert à rien. Et ce jour là je l’ai aussi compris. Enfin tu penses que je l’ai admis parce que j’ai passé la journée avec la main droite sur le cœur ? Nannnn ! Je l’ai compris quand j’ai vu mon daron débarquer dans notre chambre en furie, avec les deux polos dépouillés. Qui a fait ça !!!?  Ahhhhhhhhhhhhhh !!!! (il devenait vert et déchirait ses affaires). Mon frère me montrait du doigt, et moi je le montrais du doigt. Ça va, on s’est fait savaté tous les deux par Hulk.

Quelques temps après on a refait la même, avec un peu plus d’expérience, avec les 501 Levis. Et on s’est fait grillé. Hulk est revenu nous cogner. Le faux ça ne paye pas, et pas que dans les sapes même dans la vie !

Franchement, j’ai compris une chose plus tard. Le faux, c’était un manque de personnalité. Tu veux faire style tu portes telle ou telle marque pour montrer que t’es dans le coup. J’ai très vite mûri. Plus tard,  j’allais à Troyes pour acheter du lacoste. Et continuer à exister. Après y a eu les années 90, et on portait tous du vrai Lacoste de la tête au pieds. Mais ça c’est une autre histoire, puis rien ne vaudra mes costela à moi.

PS : Quelqu’un aurait du fil transparent ?

Rachid Santaki


Manimal

19 août 2009

Après avoir découvert Manimal, j’ai essayé de me transformer en Panthère, faucon, mais je n’y suis jamais arrivé, en fait j’ai compris trop tard que mon père n’était pas celui de Jonathan Chase alias “Jessy” (pour les potos)…Et que je ne me transformerais pas en panthère.

manimal-021985. J’avais douze ans, j’aimais jouer dehors avec mes frères. L’allée de notre résidence à Saint Ouen (93) était paisible sûrement parce qu’il y avait pas mal de personnes âgées comme madame Corbeille, et son fils handicapé. Son logement se trouvait au rez-de-chaussée, et souvent avec mes tirs, ma balle terminait en plein dans son carreau. Pour nous, la période de l’été c’était stylé, pour elle, ça l’était moins… Tu l’auras compris copain et copine lecteur, le tue-temps préféré des gosses du quartier était le ballon. On était plusieurs familles, Les Bouissouira, Teddy Hubert, et mes deux frères. Après avoir passé toute la journée en bas de chez nous, ma mère nous appelait pour rentrer, et manger. On trainait avant de remonter et à vingt heures passé, elle s’emportait – Rentrez bande de pourceaux, c’est l’heure ! J’en ai marre rentrez tout de suite ! – On obéissait, car on craignait qu’elle fasse appel au « boss », mon père.

Je me souviens que ce jour là, un vendredi, elle avait mis la troisième chaine. Y avait une nouvelle série, tout de suite la voix off m’a interpellé – « Jessy Chase, belle situation, jeune, beau garçon. Un homme qui a un avenir des plus brillants et un passé des plus obscurs. Des replis les plus profonds de l’Afrique aux sommets les plus élevés du Tibet, héritier du savoir de son père et des sombres mystères de l’univers. Jessy Chase, le maître des secrets qui ont séparé l’homme de l’animal et l’animal de l’homme : l’homme-animal ! » – Le premier épisode, le pilote était long, je n’ai pas accroché, juste à la fin, il avait dû se transformer en panthère. Et J’avais kiffé, je m’inventais moi aussi un tel pouvoir (Chère copine et copain lecteur, on a tendance gamin à être de gros mythomane). Tu imagines en cours, si tu pouvais te transformer en souris et rentrer dans la classe pour regarder l’interro ? Sinon, c’est un autre fantasme que j’ai toujours eu, tu te transformes en insecte et tu rentres dans une banque, pour prendre l’argent. Mais en fait, c’est con car tu ne pourrais pas ressortir avec tout le fric ? Je m’étais même imaginer en panthère, pour me défendre ! Le générique de la série montrait New-York en fond et une silhouette d’homme qui se fond en Faucon, puis en panthère. On voit ensuite les personnages de la série le héros Jonathan Chase, Brooke et leur pote Tyrone.

rtd21manimal7Ma mère aimait bien la série, et elle regardait aussi. Même si cela peut paraître marrant, mais quand Manimal, enfin Jessie se transformait, y avait un effet spécial et dingue (pour l’époque bien sur). On voyait sa main, et les veines qui gonflaient. La main noircissait et des poils poussaient. Jonathan s’était transformé en panthère. Ma mère se tournait, elle était écœurée de le voir se transformer. Lors de la transformation, on ne voyait que sa tête et ses mains. Et c’est vrai qu’il faisait flipper car il ressemblait dans un premier temps à une peluche et ensuite une poupée de cire. Nous on kiffait, on rêvait d’avoir son pouvoir mais mon père n’était pas le sien.

Après chaque épisode, je me cachais dans notre salle de bain. Je prenais ma respiration, et je soufflais fort en regardant mon poing fermé. Je pensais que j’allais me transformer, mais rien. J’ai essayé pendant une bonne dizaine de fois, souvent après les diffusions de la série, mais toujours rien ! Au fil des épisodes, je me suis posé des questions. J’étais fan de Hulk. Mes camarades de primaire te raconteront que plusieurs fois en pleine récréation, je me prenais pour le géant vert et je déchirais mes affaires dans la cour de récréation. Enfin une fois, car après une bopnne correction de mon daron j’ai cessé de déchirer mes affaires, mais rassures toi je me prenais toujours pour Hulk. Et plusieurs fois j’ai mangé de la colle, parce que je n’étais plus Rachid Banner mais L’incroyable Hulk. Finalement, entre l’incroyable Hulk et Manimal, je trouvais des similitudes. Le moment de la transformation, et son retour mais contrairement à Hulk, Jonathan est plus ordonné à chacune de ses transformations, quand il revenait à l’état humain, ses affaires était propres. Les scénaristes n’avaient pas prévu ça… D’ailleurs les scénaristes ont écrits huit épisodes, et quatre n’ont jamais vu le jour faute de succès. Il y a eu quelques épisodes qui m’ont marqué comme celui avec la femme louve. Comme cette scène ou Manimal effraye les loups, et séduit la jeune femme. Où cet épisode dans lequel Jonathan (genre c’est mon poto) se transforme en serpent pour sortir Brooke des sables mouvants. Ou encore l’épisode où il apprend à faire du Kung-Fu par le biais des animaux, et se tape avec un chef de gang.

Cet été là, on rentrait tous les vendredis à l’heure. Ma mère avait compris, et nous a même eu une fois, un mardi elle a crié y a Manimal. On est remonté comme des bombes. Mais en fait elle a éclaté de rire et nous dit je vous ai eu ! On a pas trouvé ça marrant… La série s’est terminée après huit épisodes, et a été rediffusé sur M6.

PS : Qui pourrait m’expliquer pourquoi le héros s’appelle Jonathan et que son surnom c’est Jessy ? Récompense à celle ou celui qui trouvera une explication que je cherche depuis 1985.

Rachid Santaki


La cassette audio

11 juillet 2009

Alors que tu dégaines dans les transports avec ton I-Pod, ton Mp3, ou dans ta caisse avec ton dernier disque laser, je peux te dire que rien ne rivalise avec ma bonne vieille cassette TDK. copine et copain lecteurs tu vas rapidement comprendre pourquoi !

Black_cassette_tapeLa cassette date de 1961. Je l’ai découvert vingt trois ans plus tard. 1984. C’est l’année de la réélection de Ronald Reagan à la tête des Etats Unis, la naissance de Canal Plus et du top 50 avec Marc Toesca. J’ai onze ans, j’habite Saint Ouen dans le 93.

Comme chaque été on part au Maroc en Renault 18. Mon père passe dans son autoradio autoreverse l’album Jacksons « Victory ». Les kilomètres du bitume de France, d’Espagne et du nord du Maroc défilent sur les voix des frères Jackson. On se tape toujours la face A avec les titres « Torture » et « Wait ». Malgré le temps de rembobinage on écoute deux mille fois ces morceaux. Pour nous, c’est la haute technologie parce que dis toi qu’on sort de l’époque du disque vinyle. Mon père a pas mal de sons cela va de Chic à Barry White. Il tient à ses cassettes, ça vaut cinquante balles un album, et si il grille tes paluches ou tes empreintes sur ses albums de Barry White, Michael Jackson, ou Kool & The Gang, ça vaut cinquante baffes. Ma mère aussi a ses cassettes, mais on kiffe moins : Hervé Vilar, Michèle Thor ou encore Herbert léonard.

Grâce au radio recorder de mes parents, je me souviens avoir entamé une grosse carrière musicale. Si, si copine et copain lecteur j’ai chanté comme Michael Jackson, enfin moi c’était « Rachid » Jackshun. J’avais à la place du gant blanc le gant de ménage rose de la dareune, et les lunettes de vue qui prenaient tout le visage à la place de celles du king de la pop. Franchement… Je ne lui ressemblais grave pas à Michael. J’aurai bien voulu te mettre une photo dossier mais j’en ai pas…(oh le mytho) Sur ces live, je pense à ma camarade de classe Linda L, métisse antillaise et cubaine, elle déclasse trop de monde… Je suis son nounours à lunette…Donc je chante en pensant à elle.

Tu me diras j’ai onze ans, donc c’est excusable comme dossier. Mais en BEP, y a eu une anecdote comme ça. Un mec de notre classe, Gregory Lamarche, il demande à mon pote Mohamed Baklouti de lui enregistrer du rap. Mohamed est à la page, il traîne sur les terrains vagues et kiffe le graffiti. Ce con de Gregory en donnant la cassette a précisé – Surtout tu n’écoutes pas la face A ! Surtout !- Quand un type te dit ça, qu’est ce que tu fais ? Ben ouais, tu écoutes  la face A, volume à fond. Le problème c’est que Gregory chante en acapella sur trente minutes de la fameuse face A – Sophie revient…Sophie j’ai pour toi des sentiments alors laisse moi le temps – Et il se met à pleurer sur les paroles. Purée, cet enfoiré de Mohamed arrive le lendemain avec dix minutes d’avance en cours. Et toute la classe écoute le live de Gregory dans la voiture d’un des gars de la classe puis en cours. Pendant que lui pleure pour sa meuf, nous on pleure de rire pour lui. Le chanteur est arrivé en retard, et a demandé ce que nous écoutions dans le walkmann. Mickael lui a balancé – Sophie… Espèce de baltringue… Barre ta gueule ! – La suite c’est que Gregory a quitté la classe en pleurs.

Cette même année, je squatte au Parc de La Courneuve avec les gens du lycée. Mickael Dracius me passe une cassette TDK 90. Elle va bouleverser ma vie. C’est simple, mon pote a un pote collectionneur de disques vinyles qui lui faisait des sons. Ce jour là il me lâche sa TDK. Je  pourrai te citer quelques uns des morceaux qu’elle contenait : Barkays, Lew Kirton et d’autres morceaux de funk 80. Une tuerie. C’est sur ces sons que j’ai kiffé  et morflé avec ma première meuf Malika. Ces mêmes morceaux qu’on a déliré au Maroc avec les 40 voleurs. Et puis à force de rembobiner je suis passé au lecteur CD. Et j’ai abandonné ma TDK. J’avais entre temps cumulé pas mal de cassettes originales les compilations Tonton Funk, les albums de Bobby Brown ou encore de Barry White.

1996. L’époque où je commence à acheter des disques chez les jumeaux de la place de Clichy. A cette période, pour en mettre plein la vue aux meufs, on leur enregistre une cassette. C’est l’occasion de faire partager ta musique avec une petite meuf sympa, mais aussi de lui « mettre une cassette ». Ben oui copine et copain lecteurs on ne disait pas “mettre une pilule”, ou”mettre une disquette” dans les années 80. Du coup la meuf pensait à toi sur du son. Avec mon pote Mehdi, on se prenait pour Cut Killer, et on faisait nous aussi nos compilations avec des étiquettes personnalisés : Compilation DJ Rachid, son de ouf, tuerie remix etc.

Avec le temps, et la technologie je me suis éloigné de mes cassettes et pire je les ai utilisé pour enregistrer mes premiers interviews pour 5Styles. Depuis je saoule Michael Dracius pour me retrouver les sons de l’époque. Malgré Internet, les MP3 et je sais pas quoi, rien ne remplacera ma bonne vieille cassette.

Rachid Santaki


Le Bois de Boubou (Partie 1)

2 juillet 2009

« Tu connais ma ville j’ai vu ta plaque au bois d’Boulogne » Booba – Indépendants

Cher copain et copine, l’article (et surtout la seconde partie) que tu lis concerne beaucoup de gens, je ne balancerai pas de noms pour des raisons de confidentialité mais certains vont se reconnaître… Pour cette première version, je serai soft parce que ce blog est « grand public ».

BOIS DE BOUBOUQuand t’es un mec de cité, t’as une principale difficulté dans la vie. Cette difficulté ce sont les meufs ! Et oui ! Traîner à plusieurs fait peur à la gente féminine, et j’parle même pas du fait que t’aies une tête de ouf… Si copain lecteur tu n’as pas cette difficulté, soit t’es un BDM (Bouffon Des Meufs), soit t’es pas un mec de cité…Ou autre hypothèse t’es avec une meuf de CPPN*. Pour ma part et surtout pour me disculper des lignes qui vont suivre, j’étais un BDM et en plus pas vraiment un mec de cité.Beaucoup de mecs de la région parisienne ont passé leurs soirées à la foire du trône, à la crêpe de Montmartre, ou sur les champs. Mais il y a un endroit que beaucoup d’entre eux ne te citeront pas : Le bois de Boubou dit dans le jargon « la forêt de Sherwood ». Une attraction que les gens de province ne connaissent pas et ne peuvent pas comprendre…

1991. Cette année là, c’est la guerre en Irak a lieue,  Serge Gainsbourg s’éteint, les Inconnus interprètent Auteuil Neuilly Passy et le belge Benny B s’affiche en salopette customisée Simpsons et fait son lover dans le clip « Dis-moi bébé ». Nous sommes au mois de juin. L’après midi se termine, je suis avec le grand frère d’un de mes potes aux étangs de Cergy Pontoise. Nous sommes trois, son pote qui fait de la mécanique, un rescapé du BEP chaudronnier ne parle pas. Alors qu’on galère avec le chien du grand frère de mon pote, je me retrouve face à deux meufs. Une métisse et une rebeu. Le chien se précipite sur elle, la meuf est effrayé, et elle crie ! C’est l’occasion pour nous de taper la discussion, gratter l’amitié et plus si affinité. Après quelques échanges, l’œil du grand frère de mon pote brille. Je fais le taff, met l’ambiance et lui a déjà son plan. Les filles nous suivent et après avoir déposé son pote qui n’a pas dit un mot de la journée, et le clep’s sur saint Ouen.

Nous passons la soirée à tourner dans Paris, avec zéro franc en poche, et quelques litres d’essence. Avec sa bagnole, il nous fait visiter le coté sombre de La Capitale, le bois et ses environs. Cette soirée va être mémorable pour deux choses, tout d’abord les phénomènes surnaturels que nous allions rencontrer et ensuite la colère de mon daron. Je ne l’ai pas averti que je passe la nuit dehors. Les deux filles sont copines, et la rebeu a dit à ses parents qu’elle passait la nuit chez la métisse. Le grand frère de mon pote est indépendant, il a sa propre voiture. Une Renaut 5, à l’époque c’est l’équivalent d’une Clio. Dans sa caisse, le son qui passe est d’une violence : The Crusaders « Street Life », Jocelyne Brown « Somebody Else Guy’s », Délégation « You and I »… La cassette a tourné, et été retourné. Et il s’improvise guide de Paris. Il est 23h00 passé et on se dirige dans le bois de Boulogne. Là bas, c’est la foire du trône mais au lieu d’avoir la femme à barbe, t’as beaucoup plus ! J’ai entendu parler de ce qu’on appelle travelot, mais je constate le phénomène. Imagines toi que t’es assis dans le siège du Renault 5 et qu’au milieu de la route t’as le sosie de  Maradona qui traverse la rue avec une paire de seins, ou encore un autre qui mesure deux mètres, collé contre un arbre, vêtu d’un string qui affiche une paire de seins mal faite puisqu’il a le sein gauche beaucoup plus gros que le droit. Les voitures s’arrêtent, et l’activité bat son plein, nous sommes étonnés, et mort de rire. Le grand frère de mon pote, en nous amenant ici, savait que l’amusement serait garanti. Plus vicieux que ça il a amené les filles dans une rue bizarre, où un groupe de mecs se sont jetés sur la voiture. L’une des filles a hurlé, y avait de quoi l’un des mecs avait mis un nez de clown sur son kiki, et qui le colle contre la vitre. Nous étions dans la rue des B, et ces pauvres types faisaient l’attraction des caisses qui passent. On termine la soirée à rigoler de tout ça…

Le lendemain je retourne en cours à Blanqui, mon père vient me récupérer et me colle un crochet du gauche et un uppercut du droit. Je suis resté en semi liberté quelques semaines avant de partir au deblé, il m’a bien sur pendant plusieurs années reproché cette sortie. Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seconde, car  y a pas à dire le boisd e boubou c’était vraiment mieux avant !

Dans la seconde partie tu découvriras comment les mecs de cités ont investi la forêt de Sherwood…fous rires garantis.

Rachid Santaki


Le BEP chaudronnier

1 juillet 2009

« Tu demandes à chaque mec des cités, t’as quoi comme diplôme, m’fin comme brevet ? Il va te sortir j’ai un BEP moi » - Peu de gens le savent –Opéra Puccino – Oxmo Puccino

Copain lecteur, et copine lectrice, cet article va rétablir les vérités sur le BEP. Car que tu aies un Doctorat, MBA ou encore un BAC plus 10, remballes car moi j’ai un BEP…autrement dit BAC moins deux et tous ceux qui sont passés par là te le diront…C’était mieux avant le BEP.

130869_Le-diplome-du-BEP1990, Saint Ouen, Lycée Blanqui. Le conseil de classe de seconde est terminé, et la nouvelle vient de tomber : Je dois redoubler, ou être réorienté…Attends copain et copine lectrice je t’explique ce que je kiffe…(Non, je l’ai déjà utilisé la rime de Kool Shen…) où ça se complique. Un palmarès de cancre : CP redoublé, 5eme redoublée et voilà qu’après être revenu dans le circuit général bien que la conseillère d’orientation aie réussi à m’orienter en 4eme techno, je suis face au mur de l’éducation nationale. Pas grave, je me barre en vacances au Maroc à mon retour et je chercherai une solution…

Le Globe, c’est un peu l’école de l’avant dernière chance car il faut l’avouer la dernière chance à l’école c’est le BEP chaudronnier (Une pensée à tous les victimes de ce BEP). Pour ma part, mon passage en BEP comptabilité est un accident de parcours (en réalité je crois que ma scolarité toute entière était un accident). Après mon retour tardif du bled, sans école, je trouve un établissement qui m’accepte. Stains, Le Globe. Le lycée professionnel se situe dans une ancienne école primaire. La directrice m’a prévenu, je vais être dans une classe qui est quelque peu « agitée ». Elle aurait du plutôt me dire que je vais être dans une version Harddcore du collège fou fou fou… Rei, Jim, et les autres onté été remplacé par Kader, Mohamed, Rafik et Mickael ! Je me retrouve dans une classe, qui d’après notre professeur de comptabilité est la pire de ses vingt années d’enseignement. Pour nous, élèves de cette classe, ce sera la meilleure de notre vie. Dois-je commencer par Mickael D qui nettoie en cours ses Reebok classik avec un blanchisseur ? Et qui a déballé un livre de boules à la prof  après qu’elle lui a demandé – Mickael que lisez vous ?- Mohamed Baklouti qui était à fond dans le hip hop et le  rap « qui sème le vent récolte le tempo » ? Ou encore Gregory L, celui à cause de qui l’expression « mytho » s’est introduit dans les salles de classe (qui était d’ailleurs la victime de la classe) ou de Kader B qui montrait ses fesses gratuitement…Bien sûr notre classe était à la norme de la parité. Il y avait toujours une meuf pour ramener sa grande gueule, dans la notre c’était Sonia Z. -Mais non les gars ça se fait pas- Il manquait juste la bombe. On n’avait pas de Jessica Alba, je crois que la meilleure c’était Karima F. On l’aimait bien Karima. Nous sommes mercredi. Il est midi, toute l’école est compressée dans le bus numéro 142 (l’équivalent du 183 d’Ivry- Vitry-Choisy-Orly). Le chauffeur démarre, une voiture s’amuse à klaxonner à répétition. Apparemment l’attention des passagers se porte sur cet Opel Corsa blanche. Au volant un des gars de ma classe, Hakim A avec bien sûr Kader. Il lâche un sourire aux passagers du bus, puis colle ses grosses fesses (poilus) à la vitre. Des barres… Je crois qu’à la base Kader n’avait pas de pudeur. Vraiment pas, il lui arrivait de se promener tout nu dans les couloirs pendant la récréation, en criant « ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!! ». Ce qui était bien en cours, c’était nos échanges avec les profs. Le cours dégénérait automatiquement quand Kader commençait à chambrer les prof en live. Je me souviens que le prof d’anglais essayait de nous faire parler en anglais. Bien sûr ce n’était pas le pays des merveilles cette classe. Et nous avions quelques jeux violents. Avant chaque cours d’EPS, nous faisions des «  tous contre un ». La règle ? Très simple ! Désigner un gars et tous le savater, coups de poings, de pompes. Certains voyaient en ce jeu un exutoire. Tout le monde s’en mangeait plein la gueule. Sauf Mickael et moi, dès quelqu’un voulait nous porter un coup. On  utilisait chaise, coup de genou, coup de coude et autres techniques de la boxe thaï. Les mecs se déballonnaient. Par contre, quand c’était le tour de Gregory L, c’était l’inverse tout le monde se défoulait. Notre jeu a cessé le jour où il a reçu des coups au sol, qu’il a eu une crise d’asthme, qu’il a failli mourir. Non, le BEP comptabilité c’était bien, malheureusement on a été que trois à l’avoir. Aujourd’hui Kader est responsable chez Paul, il montre moins ses fesses. J’ai des nouvelles de Mickael qui nettoie toujours ses Reebok, et de Karima. Et tous te le disent, le BEP c’était mieux avant…

Rachid Santaki


La piscine de Saint Ouen (93)

29 juin 2009

Aujourd’hui les destinations pour les vacances d’été sont nombreuses : La Malaisie, La Polynésie, Les Etats Unis… Aucune ne vaut ma destination préférée, celle de Saint Ouen (Seine Saint Denis)

« Pendant que tu bronzes y a des gosses qui jouent au foot en bas de chez eux, et ils t’emmer****, j’ai grandi comme eux (Fabe  Quand je serai grand).

carrelage-en-pierre-naturelle-pour-piscine-129669C’est la fin du mois de juillet. L’année scolaire est terminée depuis plus d’un mois et ma fiancée de l’époque Virginie L. est en Italie, Bruno G quelque part en France avec ses parents, et moi ? Pas de Bled pour cette année, pour nous c’est Saint Ouen Plage. L’avantage de rester dans sa ville en été quand tu es un gamin de neuf ans ? Il n’y en a pas !!! Le programme est donc limité. Le matin c’est en bas de chez nous à jouer, rejouer et re-rejouer au foot. Mais après quelques jours à refaire les matchs de la coupe du monde jusque tard le soir, soit on en a marre, soit le ballon en a marre. Notre voisine, la vieille du Rez de Chaussée en a aussi marre que le ballon heurte son carreau quand on loupe nos tirs.

Alors pour changer, les jours d’après on trouve une activité, celle d’aller à la piscine. Bien sur, la piscine est payante, et en 1983 il n’y a pas tous ces systèmes de passeport de loisirs, chèque vacances et compagnie. Alors il faut trouver de la monnaie, car c’est  c’est elle qui dirige le monde, et c’est elle qui nous permet d’obtenir notre ticket d’entrée. Alors on instaure un système, en mode « gratteurs » devant la piscine – Monsieur il nous manque 50 centimes pour aller à la piscine – Mais c’est tellement mort en aout que mise à part les pigeons de Saint Ouen, les passants se font rares, du coup les 50 centimes aussi ! En plan B, on vend des cartes aux voisins que nous dessinons à l’arrache aux crayons de couleurs, au dos des prospectus de dépannage et plomberie qu’on a récupéré dans les boites aux lettres. Après ne pas avoir atteint notre Chiffre d’Affaire de quinze francs, nous comprenons aussi que pour ceux qui restent c’est la crise. Alors il nous reste une dernière solution : demander 5 francs à nos parents – On se levait à 6h00 du mat tellement excité alors qu’en réalité elle ouvrait à 09h00 !

La piscine de Saint Ouen est découverte en été. Elle n’est pas grande mais assez pour courir autour du bassin, se chamailler, et se casser la gueule. Le bassin est divisé en deux par un muret. On se tue à faire des plongeons la bombe, et les batailles d’eau. Alors qu’on s’éclate, les autres, ceux venu prendre des couleurs pour simuler des vacances imaginaires à Miami, ça les faisait chier. On a aussi un jeu, celui d’expirer l’air pour toucher le fond du bassin. Et parfois je me prends pour Marc Harrys, l’homme de l’Atlantide alors je nage sous l’eau. Si à la piscine il y a beaucoup d’action avec nos supers jeux, il y a la séquence « érotisme ».  Bien avant de découvrir les films de la 6, y avait les meufs de la piscine, celles qui font tomber le haut du maillot. D’ailleurs y a cette meuf qui se fait passer de la crème par son mec. A chaque fois que je viens, j’espère qu’il ne sera pas là, pour qu’elle soit en galère et qu’elle me demande de lui passer de la crème. Tu parles, il ne lâche pas le terrain, ni sa meuf. Il me reste alors comme alternative la vieille mais à la vue de sa poitrine gant de toilette, la fièvre retombait direct !

A la sortie de la piscine, c’est le grand moment ! Quand tu dis piscine, y a paquet de petit beurre qui va avec ! On termine la journée, les yeux rougis par le chlore, et ce paquet de gâteaux « Petit beurre », qu’on mache une demi heure. Niveau son, Farid et Sonia nous faisaient découvrir « Street Dance » de break Machine. Aujourd’hui, ils ont détruit la piscine pour en mettre une plus bling bling…

Rachid Santaki


Ma première console de jeux vidéos

29 juin 2009

Qu’elles soient PSP, PS3, xbox 360… Les consoles de jeux sont de plus en plus techniques au niveau du graphisme, des scénarios, de la « jouabilité ». Une évolution qui ne pourra jamais égaler ma première console, l’Atari 2600.

atari26001985. Je suis au collège Jean Jaurès à Saint-Ouen. Mes principaux jeux à cette époque sont le foot, récréA2, le club Dorothée. Comme tous les dimanches, avant ma série préférée « Starsky et Hutch », mon père va faire son tiercé. Il m’emmène avec lui au café PMU de la mairie de Saint Ouen. Pendant qu’il parle avec ses potes de la cote d’Ourasi (le bourrin le plus célèbre des cités), je m’écarte. Devant moi se trouve une console de jeu. Un adulte termine sa partie. Il s’acharne sur la manette. A peine il s’éloigne que je me jette sur la manette. A mon tour, je m’acharne en dirigeant la manette dans tous les sens. Rien n’y fait. Je ne contrôle pas la partie. Véritable tâche en anglais, je comprends pourtant que les mentions « Game Over » et « Insert Coins » affichées à l’écran signifient qu’il faut du fric. Je demande donc à mon père une pièce. Lancé dans ses pronostics, il me lâche deux francs. Je retourne devant le jeu, la partie commence. Je me bats contre des monstres. J’envoie des rayons laser sur mes ennemis. Ils s’approchent. Je ne réussis pas à tous les détruire. Je perds une première vie… Une deuxième… Une troisième… « Game Over ». Ma partie est finie. Je suis dégoûté, c’est passé trop vite. Mon père a fini ses jeux. Il rentre à la maison pour voir la course du tiercé sur TF1. De retour à la maison. Je pense à cette partie, trop courte. Le lendemain, au collège, je parle avec mon pote Pascal Darreau de ce jeu. Il me dit qu’il a une console chez lui. Qu’il y joue tous les jours. Avant d’aller à l’école, après et pendant les vacances. Dès lors, je ne pense qu’à une chose. Avoir une console de jeu à la maison. Je n’aurais plus à mettre de pièces, j’aurais tout mon temps pour faire des parties. Seul problème, le budget. Si mon pote a une console, c’est parce que son père a une boucherie. Il a de l’oseille. Mon père n’a pas de boucherie, il a juste sa Renault 18 et une carte famille nombreuse. Avec mes frères, nous supplions notre mère. Notre but ? Avoir une console de jeux vidéo. Nos moyens de l’obtenir ? Les promesses : ramener de bonnes notes, ranger notre chambre, cesser de nous battre. Nous sommes déterminés, pour arriver à nos fins. Ma mère cède, elle décide de nous acheter une console de jeux, d’occasion, bien sûr. Le budget ? 400 francs. Quelques jours plus tard, c’est le grand jour. Nous découvrons notre console (vraiment d’occasion). Elle est dans un sac plastique Prisunic. Nous sortons la console de couleur noire. La marque Atari. Elle est futuriste avec six interrupteurs : mise en marche, la couleur ou le noir et blanc, difficulté de jeu, … Et deux manettes. Des jeux. Il y en a deux. L’un de tennis avec un superbe visuel, l’autre est « Space Invaders » (le jeu du café). Nous nous accoutumons avec ce nouvel élément. Une demi-heure pour brancher la console. Une autre, pour se rendre compte qu’une manette ne marche pas. Après ces péripéties, dues à un retard dans l’utilisation des technologies, nous allumons enfin la console. Le plus drôle ? Peut-être le son, des bruits basiques et vraiment électroniques ou encore la qualité du graphisme d’époque. Sur la pochette du jeu de tennis, on voit un joueur en plein effort avec un superbe graphisme. Mais une fois la cartouche enfoncée, la partie commencée, le graphisme ne correspond pas du tout. Le joueur est une barre, et la balle de tennis, un carré ! Je fais abstraction du manque de ressemblance avec un match de tennis, je joue. Je m’en fiche, j’ai ma console de jeu. Au bout d’une heure, mes frères et moi réalisons que le jeu est tout pourri. Alors nous passons au second jeu, « Space Invaders ». Il n’y a aucune différence avec le jeu de tennis. Des barres et des carrés. Pendant quelques jours, nos potes ne nous voient plus. Normal. Nous avons découvert l’Atari 2600. Il faut quand même préciser que la console est sortie en 1982, que nous sommes en 1985. Quelques années plus tard aura lieu une véritable révolution, souvenez-vous de la Master System, d’Alex Kid avec ses grandes oreilles…

Rachid Santaki


Les Air Max

26 juin 2009

Air MaxA force de m’avoir acheté des baskets sans marque quand j’étais enfant, mes parents m’ont donné le syndrome de la chaussure. Cette maladie qui consiste à dépenser des milles et des cents dans la chaussure de sport toute ta vie. Depuis ma majorité, je n’ai cessé d’acheter des paires et des paires de Nike. J’ai dû en avoir une centaine. Un vrai fou de la bulle d’air. Air Max 90, Air Max BW, Air Max 95, Air Max 97, Air Burst et même la Spiridon (qui n’a pas de bulle d’air). J’en ai eu des paires mais rien ne vaudra ma première, la BW. Récit. Novembre 1991. J’habite à Saint Ouen. Nous sommes à la maison avec mes frères. Ce soir là, je suis devant la télévision. C’est la rediffusion du best of des Inconnus sur Antenne 2. Il y a ce gag : « Athlétisme». Les inconnus parodient les commentateurs sportifs. Avec la fameuse réplique « …cela ne nous regarde pas… ». Dans ce sketch, les comiques portent une paire de basket très belle. Je bloque dessus. Cette paire ne ressemble en rien à celles qu’on connaît. A l’écran, elles ne passent pas inaperçues. Pascal Campan qui joue le rôle d’un coureur de fond les a. Didier Bourdon en sprinteur et Pascal Légitimus aussi. Elles sont noires avec une bande blanche et la virgule violette. Mon frère me dit que ce sont les Air Max, qu’il peut les avoir ! Le lendemain, mon frère revient avec une paire, un de ses potes lui a prêté. Je deviens fou. Il les rendra à Madjid. Quelques mois plus tard, je décide de les trouver. Je cherche aux Halles, à Saint Denis. A l’époque les Air Max et moi, c’est comme les envahisseurs et David Vincent. Je suis le seul à les avoir vues. Mais impossible de mettre la main dessus. Pendant un bon moment je passe du temps le week-end end et les mercredis après midi à faire les magasins de sport. Même les puces. Rien. C’est un mercredi après-midi de retour des 4 temps de la Défense que je tombe par hasard sur une boutique de sport située sur le boulevard Jean Jaurès, à Clichy (92). Surprise ! Elles sont là en vitrine. Je rentre vite et demande s’il reste des modèles. Le vendeur me dit que les pointures disponibles sont supérieures d’une taille. Pas grave, je prends du 47 ! Le prix, 600 francs. Je la cherche depuis un moment et hors de question de la laisser filer. Complètement fou, je lui demande de mettre mes anciennes baskets dans la boite et de porter tout de suite MES Air Max. Cet après midi là, je suis fou et content. Le lendemain, je ne passe pas inaperçu dans la cour de l’école. Fier, je les porte en cours. Elles vont très bien avec mon 501 « black/black ». 1991, je suis au Globe. Mickaël ne porte pas de bulle d’air, il est plutôt classique. Son truc, c’est la Reebok Classic, coloris blanc. En plein cours, il la nettoie toujours avec un nettoyant. Les autres sont à l’époque de la Jordan. Les années suivantes j’ai eu la BW en coloris violet. Et ma première paire a fini au Fournil de Pierre. Je les portais pour faire de la manutention, elle n’avait plus la même gueule et même aujourd’hui en réédition ce ne sont plus les mêmes. Il y a eu ensuite énormément de coloris, en tissus, en cuir. D’autres modèles, la 97 est une de celle qui m’a aussi marqué. Puis les nouvelles comme la TN, qu’on appelle « la requin» ne m’a jamais inspiré, parlé. Y a pas à dire, rien ne vaudra ma première paire d’Air Max. Comme on dit si bien, on se souvient du premier, pas du second…


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