Le jambon !

30 juin 2009


Beaucoup d’entre nous ne te le diront pas car manger du porc c’était bon, et surtout la honte ! Mais nous sommes nombreux dans les années 80 à avoir consommé de la viande illicite !

JambonAujourd’hui, nous traquons dans les rayons des grandes surfaces la moindre trace de porc dans les aliments. On passe au scanner les ingrédients des pâtisseries, des confiseries et autres aliments susceptibles de contenir du porc. Même ma fille de six ans m’a récemment interpellé – Papa, truc de ouf c’est des Monster Munch au porc que t’as pris ! Jette-les vite ! Vite ! – En tant que daron exemplaire, j’ai vidé rapidement le sachet, mais au fond de moi je sais qu’en 1980, je l’aurai vidé directement sans faire de sentiment dans mon estomac. Et oui, copain et copine lecteur dans les années 80, nous avons été nombreux à commettre l’irréparable !

Avant de balancer les dossiers, je tiens à dénoncer mes ami(e)s qui eux aussi mangeaient du porc, Shé*****e la première qui allait chez son oncle marié à une française, et qui tous les mercredis mangeait du cochon – J’aimais bien, jusqu’au jour où ma mère l’a appris et m’a menacé – m’a-t-elle avoué. Sam***, elle m’a dit qu’elle en a mangé à la cantine de la maternelle et qu’elle ne savait pas. Pour ma part j’ai une excuse valable avec une dareune française et un daron qui écoutait de la funk, le porc était donc un aliment comestible chez moi. Je l’avoue, mais c’est lors d’un été au Maroc que tout a basculé, le porc allait être renié de ma vie.  Mes cousins et cousines de mon âge sommes à table, et on dévore à la main avec un bout de pain le tagine. Tout à coup l’un de mes cousins regarde ma tante et lui demande – Rachid cool le ham hallam ? – Ma tante les yeux exorbités lui répond d’un ton agacé – Inta rhmac oula raja, rhmal kider – elle lui met une claque derrière la tête.  Je demande à ma tante ce qui se passe – Il a demandé si tu mangeais de la viande hallam ! C’est quoi tata de la viande hallam ?  – Rachid, du halouf ! – C’est quoi du halouf ? – Du porc !- – Ne me dis pas que tu manges du halouf, hein Rachid ! – Ses yeux deux fois plus exorbités et un silence rompent le repas. Puis les regards de mes cousins, cousines et de ma tante se dirigent vers moi.  Une grosse goutte de sueur qui coule sur mon front car j’ai compris la gravité  de manger du porc. Des flashs défilaient avec tous ces variétés de viande que j’ai mangé : Les sandwichs à la rosette de porc, le jambon de Bayonne et j’en passe. J’ai à mon actif un lourd passé de mangeur de cochon. Après le repas, je me suis fais une promesse, ne plus manger les membres de la mille-fa de Porcinet. Je suis rentré du bled, et avec mes frères on a décidé de ne plus manger de cochon. Et je comprenais pourquoi en primaire on me demandait si je mangeais du porc, et toute ces fois où je répondais ben ouais pourquoi !?

Rachid Santaki


La piscine de Saint Ouen (93)

29 juin 2009

Aujourd’hui les destinations pour les vacances d’été sont nombreuses : La Malaisie, La Polynésie, Les Etats Unis… Aucune ne vaut ma destination préférée, celle de Saint Ouen (Seine Saint Denis)

« Pendant que tu bronzes y a des gosses qui jouent au foot en bas de chez eux, et ils t’emmer****, j’ai grandi comme eux (Fabe  Quand je serai grand).

carrelage-en-pierre-naturelle-pour-piscine-129669C’est la fin du mois de juillet. L’année scolaire est terminée depuis plus d’un mois et ma fiancée de l’époque Virginie L. est en Italie, Bruno G quelque part en France avec ses parents, et moi ? Pas de Bled pour cette année, pour nous c’est Saint Ouen Plage. L’avantage de rester dans sa ville en été quand tu es un gamin de neuf ans ? Il n’y en a pas !!! Le programme est donc limité. Le matin c’est en bas de chez nous à jouer, rejouer et re-rejouer au foot. Mais après quelques jours à refaire les matchs de la coupe du monde jusque tard le soir, soit on en a marre, soit le ballon en a marre. Notre voisine, la vieille du Rez de Chaussée en a aussi marre que le ballon heurte son carreau quand on loupe nos tirs.

Alors pour changer, les jours d’après on trouve une activité, celle d’aller à la piscine. Bien sur, la piscine est payante, et en 1983 il n’y a pas tous ces systèmes de passeport de loisirs, chèque vacances et compagnie. Alors il faut trouver de la monnaie, car c’est  c’est elle qui dirige le monde, et c’est elle qui nous permet d’obtenir notre ticket d’entrée. Alors on instaure un système, en mode « gratteurs » devant la piscine – Monsieur il nous manque 50 centimes pour aller à la piscine – Mais c’est tellement mort en aout que mise à part les pigeons de Saint Ouen, les passants se font rares, du coup les 50 centimes aussi ! En plan B, on vend des cartes aux voisins que nous dessinons à l’arrache aux crayons de couleurs, au dos des prospectus de dépannage et plomberie qu’on a récupéré dans les boites aux lettres. Après ne pas avoir atteint notre Chiffre d’Affaire de quinze francs, nous comprenons aussi que pour ceux qui restent c’est la crise. Alors il nous reste une dernière solution : demander 5 francs à nos parents – On se levait à 6h00 du mat tellement excité alors qu’en réalité elle ouvrait à 09h00 !

La piscine de Saint Ouen est découverte en été. Elle n’est pas grande mais assez pour courir autour du bassin, se chamailler, et se casser la gueule. Le bassin est divisé en deux par un muret. On se tue à faire des plongeons la bombe, et les batailles d’eau. Alors qu’on s’éclate, les autres, ceux venu prendre des couleurs pour simuler des vacances imaginaires à Miami, ça les faisait chier. On a aussi un jeu, celui d’expirer l’air pour toucher le fond du bassin. Et parfois je me prends pour Marc Harrys, l’homme de l’Atlantide alors je nage sous l’eau. Si à la piscine il y a beaucoup d’action avec nos supers jeux, il y a la séquence « érotisme ».  Bien avant de découvrir les films de la 6, y avait les meufs de la piscine, celles qui font tomber le haut du maillot. D’ailleurs y a cette meuf qui se fait passer de la crème par son mec. A chaque fois que je viens, j’espère qu’il ne sera pas là, pour qu’elle soit en galère et qu’elle me demande de lui passer de la crème. Tu parles, il ne lâche pas le terrain, ni sa meuf. Il me reste alors comme alternative la vieille mais à la vue de sa poitrine gant de toilette, la fièvre retombait direct !

A la sortie de la piscine, c’est le grand moment ! Quand tu dis piscine, y a paquet de petit beurre qui va avec ! On termine la journée, les yeux rougis par le chlore, et ce paquet de gâteaux « Petit beurre », qu’on mache une demi heure. Niveau son, Farid et Sonia nous faisaient découvrir « Street Dance » de break Machine. Aujourd’hui, ils ont détruit la piscine pour en mettre une plus bling bling…

Rachid Santaki


Ma première console de jeux vidéos

29 juin 2009

Qu’elles soient PSP, PS3, xbox 360… Les consoles de jeux sont de plus en plus techniques au niveau du graphisme, des scénarios, de la « jouabilité ». Une évolution qui ne pourra jamais égaler ma première console, l’Atari 2600.

atari26001985. Je suis au collège Jean Jaurès à Saint-Ouen. Mes principaux jeux à cette époque sont le foot, récréA2, le club Dorothée. Comme tous les dimanches, avant ma série préférée « Starsky et Hutch », mon père va faire son tiercé. Il m’emmène avec lui au café PMU de la mairie de Saint Ouen. Pendant qu’il parle avec ses potes de la cote d’Ourasi (le bourrin le plus célèbre des cités), je m’écarte. Devant moi se trouve une console de jeu. Un adulte termine sa partie. Il s’acharne sur la manette. A peine il s’éloigne que je me jette sur la manette. A mon tour, je m’acharne en dirigeant la manette dans tous les sens. Rien n’y fait. Je ne contrôle pas la partie. Véritable tâche en anglais, je comprends pourtant que les mentions « Game Over » et « Insert Coins » affichées à l’écran signifient qu’il faut du fric. Je demande donc à mon père une pièce. Lancé dans ses pronostics, il me lâche deux francs. Je retourne devant le jeu, la partie commence. Je me bats contre des monstres. J’envoie des rayons laser sur mes ennemis. Ils s’approchent. Je ne réussis pas à tous les détruire. Je perds une première vie… Une deuxième… Une troisième… « Game Over ». Ma partie est finie. Je suis dégoûté, c’est passé trop vite. Mon père a fini ses jeux. Il rentre à la maison pour voir la course du tiercé sur TF1. De retour à la maison. Je pense à cette partie, trop courte. Le lendemain, au collège, je parle avec mon pote Pascal Darreau de ce jeu. Il me dit qu’il a une console chez lui. Qu’il y joue tous les jours. Avant d’aller à l’école, après et pendant les vacances. Dès lors, je ne pense qu’à une chose. Avoir une console de jeu à la maison. Je n’aurais plus à mettre de pièces, j’aurais tout mon temps pour faire des parties. Seul problème, le budget. Si mon pote a une console, c’est parce que son père a une boucherie. Il a de l’oseille. Mon père n’a pas de boucherie, il a juste sa Renault 18 et une carte famille nombreuse. Avec mes frères, nous supplions notre mère. Notre but ? Avoir une console de jeux vidéo. Nos moyens de l’obtenir ? Les promesses : ramener de bonnes notes, ranger notre chambre, cesser de nous battre. Nous sommes déterminés, pour arriver à nos fins. Ma mère cède, elle décide de nous acheter une console de jeux, d’occasion, bien sûr. Le budget ? 400 francs. Quelques jours plus tard, c’est le grand jour. Nous découvrons notre console (vraiment d’occasion). Elle est dans un sac plastique Prisunic. Nous sortons la console de couleur noire. La marque Atari. Elle est futuriste avec six interrupteurs : mise en marche, la couleur ou le noir et blanc, difficulté de jeu, … Et deux manettes. Des jeux. Il y en a deux. L’un de tennis avec un superbe visuel, l’autre est « Space Invaders » (le jeu du café). Nous nous accoutumons avec ce nouvel élément. Une demi-heure pour brancher la console. Une autre, pour se rendre compte qu’une manette ne marche pas. Après ces péripéties, dues à un retard dans l’utilisation des technologies, nous allumons enfin la console. Le plus drôle ? Peut-être le son, des bruits basiques et vraiment électroniques ou encore la qualité du graphisme d’époque. Sur la pochette du jeu de tennis, on voit un joueur en plein effort avec un superbe graphisme. Mais une fois la cartouche enfoncée, la partie commencée, le graphisme ne correspond pas du tout. Le joueur est une barre, et la balle de tennis, un carré ! Je fais abstraction du manque de ressemblance avec un match de tennis, je joue. Je m’en fiche, j’ai ma console de jeu. Au bout d’une heure, mes frères et moi réalisons que le jeu est tout pourri. Alors nous passons au second jeu, « Space Invaders ». Il n’y a aucune différence avec le jeu de tennis. Des barres et des carrés. Pendant quelques jours, nos potes ne nous voient plus. Normal. Nous avons découvert l’Atari 2600. Il faut quand même préciser que la console est sortie en 1982, que nous sommes en 1985. Quelques années plus tard aura lieu une véritable révolution, souvenez-vous de la Master System, d’Alex Kid avec ses grandes oreilles…

Rachid Santaki


Mon premier balladeur

29 juin 2009

Aujourd’hui, on peut marcher dans la rue ou prendre les transports avec de la musique et même de la vidéo : Archos, Ipod, NokiaNséries et j’en passe. Mais rien ne remplacera mon premier « Walkman » !

Mon walkmanAnnée 1987, nous sommes en vacances au bled entre Marrakech et la plage d’Eljadida. Mon père invite deux de ses  potes de Saint Ouen à  passer leur congés au Maroc, Jean Luc D et Farid A. Farid est mon aîné de dix ans, et cela fait de lui un grand frère. T’inquiètes pas copain lecteur, rien à voir avec Pascal, le grand frère de Tf1. Non, Farid c’est le VRAI grand frère qui écoute de la funk, porte les dernières Nike et nous fait golri. Pendant son séjour, il a une machine avec un casque. Avec laquelle on peut écouter les cassettes audio. Cet objet m’interpelle, quand tu mets le casque sur tes oreilles, y a Thriller qui tourne ! Il l’a tout le temps avec lui, casque sur les oreilles posé sur les oreilles. Farid m’explique que c’est un walkman et que le nom veut dire en français – l’homme qui marche- Parce qu’on pouvait finalement marcher avec la musique, et gamin que je suis je me dis – Mais comment appelait-t-on alors celui qui ne marchait pas en écoutant de la musique ? (je sais copain lecteur c’est pourri mais c’est pour mettre du style) Comme Farid était un mec cool, il me prête son baladeur, quelques minutes c’est à dire le temps d’une chanson. J’écoute un peu, kiffe et lui rends. Le problème quand t’as deux frères, c’est qu’eux aussi veulent écouter. Farid en plus d’être plus cool avait du bon son, d’ailleurs mon père lui tapait ses cassettes : Delegation, Shalamar, Kool And The Gang, Michael Jackson, Imagination etc. Y a pas à dire Il était vraiment à la page. Après les vacances au Maroc, comme mon père les a bien accueilli, Farid lui avait offre son baladeur. C’était un Sanyo, de couleur bordeaux. Mon daron l’avait rangé dans une commode à la maison. Mais dès qu’il n’est pas là, j’en profite pour l’allumer à fond… A force de mettre le volume à toute patate, j’use les piles et forcément mon père grille que je l’utilise sans sa permission. C’est la grosse baffe à la Bud Spencer et le traditionnel « touche pas à mes affaires connard ! ». Mais c’était plus fort que moi et je recommençais. Et bien sûr je me remangeais la baffe ! C’était plus fort que moi Je kiffais trop son Walkman. En vrai avec le recul, c’est vrai qu’il était énorme le lecteur audi portable. L’équivalent d’un réfrigérateur ou d’une machine à laver. Non, mais c’était du lourd, fallait prévoir un sac à dos pour le porter. C’était marrant car son Walkman n’était pas « auto-reverse » mais avait une fonction exceptionnelle : on pouvait ralentir ou accélérer la vitesse de lecture. Il y avait aussi une fonction micro, qui me permettait de parler et de nous entendre sur la musique. Autant vous dire que je chantais sur du Kool and The Gang ou du Thriller. Sur le refrain de Kool And The Gang «Fresh », au lieu de chanter « she’s fresh, she’s so fresh », je balançais «Chizefunchchizesinflunch ». Je me prenais pour un chanteur, un peu comme le font les candidats d’émission de télé réalité devant des millions de téléspectateurs. Ridicule. J’aurais pu mettre ça sur le compte de la jeunesse mais j’avais déjà quatorze ans ! Ce qui était contraignant avec le baladeur, c’est que lorsque tu écoutais une chanson d’environ 3 à 4 minutes, il fallait rembobiner pendant 30 minutes pour la réécouter, c’était long. Comme mon père était très strict avec ses affaires, que j’en avais marre d’user ses piles et de me manger la baffe, je me suis débrouillé, j’ai eu par le biais de ma copine, Mimi des Francs Moisins, un Walkman. Je l’avais payé 100 francs. Une affaire. Mon premier. Il était bordeaux comme le Sanyo, les touches étaient grises et « auto-reverse » pour changer la face d’écoute sans sortir la cassette. C’était un Aïwa. Je marchais dans la rue avec mon casque et prenait les transports pour aller en cours. A l’intérieur j’ai écouté, réécouté, ré-réécouté… l’album de Michael Jackson « Bad ». A force je connaissais le tracklisting par coeur. J’allais au fond de la cour de récréation avec le son à fond et je regardais les autres, je clippais ça dans ma tête. A la maison, mes frères voulaient me l’emprunter, impossible de le lâcher. Par contre quand mon père le voulait, impossible de refuser. Sinon c’était la grosse baffe… Mon Walkman m’a lâché un an après mais je m’en fichais, j’avais découvert la technologie. Depuis j’ai fait toute ma scolarité avec une paire d’écouteurs et des baladeurs de plus en plus légers. L’inconvénient des baladeurs numériques, c’est qu’ils ne font pas office de machine de musculation, parce que tous les mecs de ma génération vous le diront, c’était (du) lourd, un Walkman !

Rachid Santaki


Le Mister Freeze

28 juin 2009

La vie est devenue tellement rallie* que lorsque je vois le prix des glaces je me dis qu’il n’y avait pas mieux que mon bon vieux Mister Freeze !  Attend copain lecteur comme dirait Kool Shen je t’explique ce que je kiffe… Et à défaut de fumer des spliffs, c’est de me taper des Mister Freeze.

Mister freeze1984, c’est l’année de la diffusion de l’émission Achipé Achopé avec Sidney, un mec qui en hiver comme en été portait des lunettes de ski, et pire des collants brillants de couleur bleue. J’avoue que malgré sa tenue excentrique il a influencé  plusieurs générations. Comme les millions de jeunes de notre génération, on regarde ce programme télé. Et comme tout le monde avec mon frère on mime quelques unes des techniques du Smurf comme le courant électrique. Mon père mettait l’ambiance et avec son léger accent du deblé, répétait « Ji si que ti pu » (ndla traduction je sais que tu peux).  Après l’émission hip hop et un énième épisode de Starsky et Hutch, on descend retrouver nos voisins dans ce quartier calme de Saint Ouen. L’après midi est bien entamée, et le plus hype de mes voisins, Grégory H. déguste un espèce de glaçon coloré, dans un sachet en plastique. Copain lecteur, ce que je vais écrire par la suite est un dossier mais lorsqu’il a jeté son plastique, et qu’il a eu le dos tourné, mon frère et moi on s’est jeté pour ramasser et terminer les quelques  gouttes de ce glaçon coloré. Il était bleu et super bon.  Sur le sachet il y avait écrit « mistère fraise ». Je te l’accorde copain lecteur, on n’est pas encore avec les manuels scolaires « I Speak english » et surtout on n’a pas comme série Dora l’exploratrice, qui te répète : open the door, good morning etc. Alors excuses pour notre anglais un peu foiré. En réalité, on venait de découvrir un glaçon qui allait révolutionner notre vie. Son prix, pour le grand Mister Freeze est de cinq francs, cinq balles, autrement dit l’équivalent de 75 centimes d’Euros, le petit de deux francs. Les parfums préférés étaient citron, fruits exotiques, oranges, et fraise. En vérité, on ne le savait pas mais le Mister Freeze était en concurrence avec le Floup, un dessert glacé prisés par les antillais. Il était plus cher que le glaçon mais avec des gouts différents : Ananas, pinacholada, coco ce qui faisait de cette glace la star aux Antilles. La vérité, c’est que la popularité du Mister Freeze était sans équivoque. Avec les années les parfums des Mister Freeze se sont développés, mais on grandi et on est passé au Magnum. Enfin tout ça je te le raconterai dans un autre papier. La Seule chose que je peux te dire, c’est que si tu vois un sachet par terre de Mister Freeze et qu’il reste quelques gouttes, y a surement des petits crevards qui risquent à leur tour de découvrir un reste de glaçon qui va révolutionner leur enfance…A un prix plus élevé, parce que tu l’as compris aujourd’hui la vie est rallie*.

*Rallie signifie chère en arabe

Rachid Santaki


L’école primaire

28 juin 2009

1980, ma mère chialait la mort de son chanteur préféré : Joe Dassin. Jean Belmondo a.k.a « Le Guignolo » (prononces ékéhé pour faire cainri) cartonnait dans les salles de ciné. Pour toi copain lecteur moins âgé, certaines personnalités naissaient cette même année : Diam’s, Sinik ou encore Olivia Ruiz. 1980 était surtout la date de mon retour du bled après cinq années à Marrakech. Fini la belle vie de Rachid (ou Ricky si tu préfères et que t’as trop regardé la série) au bled avec ma famille et mes amis. J’atterri à Saint Ouen, en Seine Saint Denis. Je suis un de ces petits écoliers dans le groupe élémentaire Bachelet, l’un des quartiers chics de la ville.

ECOLIERSLe Vieux Saint Ouen et les boutes en train sont les quartiers chauds, un peu l’équivalent de Creenshaw. A cette époque là, j’ai comme potes Bruno G., Benjamin C. et j’en passe. Un peu comme le chantera plus tard Stomy Bugsy, Mon papa à moi, est un gangster. Et malgré ça, je fais le ouf : vol de l’enveloppe de la cantine, bagarres mensonges et compagnies. On a beau dire mais à trop regarder les aventures de Tom Sawyer, et ce clochard d’Huckleberry finn, je pars en vrille et j’en oublie de faire mes devoirs. Toute l’année, cette c****** de Dorothée et son RécréA2 m’a vraiment bousillé. Les mois s’écoulent, l’été arrive et nous sommes la veille du moment tant redouté de la fin d’année scolaire : le conseil de classe ! Copain (et copine) lecteur, je suis un cancre, le cauchemar de l’éducation nationale, mais à la veille de savoir si je vais passer ou redoubler je fais une promesse. Le soir, en stress comme pas possible, dans mon lit, la veille du jugement fatidique, je regarde mon papier peint des années 70 (celui avec des grosses fleurs marron). Et je jure que je ferai mes devoirs l’année prochaine si je passe en de CE1. Pronostic : Cp et 5eme redoublés avant de finir jeté par la conseillère d’orientation dans un BEP chaussurier (je sais ce mot n’existe pas mais t’as pas compris que j’ai redoublé mon CP !). Depuis, j’ai bien compris que si j’avais tenu cette promesse, j’aurai surement été le premier de la classe et que j’aurai un super travail… Mais non je déconne, j’ai rien foutu et la moralité c’est que depuis l’école primaire, et qu’à la trentaine passée je fais toujours des promesses que je ne respecte jamais. Alors si tu ne veux pas redoubler, tu sais ce qu’il te reste à faire…

Rachid Santaki


La boite de nuit Le Fun Raï !

26 juin 2009

Les gens de ma génération le savent : les années 90 pour les mecs de cités, ont été marquées par 3 choses : les Air Max, le hip hop et le Fun Raï.

FUN RAILes Air Max et le hip hop, inutile de vous les présenter, mais le Fun Raï, si ! Le Fun Raï, c’est la seule boite dont les meufs disaient qu’il y a de la meuf ! T’imagines le power ? C’était une boite de nuit située dans l’Essonne. Au départ, l’Essonne je pensais que c’était à l’étranger car pour y aller, il fallait une voiture avec un plein. Désolé pour les gens du 91, mais franchement, c’était la mission pour aller chez vous ! Heureusement que c’était à 01h00 du matin. Bref, en général, je disais à mon père que j’allais lui emprunter sa voiture pour aller chercher un truc chez l’épicier (j’avoue que c’était du mytho, on sait jamais si tu n’as pas compris cher lecteur/chère lectrice !). Mon père me demandait pourquoi je sentais autant le parfum ? Pourquoi je portais une chemise à 23h00 ? Je lui disais que je me préparais pour aller à l’école lundi. Il me mettait une grosse baffe en me disant : « Ti crois qui ji pas compris que ti va voir des pites ! », suivi d’un enchaînement high kick-coup de coude (cher lecteur, c’est pour le style que je mets ça ! Mon père c’est pas Jet Li !). Bref, après avoir emprunté tant bien que mal, la Renault 18 GTX, il fallait rejoindre mon pote Hicham Lamatti, et surtout récupérer deux meufs pour pouvoir rentrer. Dans les cités, on nous parle souvent de la condition de la « meuf ». J’avoue qu’on ne nous parle jamais des meufs « T.E » (Ticket d’Entrée) : ce sont ces meufs qui galèrent et qui sont toujours OP pour une mission. Nous, notre but c’était d’entrer au Fun Raï, il nous fallait donc deux meufs pour pouvoir entrer, mais des meufs qu’on pouvait ne plus calculer une fois à l’intérieur. Car on voulait en serrer d’autres. En général, avec mon pote on avait Habiba et sa copine. Sa copine, tellement qu’elle était là comme T.E, je lui ai jamais demandé son prénom. Habiba, elle, elle était stylée : aucune question et dans la boite, elle ne faisait que danser pendant que nous, on chassait. Arrivés devant la boite, on trouvait souvent des mecs en galère qui attendaient à 50m de la boite pour demander aux meufs seules s’ils pouvaient rentrer avec elles. Ces gars, on les dénigrait, alors qu’un an avant notre ascension dans le monde de la nuit, on était à leurs places, à attendre sous la pluie, la neige, à quêter des meufs : « excuses-moi, ça te déranges pas de faire style on est avec vous, pour pouvoir rentrer ? Sur la tête de ma mère c’est pas pour te draguer, c’est juste pour pouvoir danser un peu ! ». Arrivés devant la boite, j’étais toujours en panique malgré le fait que j’avais la paire de Muratti imitation Weston (celle qu’on achetait à André pour 500 francs), le 501 avec la chemise Celio (celle qu’on nous donnait à la pelle pour 30 francs), et la coupe au gel (celui qui s’approchait plus de la colle à papier-peint qu’autre chose). Le videur, (qui portait des gants, et un gros blouson de braqueur) nous regardait, puis lâchait « bonne soirée, messieurs dames ». On déboursait nos 100 francs pour rentrer. Une fois dans la place, on regardait les autres, genre « on est les caïds ». La réalité était autre : les pauvres (nous) étaient en bas, les riches en haut. La vérité, c’est qu’on dansait et qu’on accostait les meufs, mais il y avait toujours un mec sous alcool pour chercher embrouille. Mais dès que les videurs l’accompagnaient violemment à la sortie, l’ambiance reprenait. Les sons, c’était du New Jack. Il y avait l’hymne des mecs de cités, Teddy Pendergrass « Believe in love » et tellement on kiffait cette musique, elle était devenue la musique officielle du Fun Raï. Je me demandais même si certains ne venaient pas ici juste pour l’écouter ! Bref, on la connaissait par cœur. Le DJ la mettait au moins 5 fois dans la soirée. Aaron Hall, Teddy Ryley, Black Street mais aussi la musique officielle des rebeu, la funk avec du Délégation, Shalamar, Midnight Star etc… Là-bas, on revoyait toujours des meufs qu’on connaissait, ou d’autres qui nous avaient permis d’entrer. Bien sûr avec le temps, on a atteint le sommet de la pyramide. On connaissait les videurs, les meufs, mais aussi le DJ, Omar, qui nous enregistrait des cassettes. Le pire, c’est qu’une fois j’ai vu Jérôme Prister là-bas, pour moi c’était dingue, il ressemblait à un mec du foyer ! Un jour, ils ont fermé le Fun Raï, et on a changé pour le Beverly Hills dans le 77.