Les coupes de cheveux

Finalement, devrions-nous traîner nos parents en justice ? Un peu comme l’a fait Gary Coleman (Arnold de « Arnold et Willy »). Notre motif est bien sûr plus valable que le sien. Lui, il l’a fait parce qu’il était ruiné et gardien de parking. Nous ? Tout simplement pour nos coupes de cheveux dans les années 80. Chacun de nous essaye de faire disparaître ou de dissimuler ces photos qui datent de nos années en primaire, au collège. Parce qu’il n’y a pas à dire, les coupes de l’époque sont de méchants dossiers. Entre la coupe à la Mireille Mathieu, Nana Mouskouri ou Jackson Five, les clichés capillaires ne manquent pas. Les rappeurs aussi ont des dossiers, sauf qu’ils sont constamment diffusés sur les chaînes musicales. NTM « Le monde de demain » ou encore IAM « Le sachet blanc ». coupe afroPour ma part, mes premiers problèmes de cheveux datent de la primaire. A cette époque je ne connaissais pas l’importance d’une belle coupe. Ma mère attendait plusieurs mois avant de nous amener (mes frères et moi) chez le coiffeur, inutile de vous préciser qu’on nous appelait les frères « Mireille Mathieu ». Ma mère ne connaissait pas le mot « crevard », elle nous amenait faire une coupe pourcent balles. L’avantage de la coupe à ce prix là, c’était la coiffeuse. Une bombe. J’optais toujours pour le shampoing, même s’il ne servait à rien. Du moment qu’elle s’occupait de moi ! J’ai arrêté d’aller chez elle, à cause du prix, mais surtout à cause de mon père qui venait me déposer. Pendant qu’elle me coupait les cheveux, il restait là à me chambrer. J’en avait marre. Elle en rigolait. Je demandais à mon père pourquoi on prenait la voiture pour aller chez la coiffeuse alors que c’était au bout de la rue ? Mon père aimait bien arriver devant elle dans la Renault 18 GTX vitres électriques avec « fresh » de Kool & The Gang. J’étais trop jeune pour comprendre. Mon père a cessé de m’amener chez elle, le jour où on l’a croisé avec son mec (désolé papa). Bien sûr avec l’adolescence, j’ai appris à gérer moi-même mon budget. Au départ, il y avait moyen de se faire couper les cheveux au foyer pour 20 francs. Dans les escaliers, il y avait un gars avec une tondeuse dans un état quelque peu douteux. Mais pas grave, on était « jeunes et ambitieux ». Au final, c’était intéressant pour le prix mais pas pour la coupe et surtout pas pour l’hygiène. Pour la coupe, c’était de l’improvisation et de l’expérimentation. A tous les coups tu étais dégoutté. Avant d’y aller tu te disais « vu ma touffe, j’ai rien à perdre ». En repartant du foyer, tu avais les larmes aux yeux en te disant « J’ai tout perdu ». Au point de vue hygiène, le lendemain tu avais au mieux un troisième œil qui poussait derrière la nuque. Au pire ton crâne prenait la forme de celui d’ « Elephant Man » pendant une semaine et tu sortais ta réplique à chaque regard chelou « je ne suis pas un animal/j’ai juste voulu faire une coupe à 20 balles ». Bien sûr avant d’aller au foyer tu vérifiais que tous tes vaccins anti-tétanos étaient à jour, valait mieux. La suite c’est qu’on a investi à plusieurs dans une tondeuse. Plusieurs problèmes, le premier c’est qu’à chaque fois la tondeuse disparaissait. Elle finissait au bled chez un de nos oncles. Le deuxième, aucun de nous ne savaient couper à la tondeuse. Ça finissait en embrouille, on se parlait plus pendant des semaines. Heureusement, j’habitais à Saint Ouen. Et pas loin du métro « Garibaldi », ligne 13, se trouvait la star de la coupe : Youssef. Ce gars a révolutionné la vie de pas mal de gars de quartiers du 93. Il te faisait une « bête » de coupe pour 50 balles ! Le problème, c’est qu’il y avait foule. Deux heures d’attente minimum. Pendant l’attente, tu te croyais dans le hall, les gars te racontaient leurs histoires. Mais quand tu sortais, tu claquais, même si t’étais moche, avec sa tondeuse, il te rendait beau. Ce qui était bien chez Youssef, c’est que les mecs venaient de Saint Denis, Saint Ouen, Aubervilliers, La Courneuve. Je les ai tous retrouver là bas : Hakim Amri, Mohamed Fouki, Mohamed Saïd, Hicham El Haiddaoui, mon voisin du bled qui venait du 95 jusque chez lui ! Pire, j’ai même retrouver une fois Jérôme Prister là bas ! Il avait tellement plus d’argent après « Say Will Be », qu’il allait se couper les cheveux « chez Youssef ». Youssef n’arrêtait pas de dire qu’il était le Michael Jackson de la coiffure et qu’un jour sa cote allait chuter. Il a fermé boutique début 2000. Aujourd’hui, des coiffures à 7,50€, tu en trouves à tous les coins de rue, souvent tu y croises Jérôme Prister !

2 commentaires pour Les coupes de cheveux

  1. C’est clair que c’est chaud à gérer vos pauvres cheveux, encore un argument qui milite en faveur de votre impossible assimilation.

  2. jany levasseur dit :

    bonjour, juste un petit conseil, je sais que votre cite a pour princiale but de decrire des ancienne coifure pour garcon mais ce serais bien si vous pouriez donnez des photo de femme et bien plus de photo

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