Ma première console de jeux vidéos

Qu’elles soient PSP, PS3, xbox 360… Les consoles de jeux sont de plus en plus techniques au niveau du graphisme, des scénarios, de la « jouabilité ». Une évolution qui ne pourra jamais égaler ma première console, l’Atari 2600.

atari26001985. Je suis au collège Jean Jaurès à Saint-Ouen. Mes principaux jeux à cette époque sont le foot, récréA2, le club Dorothée. Comme tous les dimanches, avant ma série préférée « Starsky et Hutch », mon père va faire son tiercé. Il m’emmène avec lui au café PMU de la mairie de Saint Ouen. Pendant qu’il parle avec ses potes de la cote d’Ourasi (le bourrin le plus célèbre des cités), je m’écarte. Devant moi se trouve une console de jeu. Un adulte termine sa partie. Il s’acharne sur la manette. A peine il s’éloigne que je me jette sur la manette. A mon tour, je m’acharne en dirigeant la manette dans tous les sens. Rien n’y fait. Je ne contrôle pas la partie. Véritable tâche en anglais, je comprends pourtant que les mentions « Game Over » et « Insert Coins » affichées à l’écran signifient qu’il faut du fric. Je demande donc à mon père une pièce. Lancé dans ses pronostics, il me lâche deux francs. Je retourne devant le jeu, la partie commence. Je me bats contre des monstres. J’envoie des rayons laser sur mes ennemis. Ils s’approchent. Je ne réussis pas à tous les détruire. Je perds une première vie… Une deuxième… Une troisième… « Game Over ». Ma partie est finie. Je suis dégoûté, c’est passé trop vite. Mon père a fini ses jeux. Il rentre à la maison pour voir la course du tiercé sur TF1. De retour à la maison. Je pense à cette partie, trop courte. Le lendemain, au collège, je parle avec mon pote Pascal Darreau de ce jeu. Il me dit qu’il a une console chez lui. Qu’il y joue tous les jours. Avant d’aller à l’école, après et pendant les vacances. Dès lors, je ne pense qu’à une chose. Avoir une console de jeu à la maison. Je n’aurais plus à mettre de pièces, j’aurais tout mon temps pour faire des parties. Seul problème, le budget. Si mon pote a une console, c’est parce que son père a une boucherie. Il a de l’oseille. Mon père n’a pas de boucherie, il a juste sa Renault 18 et une carte famille nombreuse. Avec mes frères, nous supplions notre mère. Notre but ? Avoir une console de jeux vidéo. Nos moyens de l’obtenir ? Les promesses : ramener de bonnes notes, ranger notre chambre, cesser de nous battre. Nous sommes déterminés, pour arriver à nos fins. Ma mère cède, elle décide de nous acheter une console de jeux, d’occasion, bien sûr. Le budget ? 400 francs. Quelques jours plus tard, c’est le grand jour. Nous découvrons notre console (vraiment d’occasion). Elle est dans un sac plastique Prisunic. Nous sortons la console de couleur noire. La marque Atari. Elle est futuriste avec six interrupteurs : mise en marche, la couleur ou le noir et blanc, difficulté de jeu, … Et deux manettes. Des jeux. Il y en a deux. L’un de tennis avec un superbe visuel, l’autre est « Space Invaders » (le jeu du café). Nous nous accoutumons avec ce nouvel élément. Une demi-heure pour brancher la console. Une autre, pour se rendre compte qu’une manette ne marche pas. Après ces péripéties, dues à un retard dans l’utilisation des technologies, nous allumons enfin la console. Le plus drôle ? Peut-être le son, des bruits basiques et vraiment électroniques ou encore la qualité du graphisme d’époque. Sur la pochette du jeu de tennis, on voit un joueur en plein effort avec un superbe graphisme. Mais une fois la cartouche enfoncée, la partie commencée, le graphisme ne correspond pas du tout. Le joueur est une barre, et la balle de tennis, un carré ! Je fais abstraction du manque de ressemblance avec un match de tennis, je joue. Je m’en fiche, j’ai ma console de jeu. Au bout d’une heure, mes frères et moi réalisons que le jeu est tout pourri. Alors nous passons au second jeu, « Space Invaders ». Il n’y a aucune différence avec le jeu de tennis. Des barres et des carrés. Pendant quelques jours, nos potes ne nous voient plus. Normal. Nous avons découvert l’Atari 2600. Il faut quand même préciser que la console est sortie en 1982, que nous sommes en 1985. Quelques années plus tard aura lieu une véritable révolution, souvenez-vous de la Master System, d’Alex Kid avec ses grandes oreilles…

Rachid Santaki

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