Le Club Dorothée

28 septembre 2009

Pendant dix ans, Dorothée a fait l’unanimité auprès de tous les jeunes, et même chez moi…

CLUB DOROTHEE

Cette année là, je suis redoublant en 5eme, mon livre d’anglais est vert et s’intitule I Speak English, c’est toujours la même Brian, Jenny et son daron qui nous parlent de lunettes, de faim et de voiture. Dans ma classe, y a Pascal Di Lorenzi, Joseph Bijoux (R.I.P), Nasser El Mellah. Le mercredi, depuis la rentrée on retrouve Dorothée. L’animatrice, n’est pas nouvelle puisqu’elle animait déjà sur Antenne 2, Récréa2. C’est sur ce programme que j’ai pu découvrir au début des années 80 Albator, Capitaine Flam. Cette fois ci l’animatrice au nez pointu propose un show qui se déroule sur la journée entière. En 1990, mon père qui a cessé de travailler suite à un accident de travail, nous laisse regarder le club Do. Bien sur, on se tape Les Feux De L’Amour et 21 Jumpstreet. Avant de retrouver les déssin animé et sitcom en pagaille… Les émissions défilent et y a quelques moments forts. Le Club Dorothée, c’est bien évidemment Ken Le Survivant, les chevaliers du Zodiac, Le Collège Fou Fou Fou, Dragon Ball Z. Mais la vérité c’est qu’elle nous a mis des disquettes avec son équipe. Sa grosse équipe ! Les Musclés, qui se sont bien foutu de notre gueule avec la Merguez Party et j’en passe. Avec du recul, ils nous ont vraiment pris pour des cons, quoi que je l’étais un peu. Les gags pas de pitié pour les croissants. Dorothée n’étaient pas marrante, Ariane un peu plus conne, et les mecs un peu rincés entre Jacky et sa grosse coupe, qui faisait le ouf (et qui n’en avait rien), Corbier et sa grosse barbe, et leur beau gosse de service, Patrick. Il faisait le cainri, mais n’en était pas un.

Tous les gosses n’attendaient qu’une chose, le générique de la fin. Pour tenir en haleine ses petits (et grands) spectateurs, Dorothée avait compris que mettre le nom en défilé  le jour de leur anniversaire les rendrait fou. Effectivement, ça n’a pas loupé. Ma voisine qui avait pleuré toute l’après midi parce que son nom était apparu le jour de son anniversaire. Quelle victime! En même temps j’écris ça par médisance, moi aussi j’aurais pleuré… Pour ça il suffisait de faire parti du club Do’.

Son émission a pris une telle ampleur, qu’elle invitait même des chanteurs, et faisait leur interview. Dorothée était devenue la mafia du petit écran. CD, VHS et même les pin’s club Do’ se vendaient en millions d’exemplaires. Son producteur Pat Le Guen a fait construire une villa au dessus des studios de la Plaine Saint Senis. Les musclés faisaient les allers retours à la banque déposer le liquide de leurs nombreux tubes sur le compte de Dorothée et AB. Y a eu aussi Benny B, le rappeur belge qui a explosé grâce à l’animatrice, Jacques Martin, et Jean Pierre Foucault. Pendant que NTM sortait de la cave, avec son premier titre « Le Monde De Demain ». Benny B et ses deux acolytes tournaient sur la tête en jouant son tire « Mais vous êtes fous ». (Steuplait Copine et copain lecteur, relève toi tout de suite… ). Dorothée a tenu l’affiche pendant dix ans, et elle a disparu après être devenue l’icône des jeunes. Pour nous, une fois plus grand, Dorothée c’était avant tout celle qui avait fait des films de boules. En réalité, elle avait juste fait une apparition dénudée… Mais tu nous connais, on a tendance à en rajouter. Par contre, véridique, Giant coocoo, le petit renoi du Sit Com Le Miel Et Les Abeilles a fait des films de boules, c’était une star. On a même cramé un pote avec une revue classée X avec Giancoocoo, le choc !

Un dimanche soir, dans un appartement à Saint Ouen.

Nous ( jeunes et ambitieux) : Wesh Doum’s tu faisait quoi ?
Lui (en sueur bizarre) : Rien…Heu… Rien les gars…
Nous (en mode Docteur House) : Tu sues ou quoi, t’as attrapé froid ?
Nous (installés sur le canapé en mode incruste) : Mets Canal Plus y ça Cartoon…
Chère copine et copain lecteur tout allait bien on tapait des barres sur Bip bip et le coyotte quand une scène va nous choquer…
Mon pote Hicham : C’est quoi cette revue ?
Doum’s aka Mamadou en panique de ouf : C’est RIEN !!!!
Hicham : Pourquoi tu l’arraches… Donnes !
Doum’s démasqué (en mode faites entrer l’accusé) : Nan les gars, non !!!
Nous (en mode free fight et arraché de revue) : TRUC DE OUFFFFFFFFFF Nous (choqué…) : C’est quoi cette revue, tu étais en train de faire quoi ??? Encore nous (en mode sadique) : Téma le pire, c’est le pti renoi de Dorothée!! Oh le batard, des scènes de boules !!! Il a le kiki à l’air comme ça ! Doum’s t’étais en train de … sur Giancoucou mais t’es un ouf !!! T’es pas normal !!!

Steuplait copine et copain lecteur, sèches tes larmes, et soit un peu plus tolérant toi aussi t’as du avoir des délires chelou. (Doum’s si tu lis ce blog on te pardonne). SALUT LES MUSCLESBref, dans le club Do’, y a eu aussi la fameuse série, avec les musclés : Salut Les Musclés avec Framboisier, Minet, Eric, Rémy et René. Celui que j’aimais bien c’était  bien sur Bernard Minet, il avait une dégaine disco. Les autres étaient marrants dans leur dégaine mais bon je t’avoue que c’était limite musicalement parlant et  en terme d’humour. Parmi les séries y a eu des dérivés avec les musclés comme La Croisière Foll’amour avec la blonde Hilguegue (prononces Hirgeugeu), genre c’était une meuf extra terrestre. Pour ceux qui y croyaient, je vous rassure… Une fois, mon frère a tiré les cheveux d’Hilguegue sur les champs Elysées, et qu’elle n’avait aucun pouvoir extra terrestre. HILGUEGUELe club Dorothée a disparu du petit écran en 1997. Mais pendant dix piges, elle aura fait rêvé les petits, et aussi les plus grands. Elle a fait beaucoup d’argent, avec ses producteurs avec les nombreux sitcom : Le Miel Et Les Abeilles, Hélène Et Les Garçons. Quoi qu’il en soit, on aura bien rigolé… La vie a fait que René des Musclés et aussi Giant Coocoo nous ont quittés. R.I.P.


BENNY B : On a été les premiers rappeurs commerciaux et les autres ont suivi

22 septembre 2009

En 1989 et 1990, Benny B explosait les ventes de disques et devenait le premier rappeur « commercial » avec ses tubes « Mais vous êtes fous », « Qu’est ce qu’on fait maintenant » et « dis-moi bébé ». En 1992, le B-Boy belge et son groupe disparaissaient du devant de la scène après avoir enflammé les plateaux des émissions « Club Dorothée », « L’école des Fans », « Sacrée soirée ». Aujourd’hui, mec à l’ancienne vous sort de la cave un entretien vérité avec Abdel-Hamid Gharbaoui allias « Benny B ». Le succès, sa vie aujourd’hui, NTM et leur look d’époque.


Présentations
Benny.B, mon vrai nom c’est Abdel-Hamid Gharbaoui, je suis dans le milieu hip hop depuis 1985.

Quel âge as-tu maintenant ?
J’ai quarante ans.

Que fais-tu aujourd’hui ?
Je suis coordinateur à l’aéroport de Bruxelles. Je suis responsable d’une équipe de 40 chauffeurs. Ce n’est pas la même vie que lorsque j’étais dans la musique, j’ai une femme et deux enfants.

Tu as travaillé parce que tu étais obligé ?
Quand la musique a commencé à s’arrêter, j’ai commencé à vivre de mes rentes. Un jour, après avoir eu un train de vie de fou, je me suis levé et je me suis dit que cela ne pouvait pas continuer comme ça. Il fallait que je travaille. Un pote m’a dit que je devais retrouver un travail, où on ne m’ennuie pas. Il m’a parlé d’une place de transporteur d’équipage. J’ai fait ça car c’était un emploi où je pouvais être tranquille. J’ai donc eu ce poste et j’ai évolué. En dix ans, je suis passé de chauffeur à responsable. Je suis aujourd’hui à ce poste et propriétaire d’un immeuble. Tout ça sans l’argent de la musique.

Vous avez vendus combien d’albums ?
On a vendu trois millions de disques, tout confondus.

Et qu’as-tu fais avec cet argent ?
J’en ai profité, j’ai eu un train de vie assez fou. Je sortais avec mes amis tous les jours de la semaine, je rentrais le matin. Et comme j’étais le seul à avoir de l’argent, j’invitais tout mes potes. Je n’ai rien gardé de cet argent. La seule chose que j’ai faite dès que j’ai eu mon premier cachet, c’est d’acheter une maison à mes parents.

Pourquoi vous êtes vous définitivement retirés de la musique en 1993 ?
On ne s’entendait plus au niveau artistique, je voulais amener des sons un peu plus matures et le producteur ne voulait pas. On a eu une grosse discussion avec Daddy, on a décidé de se séparer. J’ai gardé mon nom, Daddy a signé un single avec eux.

La rumeur qui disait que vous étiez mort, comment tu l’as vécu ?
C’était dingue. On ne sait pas d’où est parti cette rumeur, on s’est même dit que ça venait de NTM. Je me souviens qu’on a fait un démenti sur la place du Trocadéro. C’était dingue, je me souviens que les gens écrivaient des lettres par milliers. Nous avions des et des sacs remplis de lettres avec des gens en deuil et d’autres qui avaient écrit pour gagner un concours organisé avec une marque de basket. Ils écrivaient qu’ils étaient désolés que Benny B soit mort mais qu’ils voulaient recevoir la basket. C’était cynique et dingue.

Tu as coupé complètement avec le rap du coup ?
Je n’ai pas voulu revenir comme un rappeur fatigué. J’ai voulu amener d’autres sons plus matures que « vous êtres fous », mais ce qu’on attendait de moi c’était du Benny B. A cette période le rap commençait à émerger commercialement et j’ai évité de trop apparaître et me suis mis en retrait.

BENNY B 3

Ces projets de sons plus matures, c’était quoi ?
J’ai fait un album sous le nom de « Two be one », si tu l’écoutes tu verras que c’est le même styles funk et rap qu’Alliance Ethnik, Mellowman. D’ailleurs les producteurs qui avaient faits mes sons étaient les mêmes que ceux qui avaient fait l’album de Mellowman. Il y a beaucoup de similitudes qui sont parties de Belgique et qui sont arrivées en France.

Tu parles de ton projet Two Be One et il y a eu les 2be3, quand on regarde ça ressemblait à Benny B. Deux blancs, un rebeu…Quelque part quand tu dis qu’il y avait des similitudes, c’est juste que ce sont les mêmes producteurs mais pas du plagiat…
Non, je n’ai pas dit que c’est du plagiat. Mais quand j’arrive en France et qu’on me dit que c’est trop différent de ce que tu faisais, que j’apprends qu’il y a des choses qui sortent et qui sont dans le mêmes style que mes projets, tu te poses des questions.

Votre succès est dû à vos passages au Club Dorothée ?
Le Club Dorothée, c’est une émission comme les autres sauf qu’à la place d’avoir des adultes comme public, tu as des enfants. Et l’impact d’une émission de télévision n’est pas comparable à la publicité, à toute la promotion que tu peux faire. C’est un impact incomparable. Le club Dorothée nous a permis de toucher beaucoup de gens. Pour moi, c’était évident de faire une émission comme le club Dorothée. D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi Dorothée a été critiquée et son émission supprimée.

On t’a reproché d’avoir participé à ces émissions?

J’ai eu pleins de discussions avec des rappeurs notamment Joeystarr au Palace. Et pour moi c’était logique de faire le club Dorothée. Quelque part, ça a fait avancer le hip hop. On était dans le milieu underground du hip hop depuis 1985 et avoir cette visibilité c’était une manière de faire avancer la culture.

Est-ce que tu penses que faire des plateaux de télévision comme ceux avec Jacques Martin qui s’éclate et se mets torse nue, on ne pouvais pas vous prendre au sérieux…
Ce jour là, c’était le summum. On était dans le délire et voir un papy comme Jacques Martin, paix à son âme, qui se déshabille, c’était amusant. Sur le coup tu n’es pas là pour véhiculer une image de méchants ou quoi que ce soit. On est devant le grand public et on fait notre truc. La culture hip hop on la connaît et on s’éclatait que ce soit à l’école des Fans, chez Dorothée ou même dans les soirées hip hop. Ce qu’on a retenu de Benny B, c’est Club Dorothée, Jacques Martin et on a jamais parlé des scènes hip hop qu’on a fait en banlieue et ailleurs.

A l’époque je me souviens que NTM faisait circuler des tracts avec une caricature de toi, recherché mort ou vif etc.
A l’époque 93 NTM nous critiquait. Et j’avais dis dans un canard que NTM avait fait le monde de demain, et demain ils feront le monde d’après demain. De là, on était en froid. Pourtant on s’est vu plusieurs fois avec Joeystarr dans des soirées. On a discuté deux ou trois fois. Et une fois aux Bains-Douches,  je lui disais, qu’il nous critiquait d’être commercial mais je lui disais que lui aussi faisait du rap avec pour objectif de vendre des disques. Il  n’arrivait pas à me répondre. Et maintenant je pense qu’il a compris.

Et du coup vous étiez en froid ?
On s’est parlé deux ou trois fois. Après chacun a fait ses trucs. On se croisait et aujourd’hui je me rends bien compte que toutes ces critiques à notre encontre n’étaient pas justifiées. On a été les premiers rappeurs commerciaux et les autres ont suivi.

Pour toi quelles étaient les critiques injustifiées ?
C’est les gens qui nous critiquaient et qui ne savaient pas la vie qu’on a vécu avant. On a fait du  rap, je peux même admettre qu’on a eu des versions qui n’étaient pas hip hop. Mais entendre que je n’étais pas dans le hip hop, qu’il fallait que j’arrête, c’est quelque chose que je ne souhaite à personne. A un moment je leur disais de se calmer, c’était injustifié.

A l’époque vous aviez beaucoup d’ennemis ?
Non, parfois on rencontrait des jeunes de banlieue qui nous charriaient d’autres qui nous appréciaient. Aujourd’hui avec du recul je n’ai pas eu d’ennuis comme ont eu certains rappeurs. Et quand on se promenait dans les rues ou on sortait, on n’avait pas de gardes du corps ou quoi.

Les gens te reconnaissent aujourd’hui ?
Oui, d’ailleurs ça fait bizarre pour les gens qui me côtoient. J’ai pris du poids mais les gens me reconnaissent, quelque part ça fait plaisir.

Et sur Internet tu regardes ce qu’on dit de vous ?
Je vais rarement sur le net et c’est un ami qui m’a dit d’aller voir ce qu’on dit de nous sur les forums. J’ai découvert ça récemment ce qu’on dit de nous sur tous ces sites.

C’est pas gratifiant  d’être référencé sur des sites comme bides et musiques…
Je sais. Mais je te dirai que l’important aujourd’hui c’est qu’on parle en mal ou en bien de toi, l’important c’est qu’on parle de toi. On a pas eu l’occasion de revenir parler de toutes ces critiques. Je sais très bien que si demain je devais faire un plateau avec tous les anciens du hip hop, il y a des vérités qui tomberaient et je sais très bien que j’en sortirai gagnant. Les sites qui nous réduisent à un succès d’un jour ce n’est pas grave, j’ai un caractère fort, la vie continue.  Il y a plein d’artistes dont on a jamais plus entendu parler comme Kamel d’Alliance Ethnik, Tonton David. On parle toujours de moi.

Tu as des regrets ?
Non, je n’ai pas de regrets. J’ai eu la chance de vivre tout ça. Je suis issu du peuple, je ne suis pas un américain, je ne suis pas un européen, je suis un marocain. Aujourd’hui je fais vivre ma femme mes enfants et c’est grâce à Dieu.

Tu as gardé ta salopette « Barth Simpson » (ndlr il portait cette tenue dans le clip dis moi bébé) ?
Oui, je l’ai toujours. On avait fait cette salopette car la série « les Simpsons » débarquait en Europe et faisait un carton, on a décidé d’en faire notre sponsor, pour nous démarquer et les gens en étaient fadas.

Quelqu’un s’occupait de votre look ?
Non. Perfect, Daddy K et moi nous occupions nous même de notre look. On s’identifiaient beaucoup aux rappeurs américains. A l’époque, en France, les gens de la culture hip hop s’habillaient à la mode de Public Enemy. Je leur disais que ça datait de 1985. Je me souviens que NTM faisait son clip « Le Monde De Demain » avec les fringues de Jean-Paul Gauthier.

entretien réalisé par Rachid Santaki (Janvier 2008)


C’est ceux qui en parlent le moins, qui en mangent le plus…

18 septembre 2009

1990. Nikita cartonnait dans les salles de ciné. L’année du premier single des NTM « Le Monde De Demain ». A cette époque, les 93 NTM étaient massifs, rien qu’à voir le clip avec les nombreuses têtes de Saint Denis et d’ailleurs.

FRITES

Dans ma classe, Arnaud, un bousillé de achipé achopé dessine sur des feuilles, des lettres avec des reliefs. Il me parle des 93 MC, de 93 NTM. Normal, c’est un gars de Saint Denis. Et le soir il taggue. Un passionné de hip hop, et de graffiti. Alors que je suis en mode Benny B. Dis moi bébé pourquoi est tu aussi cruel… Qu’est ce qu’on peut être con parfois. Il me chambre, et me sors l’avis de recherche sur Benny B. On en rigole. Son « hip hop attitude suscite mon intérêt. C’est un mec bien, Arnaud. En 1990, on porte tous des manteaux Duffle coat et des Levi’s 501. Les Air Max avec la bulle d’air viennent de sortir. 500 balles, ça reste inaccessible pour nous. On est pauvre. Et ce sont des baskets de riches ! Alors je porte de Nike pas chère.

Je suis à Saint Ouen, au lycée Blanqui, en seconde. Mon frère, Hicham, est en 4eme techno. Et fout le zbel*( débris, gravats, résidu poubelle, bordel…).  Gosses du divorce, nous vivons chez le daron. La Renault 18 a bien vieilli depuis le collège, à vrai dire, ses vitres électriques et sa fermeture centralisée ne nous impressionnent plus. Les albums de Kool And The Gang nous ont saoulé. Désormais on est des mecs de la VRAIE funk : Evelyn Champagn King, Plush, Delegation, ou Jérôme Prister. Mon frère, avec des potes à lui, va péta les disques au puces. Notre plat principal ? Les frites ! D’ailleurs, dans l’histoire de ma life j’ai surnommé cette période : l’époque des frites.

pommes_terreAprès les premières ventes de La Petite Cité Dans La Prairie. Mon éditeur n’a pas compris pourquoi avec mes royalties j’avais demandé à me faire livrer deux palettes de pommes de terre. Si lui n’a pas compris, moi si !!

BARBAPAPALes programmes de santé, qui vise à améliorer notre hygiène alimentaire le soulignent. Mangez 5 fruits et légumes pas jour pour votre santé. Et je pense qu’il devrait illustrer ces exemples par des personnages qui n’ont pas mangé de manière équilibrée : Casimir, Pikachu, toute la famille des Barbapapa, le fils du shérif dans les Simpsons, et le plus grillé, Schrek… Ils sont nombreux comme ça. Copine et copain lecteur, tu remarqueras une chose. Ils ont des corps difformes, et en plus ils ont un teint, loin d’être célestin (rime gratuite et pourrie je vous l’accorde). Ceux qui te disent qu’il faut accepter les autres, sont les premiers à ne pas appliquer ça. Comment ne pas voir la différence de poids et de couleurs, steuplait les Barbapapa!

Quoi qu’il en soit en 1990. On avait une alimentation beaucoup plus saine qu’aujourd’hui. Nous, y avait pas de Mac Do, de Grec ou quoi.  Parce qu’en réalité on en n’avait pas les moyens. Non mais t’as vu le pris à l’époque ? Trente francs le menu au Mac Do !! C’était vingt kilos de patate  au marché ! Et crois moi, ça c’était consistant. C’était l’essentiel. Pas de sauce barbecue, samouraï ou je ne sais quoi, en accompagnement c’était du sel !

Notre menu avait été élaboré par une grande spécialiste. La galère. Et ça donnait comme menu : le matin,  rien. Le midi, frites. Le soir on variait. Salade de frites. L’avantage quand tu épluches toi-même les frites, c’est que t’as tellement la dalle que tu apprécies le gout. Et oui! Notre vie se résumait à une friteuse, de l’huile, et des pommes de terre. Crois moi on était secs.

A la sortie du lycée.
Eux (en mode on est jeunes et on veux pas payer) : On va ou les gars ? On va squatter derrière…. Hey ! Rachid tu viens avec nous…
Moi (en mode corvée de patates) : Non je peux pas.
Eux (en mode cigarette) : Pourquoi…
Moi (en mode Don Johnson) : Nan j’ai un rendez vous avec une meuf…
Eux : Ah ouais… Sérieux ! ?
Moi (en mode j’en ai marre pourquoi la vie c’est comme ça !) : Ouais…J’y vais les gars !

Un quart d’heure plus tard
Moi ( en  train de pleurer ) : Fais chier, j’en peux plus tu me saoules.
Elle (en mode tenue légère): Mais c’est toi qui te plains pour rien.
Moi (dépression chronique) : J’en ai marre je craque !!
Elle (en mode michetonneuse) : Mais t’aimes bien mes formes…
Mon père : Avec qui tu parles connard !!!
Moi : Non rien papa… Alors épluches les pommes de terre et vite !!

Une fois la corvée terminée. On lavait les pomme de terres. Et direction le bain d’huile. Une fois les frites prêtes, on s’installait à table, et je peux te dire qu’on avait la dalle. La vraie. Aujourd’hui, TF1 nous montre des reportages sensationnels. Car Jacking. Home Jacking. A table, y avait le frite jacking. Cela consistait à dépouiller l’assiette de l’autre. Souvent mon plus jeune frère qui trinquait.

Reconstitution du crime

Mon frère et moi : regardes y a capitaine Flam à la fenêtre !
Mon petit frère (en mode innocent) : ou ça ou ça !!
Mon frère et moi (cagoule sur la tête et poignée de frites arrachées) là !! là !!! Tu vois pas !??!
Mon petit frère : Tu mens (notez bien que le terme mytho n’était pas employé à l’époque)
Je peux te dire une chose, on était dépendant. La frite coulait dans nos veines. Le soir, je rêvais de frite végétaline, et du gros Vico.

Lors de cette rentrée des classes. En remplissant la fiche, le prof était étonné car j’avais précisé dans loisirs FRITES. A cette époque je connaissais aussi toutes les sortes de pommes de terre. Et j’ai même voulu devenir agriculteur. Purée, tu m’imagines dans l’amour est dans le pré ?

Heureusement, l’époque des frites a duré quelques temps. Puis en fin d’année, on a cessé. Un évènement a fait que les frites c’était fini et que cette époque allait marquer ma vie et que plus jamais, ce ne serait pareil. On est passé au luxe.

Plus tard avec les premières tunes on a testé les frites congelées. Aucune saveur. Puis avec le temps, les sorties extérieures. Rien ! Aujourd’hui, je me rends compte que rien ne pourra égaler cette époque, parce que la vie et surtout nos frites avaient une saveur particulière. Celle de la galère.

PS : j’ai deux palettes de pomme de terre en stock. Qui organise une soirée frites ? Et j’suis pas de corvée de frites !

Rachid Santaki


Madame est servie

16 septembre 2009

Y a qu’aux Etats-Unis, qu’on peut s’appeler Tony et taper le ménage, dire que petit, y a des mecs qui rêvaient d’être Tony Michelli… Pendant que d’autres rêvaient d’être Tony Montana…

Cette année là, tous les petits sadiques que nous  étions, regardions Guesh Patti et ses histoires d’Etienne et de chaise. Quelle folle celle là quand même ! Y avait plus mignon aussi, comme Vanessa Paradis et son Joe le Taxi. 1987, l’année où la désespérée Dalida mettait fin à sa vie, Certains stressent au travail, et d’autres en ont marre du travail sous les strass (rime riche ?). Au cinéma, Platoon d’Oliver Stone montrait la guerre et tous les gosses de mon âge voulaient assister à l’enregistrement du Club Dorothée, le mercredi après midi dans les studios de La Plaine Saint Denis… C’est cette même année qu’Antenne 2 diffuse les premiers épisodes d’un sitcom. Un an plus tard, M6 reprend la diffusion.

MADAME EST SERVIE 1

M6 existe depuis plus d’un an. C’est la chaîne des clips. On a droit à beaucoup de clips. Et de sexy Zap (ouais, bande de coquins).  Mes parents sont absents jusque 21h00. A défaut de se taper le vingt heures sur TF1, on regarde Madame est Servie. C’est l’histoire d’un gars qui devient « gouvernante » chez une femme d’affaire. Et oui, copine et copain lecteurs y a pas qu’au bois de Boubou qu’on peut voir des trucs chelou.

Tony, débarque dans le Connecticut, avec sa fille Samantha chez cette femme. Angela Bower. Femme d’affaire un peu coincée. Elle vit avec son fils Jonathan, un blarf. Sa mère Mona ROBINSON, moins coincée est souvent présente. Tony qui vient de la grande pomme souhaite devenir « technicien de surface » à domicile. Il réussit son entretien d’embauche. Et du coup il emménage chez son employeur. Ses aventures durent vingt cinq minutes.

Au fil des diffusions, le buzz monte. Au lendemain de chaque épisode, dans la cour de récré du collège Jean Lurçat, avec mes camarades de classe, on parle de ça. Comme si nous étions ses voisins. Alors qu’on est bien loin d’être proche de Tony Miccelli, ou d’Angela sa patronne. C’est aussi grâce à ça que j’ai commencé à devenir pote avec Mimi. La série me plaisait en partie, parce que j’étais en kiff sur la fille de Tony Miccelli. Elle faisait mal aux yeux. Je me disais, ce n’est pas une cainri, c’est une bilka. Chère copine et copain lecteur, quand t’as quatorze ans, t’as tendance à être à l’ouest. Un de mes camarades de classe avait découpé une photo d’elle dans son cahier de texte. J’avoue qu’il avait été loin. Précision importante, son cahier de texte était de couleur rose !

SAMANTHA MICCELLI

Les épisodes passaient, et au final, y avait deux camps. Angela, son fils, et sa daronne un peu caillera. Et Angela. Souvent seule contre tous. T’avais des morales. Les trucs classiques. JONATHAN BOWEREt quelques phases golri. Y en a une que j’avais surkiffé. Un jour le gosse d’Angela tape une phase au cinéma. Il baille, et en profite pour mettre sa main sur l’épaule d’une meuf. J’avais péta son concept quelques années plus tard. ça avait pas marché (co**ard !). Aujourd’hui, je pense que cela n’aurait pas le même impact. T’imagines le petit frère en train de voir ça ? Oh le bouffon.  T’es un ouf, je la galoche direct !!! C’était aussi ça le charme de la série, ce coté blarf.

Dans la vie faut militer. OUI ! Je tiens donc à dénoncer aujourd’hui un des personnages de la série. La daronne d’Angela. Mona ! Une vieille se tapait des mecs ! Normal ! Mona, franchement elle avait pas honte, même au bled mes tantes parlaient d’elles.

MONA ROBINSONMarrakech, dans le salon.
Mes tantes (en mode chouettes, ragots et compagnie) : Rachid !! C’est vrai qu’en France y a une femme de l’âge de moué qui va avec des hommes ?
Moi (en mode je suis un américain ) : Qui ça ?
Mes tantes : Mounia !!
Moi (en mode mythomanie gratuite) : Ouais !! Mounia la voisine. Ouais grave !!!
Mes tantes : Attention ! Attention !! C’est pas tu pars avec elle faire des trucs bizarres.

Mounia aka Mona. Elle avait une sale réputation. Mon père regardait la série, et quand il la voyait, grinçait des dents. Quand elle faisait des trucs de folle. Il lâchait : Sale pite ! En vrai, c’était un délire cette Mona. Mais franchement, je souhaite à personne d’avoir une grand mère comme ça !

Avec du recul. Le « gouvernante », Toni ! Soit disant, il faisait de la boxe. Pour moi, y avait que Rocky, alors ce type était peu crédible. Pourtant il aurait été soit disant boxeur professionnel. Si tu lis cet article Tony, j’aimerai voir ta licence. Tony n’avait pas la classe à mon père. D’une, il n’avait pas de Renault 18 GTX vitres électriques. De deux, il n’avait pas l’album Forever des Kool and The Gang.

Dans la cour du collège, on a parlé pendant quelques semaines de la série, puis elle est rentrée dans les mœurs. Les saisons ont défilés, et au bout de 196 épisodes, le sitcom s’est achevée. Finalement Tony a épousé sa boss. Happy End. La belle Alyssa Mylano a bien grandi, depuis on l’a même vu dans Melrose Place, Charmed et d’autres téléfilms de série B. Encore plus ouf, elle s’est mise à chanter et a cartonné en Asie. Au point de vendre plus que Madonna, et les Rolling Stones. Pire, elle a lancé en 2007 une ligne de vêtement pour les femmes fans de base ball. Un gros carton. Tony Danza, quand à lui a animé un talk show jusqu’en 2006.

Quand à Mona… On ne l’a plus revu, si ce n’est que dans quelques téléfilms. Elle avait reçu un prix pour son rôle dans la série en 1989.

Si y a bien une chose, que je n’aurai jamais voulu faire, c’est bien être homme à tout faire, et c’est grâce à cette série.

PS : Sylvain, est ce que tu as toujours ton cahier de texte rose avec la photo d’Alyssa ?

PS 2 : Je demande à Lahoussine d’arrêter de rire à Auchan quand il passe devant les boites de Playmobil… Merci


Le jackpot !

14 septembre 2009

Aujourd’hui tout le monde veut le million : Morpion, Millionnaire, Quinté +, Loto, l’Euromillion, Solitaire, Bingo etc. Chez moi, on a failli le gagner, et ça c’était vraiment ouf…

130603FPT01Quand les immigrés sont arrivés en France dans les années 70, ils pensaient décrocher un max de fric. Mais la réalité les a figer en France, parqués dans des grands ensembles, leur rêve ne tenait qu’à un fil. Celui de l’économie française. Les seuls qui sont finalement rentrés, sont ceux qui ont pris la prime de Valery Giscard D’estaing, président de la république, qui pour 10 000 francs les a fait retourner  dans leur bled. En dehors de son travail, mon père, est surtout devenu un joueur du PMU. Son but ? Rentrer au pays avec le jackpote.

A Saint-Ouen, l’une de mes activités en dehors des séries télé, de jouer dehors, est le PMU.  (Pari Mutuel Urbain). Tous les dimanche, y a le tiercé et j’accompagne mon père au café de Garibaldi. A cette époque, Mac Do n’était pas encore là. Vers 13h00, heure limite des paris, tous le monde s’agite et se dépeche de valider son bulletin.  On  se dépêche de rentrer à la maison pour voir Starsky et Hutch, mes deux flics préférés. Puis à 15h00, c’est la course sur TF1, commenté par Léon Zitrone. Parfois mon daron m’emmène à l’hippodrome d’Auteuil, ou celui de Vincennes pour voir la course en direct. Le truc qui m’a marqué  à Vincennes, c’est de voir Smaïn, le pote à mon père, hurler après les chevaux. Et se mettre à courir. C’est bien plus tard que j’ai compris pourquoi il criait… Le pote à mon père était un ouf, il allait après la course embrouiller les jockey. Pour lui ils étaient responsable de la défaite. C’est le seul mec que je connaissais et qui était capable de s’embrouiller avec un cheval. Quelle caillera ce Smaïn…

ourasiSmaïn VS Ourasi
Smain (en mode embrouille) :espèce de bourrin de merde, j’ai perdu à cause toi !!!!!! Ahhhhhhhhhhh !!!!
Le Cheval (en sueur après sa course): Tu m’as pris pour Jolly Jumper à me parler ? Smaïn t’es grillé ici…
Smain (en mode CD rayé) : Ahhhhhh  j’ai perdu !!!!
Le Cheval (en train de s’essuyer avec une serviette PMU) : soignes toi mec, t’es dépendant… Le PMU va te tuer…
Smain (en train de jeter son journal) : Mes tunes ahhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!

Saint-Ouen. Un soir de printemps de l’année 1986. 22h00 passé. A cette époque, je partage ma chambre avec mon frère. On entend notre père gueuler. J’ai gagné !! 100 patates !!!! Il ouvre la porte de notre chambre, la scène est hallucinante! Il jette des billets. Pleins d’argent ! Des coupures de cinquante… Cent….Deux cent francs… Cinq cents francs !!! Ma mère est réveillée. Nous courons les ramasser. Mon frère me bouscule, et on met les tunes dans nos slips. Mon daron, un peu éméché, crie : J’ai gagné. J’ai gagné !!!!  Et nous en petit choristes : Il a gagné !! Il a gagné !! A ce moment là je ne pense qu’à une chose, fini l’école. Je vais pouvoir épouser Virginie Latenzio au bled, et surtout je vais dessiner pour le reste de ma vie.

FrancsAlors que mon père se déchaine, et jette l’argent. Il  crie Ourasi !! Ourasi !!! Chère copine et copain lecteur, Ourasi est le cheval le plus côté de l’histoire. Il a remporté toutes les courses. Et chez les parieurs c’était LA référence ! Je prends une liasse que je mets sous mon lit. Après l’euphorie digne du générique d’une émission télé, on retourne se coucher. La nuit, mon frère et moi parlons de notre futur. La vérité c’est qu’on est millionnaire. Mon frère n’a qu’une idée, dire qu’il achète l’école demain. Et moi, je compte aller aux États-Unis, voir Stan Lee pour racheter toutes les BD Strange et compagnie. Un peu comme la chanson du troisième œil « La Vie De Rêve », on s’imagine dans une grande villa au bled.  Avec Arnold et Willy. Ricky La Belle Vie. Véronique Jannot. Starsky et Hutch. Huggy la grosse poukave. Dorothée, le « Gros » Casimir… Et bien sur une putain de pièce rempli de Playmobil. Mon frère s’effondre en pleurs, il est content car il ne va pas attendre l’été pour revoir notre grand mère. Ses larmes me contaminent, et je pleure aussi. Une chose est sure, je n’aurai plus besoin de voler ni l’enveloppe de la cantine, ni les trousses de mes camarades de classe.

Nous dans notre chambre, en train de pleurer de joie…
Moi : Tu crois que Virginie va venir vivre au Maroc ?
Hicham : Moué elle va la dégager, tu vas te marier avec Majda !
Hicham : Et moi tu crois que je pourrai avoir le permis à 13 ans ?
Moi : mais non t’es obligé d’attendre 18 ans…
Moi : Je vais aller voir madame Padilla pour lui dire qu’elle va le regretter de m’avoir fait redoubler le CP !
Hicham : purée tu vas pouvoir acheter des Playmobil et des Big Jim !!
Mon petit frère : et moi je vais plus dormir dans un lit de nourrisson à 10 ans ??
Moi : je crois que je vais finir l’année scolaire.
Hicham : moi, jamais de la vie !

Toute la nuit, mon frère a préparé ses affaires. Il me disait qu’il allait racheter des Stan Smith. Et à commencer à mettre de coté ses affaires. La nuit était longue, mais le matin on s’est réveillé tôt. Mon père qui avait bien arrosé sa soirée et sa cagnotte nous a fait attendre jusque midi. Il s’est levé. Je crois que c’est le jour où on l’a embrassé comme jamais. Mon frère lui disait on peut acheter quoi comme cadeau pour le bled, autre que le thé et le café ? Dans notre chambre on avait mis tous nos affaires dans des sacs, prêt à les donner. Notre mère nous avait demander de nous calmer, mais elle n’avait pas conscience de ce qui se passait. 100 patates steuplait ! Fini d’attendre la CAF. Fini les fins de mois sans Nutella…

Mon père va chercher la liasse. Comparé à l’enveloppe de la cantine, c’était dingue. Un gros pavé, de billets. Puis mon père nous a ramené à la réalité, il n’y avait que cinquante mille francs, soit que 5 patates ! On était loin du compte, et du coup loin du bled ! Résultat mon frère s’est mis à pleurer. Il ne voulait plus aller à l’école. Et moi, j’étais dégoutté je ne rencontrerais pas Stan Lee. Quoi qu’il en soit, on était millionnaire pendant une nuit. Je peux te dire, que c’était mortel…

Notre père nous a donné un billet de cinq cent francs à nous partager, même si on était déçu, on a pleuré et quand même kiffé… Quand au fric qu’il a gagné, il a servi à rembourser une partie du crédit de sa maison à Marrakech. Je n’ai jamais été attiré par les paris, parce que je ne me voyais pas faire comme Smain : Me taper avec des chevaux…


LE BIG JIM

10 septembre 2009

Dans notre enfance on a connu bon nombre de jouets. Aujourd’hui, Barbie n’a pas perdu de sa popularité, mais le vrai mec de Barbie ce n’est pas Ken, mais Big Jim, lui c’était un vrai bonhomme !

1982. L’année ou on a définitivement perdu « L’île aux enfants », Casimir et toute sa clique ne faisaient pas la rentrée dans la grille télé de TF1. Fini la place principale de l’ïle pour enfants, le kiosque à bonbon de Julie, et la maison du « GROS » Casimir (pour votre santé manger 5 fruits et légumes pas jour). Cette même année, j’étais en CE2. Nos principaux loisirs étaient la cour en bas de chez nous. On jouait avec Lætitia, Sylvie, Grégory. Le mercredi j’allais de temps en temps voir mon pote Bruno, il jouait au tennis dans un club situé dans la rue des bateliers, près de Conforama. C’est surtout cette année que j’ai eu mon premier Big Jim.

BIG JIM AVENTURIERCe mercredi, comme je le faisais régulièrement. Je regardais Bruno mon voisin jouer au tennis. Il terminait son entraînement, et sur le chemin du retour me parlait du classement A.T.P. Alors que je regardais mes pieds. Ce que je kiffais en vrai avec lui, c’était d’aller dans son appart’, Bruno avait un trésor inestimable. Il avait des Big Jim ! A l’époque, j’habitais rue d’Estienne d’Orves. Et lui, une rue perpendiculaire. Mon père aimait bien Bruno. Parce que d’après mon père, il fallait avoir comme ami des gens différents de nous. En gros, et comme tous les darons, il ne voulait pas que je traîne avec les gens de mon « espèce ». J’avais déjà péta l’enveloppe de la cantine, voler quelques trousses, et pas mal d’images Panini. Je ne parle même pas de mon frère Hicham, et encore moins de Mohamed Saïd. Avec du recul, je dirai que mon père avait raison.

Dans la chambre de Bruno, c’était un truc de ouf. Il avait v’là les jouets. Mais je profitais d’un seul truc les Big Jim. C’était une figurine d’une vingtaine de centimètres. Il y en avait plusieurs avec différentes séries : Espace, espionnage, et Western. Les plus populaires était l’aventurier de l’espace et l’agent secret 004.  La particularité du Big Jim c’est qu’il avait un poussoir dans le dos, t’appuyais et le bras se levait. Y avait aussi selon les figurines d’autres particularités. Certains changeaient de visage quand tu appuyais sur leur dos, ou quand tu bougeais leurs bras. Et il y en avait un paquet. Il y avait aussi plein d’accessoires, de tenues. En 2009, avec le Iphone etc. Tu es mort de rire quand tu lis ça, mais en 1982, tu es comme un ouf quand tu vis ça ! Le micro ondes n’existait pas, et même la télécommande. L’après midi passait et  je jouais avec le Big Jim. Bien sur, il fallait rentrer à la maison, et crois moi j’étais dégoutté mais j’avais tellement kiffé.

BIG JIMCe soir là, allongé dans mon lit, j’étais comme un ouf. Je ne pensai qu’à ce Big Jim. Les mois d’octobre et novembre sont passés. Comme chaque année, on fêtait Noël. Ma mère nous achetait chacun un gros jouet. Et cette année je lui ai demandé un Big Jim. Comme avec mon frère, on était déjà malin, et que ma mère aimait bien faire une mise en scène pour Noël. On faisait supposer qu’on croyait en l’existence du père Noël. Alors bien évidemment, on a fouillé dans toute la maison pour trouver les cadeaux avant l’heure. Mission accomplie. Après une fouille digne des stups, les jouets étaient planqués dans l’armoire de mes parents. On passait quinze jours de ouf. De 08h00 jusque 17h00, j’en pouvais plus.

Moi (en mode chacal) : Patate direct dans les méchants !!
Big Jim (en mode épuisé) : Et gamin ! Doucement !  T’as jamais eu de big jim de ta vie ou quoi ?!!!
Moi (en mode film d’action) : là y a un vol, faut que tu mettes encore une patate !!! Patate !! Patate !!
Big Jim (en mode chambreur) : Gamin ? Tu viens du bled ou quoi ??
Moi (en mode steven Spielberg) : vite la voiture…Ils vont s’échapper !
Big Jim (en mode victime) : ahhhhhhhhhhhhh mon biceps ! T’es un ouffff!!!!!!
Moi (en mode Nick Tip avec un couteau de cuisine) : oh…. Ben y a rien sous son biceps…

Mais l’heure du retour des parents arrivait, alors on remballait tout. A table, je faisais style que j’étais pressé d’arriver à noël. Le soir du 24 décembre arrivait, et en mode mythos, avec mon frère on pleurait de joie. Ma mère m’a attrapé dans la cuisine et m’a gentiment souri en me disant : « j’espère que t’as bien profité de tes jouets pendants les vacances ». Rien que pour ça, je garderai toujours un bon souvenir de mon big jim. Il n’a pas terminé l’année, j’ai du le casser, après lui avoir charcuter le bras. Excuses moi BIG JIM Si je t’ai fait du mal.


L’incroyable Hulk

9 septembre 2009

Dans les années 80, ce n’était ni les rebeu, les renoi ou les yeux bleus qui étaient à la mode, mais un mec tout vert : Hulk !

hulk-tvCette année là, la télévision Patrick Sabatier débarquait avec son émission « Avis De Recherche » (j’en ferai un article sur ce type) avant de finir condamné pour avoir escroquer des familles. Mais ce qui m’a vraiment bouleversé à la télévision, c’est ce docteur qui passait tous les samedi après midi. Un certain David Banner.

Comme tous les matins de cette année 80. Je vais chercher  le journal à mon père, et le pain. Revue de presse du daron : Le Parisien, Paris Turf, Spécial Dernière. Mon père, en dehors de son travail de manutentionnaire, c’était un de ces immigrés qui espérait prendre le million de francs pour rentrer au pays.  A l’époque, le kiosque de l’avenue Gabriel Péri, est tenu par un couple de personnes âgées. Je rentre chez le commerçant, et il me laisse regarder les revues Strange. Parfois, je m’assois sur un tabouret. Très chaleureux, il me dit «  Tu peux les lire ici ». J’étais un crevard, et j’avoue que mon père ne comprenait pas comment je faisais pour mettre trente minutes à aller chercher ses journaux. Le vieux couple, et moi on savait. Je regardais les images, et c’est vrai que mon préféré c’était Tony Stark. Un chef d’entreprise qui sortait son armure d’Iron Man, et qui était avant tout un humain avec ses forces et ses faiblesses. Tony buvait, et pas à moitié. Peut être que c’est grâce à lui, que je n’ai jamais eu comme meuf la bouteille ? Qui sait. Je réglais les journaux avec une pièce de dix francs (1,50€) et je passais à la boulangerie pour acheter le pain.

Le samedi, c’était galère. Ma mère travaillait toute la journée au Prisunic. Et mon père nous gardait. La marge de bêtise était nul, on était assis dans le canapé, et notre seul loisir? Regarder les pages de ses journaux. Des chiffres et des cotes sur Paris Turf, et Spécial Dernière. et quelques images dans Le Parisien. Parfois on invitait Bruno le samedi après midi, qui lui aussi se tenait droit devant mon daron. Et y a eu cette émission Temps X avec les deux frères jumeaux, les Bogdanof. Au programme c’était des séries comme la quatrième dimension. Après ce programme, je découvrais une série. Hulk !

lincroyablehulk5Hulk, c’était un homme vert. Je voyais David Banner, ce gentil docteur qui avait perdu sa femme et qui se promenait avec son sac pour fuir la ville et les  apparitions de son égo. Le type était un auto-stoppeur au début et à chaque fin d’épisode. Je pense qu’à cause de lui, plein de gens de ma générations ne prendront jamais d’auto-stoppeurs. Ben ouais, attends tu imagines tu le fais monter dans ta voiture et par inadvertance tu vexes le mec. Et il commence à se transformer en Hulk dans ta caisse ?!! L’assurance ne te rembourse pas. Il me font rire la pub « C’est la MAAF ».

Chère copine et copain lecteur pour gagner grave des tunes, je suis obligé de mettre des pub entre les articles, alors lis cette pub que je puisse gagner un peu d’argent…
PUB MAAF Version Hulk

Un assuré (victime d’avoir pris en stop David Banner ): bonjour, j’ai pris un auto-stoppeur dans ma voiture et il s’est transformé en géant vert !
Le mec de la pub (avec son sourire de mytho) : Ah !Et il a laissé plein de Maïs, et vous voulez vous faire rembourser les frais de nettoyage ? On vous rembourse !
Les meufs prêtes à chanter c’est la MAAF !
L’assuré : Non !! il a cassé ma voiture, m’a mis des droites, et on a fait un putain de carambolage…
Lui : on vous rembourse quand même !Les meufs sortent et chantent etc.

Nan. Franchement Hulk il a foutu la merde. Mais pas qu’à ce niveau là. On a souvent reproché à Dorothée la violence de  dessins animés comme Ken Le Survivant, Les chevaliers du Zodiac etc. Mais on savait que c’était de l’animation. Tandis que Hulk ! Combien de fois mes parents sont rentrés dans ma chambre et m’ont trouvés avec mes affaires arrachés et du feutre vert sur la tête, en train de faire ROARRRR.

Reconstitution
Moi : Hulk c’est moi…Je viens de reprendre ma forme normale.
Mon père (qui se transforme en hulk) : tu vas voir le vrai Hulk !
Moi (après un coup de pression) : Non le feutre c’est moi…J’recommencerai plus.

Avec du recul, la série était bien écrite. Normal, c’était un produit de Stan Lee, le fondateur de Marvel. On attendait qu’une chose la transformation du docteur, et les vols planés des méchants. Un des épisodes qui m’a marqué c’est celui ou Hulk affronte un autre Hulk. C’était marrant car l’autre Hulk avait aussi des gros cheveux mais les effets étaient mal fait. A la fin, cette imitation d’Hulk s’est fait tirée dessus par le shérif. Il était mort. Quand au vrai, il s’est sauvé. Oui, je comprends chère copine et copain lecteur, tu t’es embrouillé mais relis.

TOURNAGE HULK

La série l’incroyable Hulk  m’a plu parce que finalement le docteur Banner était un gentil monsieur mais qu’au fond de lui il avait cette violence inouïe. Je m’identifiais à lui que pour le coté violent. Pour le coté scientifique, je ne te cache pas que je ne pouvais pas. J’avais déjà redoublé mon CP. Alors la première S, j’étais loin d’y arriver. Quoi qu’il en soit, aucun samedi ne vaudra ceux ou j’attendais le gentil David Banner.

PS : reposes ce feutre vert tout de suite, t’as passé l’âge. Merci