Oxmo Puccino, l’autre type du rap français…

30 janvier 2010

1998. l’année où NTM est de retour avec le quatrième opus intitulé « Supreme NTM », celle aussi où tous Monica et Brandy nous chantent que ce mec est le leur… C’est aussi l’année de la sortie de l’école du micro d’argent d’IAM, avec Demain c’est Loin. Coté grand écran, Jacques Villeret est le con invité à dîner, et Besson fait péter le compteur du Taxi, avec Samy Naceri. 1998, c’est surtout l’année où je découvre « Opéra Puccino »,  d’Oxmo Puccino qui te l’a dit à toi aussi : L’enfant seul je sais que c’est toi…

Hier, c’est loin. Je vis à Levallois Perret, dans un appartement trois pièces, et chaque soir j’écris de longs courriers à un proche incarcéré. La case prison fait partie de la vie de certains d’entre nous, comme elle fait partie du célèbre Monopoly. Une case et pas une fatalité, mais qui nous touche de près ou de loin. Cette case est faite de mandats, d’un permis de visite, et de douleurs psychologiques. Je pense à mon pote, pendant que je suis dehors, lui est enfermé. Pendant que j’achète du son, lui se contente de celui de la FM. Pendant que j’écoute quelques hymnes de caillera, lui se contente de Passi, et de son matton qui le guette. Pendant que je respire les quartiers de Paname à plein nez, lui rêve de s’essouffler de liberté. A cette période, j’ai compris qu’on nait, grandit et crève seul…

Dans les bacs à disques de Virgin, je ne manque pas la sortie d’NTM, parce qu’ils racontent nos vies, et sont de Saint Denis. Joeystarr et Kool Shen ne sont plus que deux sur la pochette de l’album, dire qu’au départ ils étaient massifs dans le clip Le monde De Demain, mais au fur et à mesure la force du nombre, n’a pas fait le poids face au poids de l’égo. Parmi les sorties, y a un type différent, une surprise pour ceux qui n’écoutent pas la radio, ou ne connaissent pas les mixetapes de Poska. Un renoi du 19eme, il a le nom d’un café… Cappucino… Puccino… Oxmo Puccino ! Je l’ai entendu sur les mixetapes qu’on achetait chez Ltd, et aussi avec un autre rappeur Booba sur « Pucc Fiction » dans  L432, un classique du rap français, avec Mama Lova sur le projet Sad Hill du DJ d’IAM, Kheops. Le hip hop explose, y a eu la Cliqua, maintenant Times Bomb, et Oxmo fait partie de cette clique avec Pitt Baccardi, Lunatic, Les X-Men, Hifi. C’est la nouvelle ère du rap français, amorcée par La cliqua et dont la continuité est assurée par la clique de Times Bomb. Le rap français ne se contente plus du flow de Lionel D ou Johnny Go, il a atteint un autre niveau. Oxmo et ses amis, développent quelque chose de nouveau, les passionnés en sont friands. La particularité de cette équipe est de faire du rap américain en français, qui chronique la vie de notre quotidien. Le rappeur que le public compare à un Biggie français livre un album qui ne vieillira pas. Il parle du quartier sous tous les angles, et du fameux BEP chaussure.

Je taffe depuis déjà deux piges. Ma vie est animée par la culture hip hop, les projets, et le sport. Je m’entraîne dans le 18eme et à Saint Denis, la boxe thaï et moi sommes ensemble depuis presque dix piges, malgré des ruptures, et des moments forts. A la salle de boxe de Levallois, je côtoie de vrais gars : Christophe Gomis, lui c’est une mitraillette, il est vif, humble. C’est pour ça qu’ils l’ont pris dans le clip de Qu’est ce Qu’on Attends, il boxait sur le ring. Y a aussi Joachim, Souleymane M’Baye, Houssine et Youssef et un mec du 19eme, Jimmy. On l’appelle Huggy les bons tuyaux, il connaît tout le monde. Un brave type, et il nous parle D’Abdoulaye aka Oxmo Puccino. C’est un gars de chez lui. La culture hip hop a Paris, c’est une espèce de famille, tout le monde se connaît, c’est un peu par ça que les noms se font. Mais aussi grâce à Générations, la Radio qui n’émettait que le week end, assure des émissions le soir de la semaine, avec l’émission de Marc qui reçoit tout le rap français. Un an avant, la Fnac de Ternes a été retournée. Un concert avec Times Bomb devait avoir lieu, et les rappeurs de la bande sont arrivés en retard. La foule qui est venu voir les artistes a tellement été importante que très rapidement l’enseigne a été prise d’assaut par le public. Résultat : le magasin détruit et des milliers d’articles volés. Avec ce genre d’évenement, le rap français a mauvaise réputation. Le lendemain, Busta et Rocca interviendront sur l’antenne de Générations pour défendre le hip hop et éviter ce genre de dérapage.

Quelques mois plus tard, nous sommes en 1999. Sur Paris, une ex-meuf m’a rejoint avec des copines. Son prénom, Malika, si tu as lu La Petite Cité Dans La Prairie, tu sais de qui je parle, et tu sais dans quelle merde, je nage. Avec mes potes, et ses copines on fait des virées sur Paris : Crêpes et soirées dans les endroits où l’on accepte les rebeu et renoi. Une chose est sure, l’époque du Fun Raï est terminée, maintenant c’est l’Opus et le MCM Café. On se croit branché avec nos 501, et nos Timberland.

Ce soir là, on est à l’Opus Café, un endroit où l’on peut danser sur du son RnB et hip hop. Mona Lisa, Mary J, R-Kelly, ou encore Keith Sweat sont nos références musicales en dehors du rap. L’Opus Café est devenu depuis quelques semaines, l’endroit où je squatte avec mes potes Mehdi, Hassan et Joël. Mon ex qui fait souvent le voyage entre Bourges et Paris est souvent avec moi, on partage du son, des souvenirs, et les déceptions. On passe la soirée ensemble, à kiffer et se rappeler les souvenirs partagés.

Deux heures du matin, au volant de ma Clio je bombarde sur le périph’, les autres sont dans mes rétroviseurs. Malika regarde les affichages lumineux. Les portes de Clignancourt à Quai d’Issy défilent très vite. On arrive à l’hôtel, les autres nous rejoignent dans la chambre, et on plaisante avec la télé branchée sur MCM. Je vois alors le fameux type Oxmo Puccino, Malika monte le son, et tout le monde dans la chambre est bercé par le refrain efficace : T’es l’enfant seul/ Je sais que c’est toi / Viens-tu des bas-fonds / Ou des quartiers neufs ? / Bref, au fond tous la même souffrance…

Le titre ramène chacun de nous à des images. Pour ma part : ceux d’une enfance de gosse du divorce. Pour elle : l’absence de son père, et les galères de famille. A voir les visages des autres, je me rends vite compte que finalement nous sommes tous seuls. Oxmo le dit dans son texte, et ses mots résonnent dans nos têtes. Personne ne bronche. Mehdi, qui chambre à la moindre occasion, ferme sa grande gueule. Dans la chambre nous sommes plusieurs mais ça pue la solitude. La chanson est finie, et c’est le vide. Quelques instants plus tard, le jour se lève avec ses paroles qui résonnent encore.

Les années passent et en 2001, Oxmo sortira un second album « L’amour est mort ». A cette époque je travaille pour hiphop.fr, et je rencontre l’artiste. C’est le pote de mon pote, et comme on vient du même milieu, on se lie d’amitié. Lui, a arrêté le rap et passe pas mal de temps dans nos bureaux. C’est officieux, mais Oxmo n’a plus envie de faire de rap, il a arrêté. Alors qu’il était en studio pour « l’amour est mort », des rumeurs ont tournés : « Oxmo est mort, il ne sait plus rapper. Oxmo est défoncé…Oxmo, ceci, Oxmo, cela ». Ça fait beaucoup d’Oxmo et cela a tué commercialement « L’amour est mort ».  L’artiste qui reste branché à la musique, hésite, il prend du recul. L’album contenait de nombreux titres comme « J’ai mal au mic » que le public découvrira plus tard. Puis un jour, dans un mail il m’envoi un morceau « Avoir des potes ». Oxmo aime avoir des avis sur sa musique. Et ce titre est un délire avec un pote à lui, Rico, un guitariste qui vit en Martinique et qui lui a proposé de partager un titre avec lui. Oxmo ne dit jamais non aux siens. Il l’a fait, et ce mail le chef de produit l’a reçu et écouté. De là, Oxmo joue le jeu, et joue le titre. Il pousse de nouveau la porte d’entrée du rap,  et se retrouve sur la scène d’Urban Peace et jouera devant plus de 45 000 personnes. Il revient dans le game, comme diront certains, mais c’est lui qui établira son propre jeu, et sa définition de sa musique.

En 2004, avec « Cactus de Sibérie« , il prononce sa différence, et prouve qu’il y a une vie après le Black Mafioso, il est devenu le black desperado et ne sauvera pas le rap de son enfermement. Lui, s’affranchira un peu plus du rap français, en collaborant avec d’autres univers et en imposant sa voie artistique. Il réalisera un projet avec Blue Note, un label de Jazz, « Lipopette Bar ».  Sa force réside dans son écriture, et sa connaissance de la musique. A ses débuts, il a épluché tout ce qui se faisait en rap, pour découvrir les différentes techniques, les différents flow. Avec toutes ces données, l’artiste a évolué au fil de ses collaborations.Lors de nos échanges, il me racontera pas mal de choses, comme sa vision de ce fameux show case à la Fnac des Ternes « On était dans le métro, et il y avait un monde fou.On se demandait mais qu’est ce qui se passe, ils vont où tout ces gens ? Finalement en arrivant on découvre que la Fnac a été débordé, et que tous ces gens venaient pour nous ». On parlera aussi du fait qu’on disait qu’il était le Biggie français et lui me répondra « Ouais, je pense que c’était une question de poids… » et éclatera de rire. On tapera des barres sur l’enfant seul en Thailande, et  sur le rap en général.  Lors de notre dernier entretien, on a parlé des femmes, et de son rapport avec la gente féminine. « J’ai un bon rapport, très compréhensif dans le sens, où j’ai compris qu’il n’y avait rien à comprendre.  C’est bête comme ça. A partir de ce moment là, y a rien à comprendre. Et ça se passe mieux. La femme est le reflet du manque de confiance de l’homme. A partir de ce moment là, t’as moins de choses à lui reprocher. Les gens qui ont des problème avec les femmes, ont des problèmes dans la vie, parce que leur mère est une femme. J’ai compris ça, et je prends les choses avec du recul, et je gère » Finalement, l’artiste a dépassé les frontières du rap, et a installé son nom et surtout sa musique. Avec l’enfant seul, Oxmo a réalisé un morceau qui aura rassemblé autour de lui tous les enfants seuls, et ça en fait un paquet.


Rocky, et le tigre est en toi !

27 janvier 2010

Bien que le premier volet de Rocky soit le plus rentable de toute la saga, bien que les spécialistes te diront que Rocky I est le meilleur, bien que le tournage n’ait duré qu’un mois et demi, et bien la vérité, c’est que le meilleur des Rocky III « L’oeil du tigre », et tu vas vite comprendre pourquoi.

La première fois que je vois Rocky, c’est en 1982, j’ai neuf ans. Mon père qui vient de rentrer à la maison après son taffe de manutentionnaire, et m’emmene à L’Alhambra, une salle de cinéma qui se trouve à deux pas de chez moi.  L’hotesse nous place alors que le film a déjà commencé, les gens crient « Non, Rocky te laisse pas faire ! ». Mon daron en m’amenant au cinéma, avait une idée derrière la tête : Faire de son fils, un Rocky. La réalité c’est que je ne suis jamais devenu Rocky car je n’avais rien d’italien, et rien d’un étalon. Même si j’ai fait ses footings, tester les jaunes d’œufs cru (véridique), eu les gants aux couleurs des États Unis, et même écouter ses musiques de rockeur. La vérité, c’est que Rocky y en a qu’un ! Et nous sommes des millions à avoir voulu être comme lui : un champion.

La première fois que j’ai (re)vu Rocky, c’est à la fin des années 80. Adolescent, j’étais tellement fan, que j’allais acheter des magazines avec des photos et des explications de ses films dans une boutique spécialisée sur Paris. J’ai plus passé mon temps à acheter les revues d’éditeurs que de réellement apprécier le film. La raison est simple : A la maison, on n’avait pas de magnétoscope. Avoir un lecteur VHS pour nous, c’était comme avoir la Porsche Panamera pour un smicard (oui, j’abuse c’est vrai). J’sais pas si tu vois le délire, copain et copine lecteur ?

C’est donc en 1989, que le magnétoscope a fait son apparition à la maison, (et pire le téléphone fixe est apparu en 1993 !). J’ai tout de suite récupéré les quatre volumes des Rocky chez mes voisins, les Boussouira. Les 1, 2, 3 et 4 sont passés en lecture normale, et ralentie. J’ai (re)visionné les entraînements de Rocky, et ses combats. J’ai kiffé, le téléviseur affichait « lâche le magnétoscope ».

Rocky, c’est un mec gentil. Un gars en qui personne ne croyait. Si le boxeur de Philadelphie a eu un tel succès, c’est tout simplement parce que dans le fond, on est tous comme lui. On veut tous s’investir, croire en nous, et donner le meilleur. Rocky…Quelle belle leçon de vie. Si t’enlèves ses entrainnements dans la chambre froide, son survetement moulant, ses kilos en trop. Tu te rend compte que Balboa, va tout donner. Parce que cette opportunité c’est sa chance, et qu’il a le coeur. La suite du premier Rocky, c’est qu’il perd. Mais dans le fond, il a gagné. Voilà pourquoi les gens ont kiffé le premier Rocky. Et malgré la défaite et le  visage gonflé, l’étalon italien est retourné sur le ring pour la seconde fois. Au final il va gagner contre le champion, Appolo Creed. Un styliste et une grande gueule. Une pale copie de « Mohamed Ali ». Appolo, il avait quand même la classe, il faut le dire, mais dans la vraie vie c’était un footballeur américain, la saga de Balboa sera son seul succès. Si je n’ai pas kiffé les deux premiers Rocky, y a un truc que j’aimais bien, c’était Adrianne. En primaire, j’étais amoureux de Virginie Lattenzio, et elle avait la même dégaine, je te jure c’est vrai copain et copine lecteurs.

Les deux premiers Rocky, c’était pour ceux qui voulaient une leçon de courage, pas de frime, pas de tunes, pas de superficiel. Car après ça, Rocky il s’est embourgeoisé : il a pris des grosses tunes ! Dans les premières séquences du troisième volet, voir Rocky rouler en bécane, galocher Adrianne dans l’herbe, ou encore faire la une de toutes les revues,  ça m’a fait kiffé. On dit que « l’argent ne fait pas le bonheur » mais je peux te dire que Rocky, ça l’a rendu beau l’argent, parce que t’as surement vu la différence, d’une il portait plus de survet converse, et de deux il a séché un truc de ouf !

Dans ce troisième Rocky, y a un mec, un certain Clubber Lang. Il est joué par Mister T. Ce mec pour toute ma génération c’est Barracuda de l’agence tout risques, le mec à la crête, et personne n’a été lui dire que c’était pas bien la crête, parce qu’il casse des bouches. Il est intervenu dans Arnold et Willy, avait même sa propre série, ses figurines. Mais c’est surtout l’ancien garde du corps de Mohamed Ali. Je peux te dire que voir Clubber Lang regarder de travers Rocky, ça m’a tout de suite fait flipper, pour le gentil Rocky. Clubber avait une sa rage, le mec courrait et rugissait. Il fait même des tractions avec des muscles dans le dos que je n’ai jamais vu !

Deux opposés que tout va réunir sur le titre : Rocky qui se la joue Rickie la belle vie.  Clubber lang qui s’entraine dans la cave, et qui ne joue pas ! Puis y a eu cette cérémonie : Rocky qui se voit décerner par la ville de Philadelphie, une statut. Jusqu’ici tout va bien comme dirait Hubert (de la haine). Mais le plus dur, c’est pas la chute mais l’aterissage. Alors que Rocky prend le micro, et veut annoncer qu’il va raccrocher les gants. Cette caillera de Clubber lang,  fout tout en l’air. Ce qui m’a blessé, c ‘est qu’il a dit à la petite Adrianne « Si tu veux un vrai mec viens me retrouver ce soir dans ma chambre d’hotel ! ». Mais comment ? T’imagine la petite Adrianne avec cet animal de Clubber lang ?

Bref, puis c’est la grosse embrouille. Rocky le prend au défi. Mickey  ne veut pas. On comprend très vite, que ça va chauffer pour Rocky, et qu’il a affaire un mec chaud.

Tout le monde se quitte, le défi est lancé. alors que toute la famille Balboa est rentré, Mickey hebergé dans la grande villa de Rocky, fait le chelou et prépare sa valise. Il range ses slips kangourou, et avoue à son poulain que ses derniers combats, c’était des matchs, truqués comme la coupe du monde 98 (c’est Booba qui dit ça, pas moi). Après deux trois chambrettes sur les slips de Mickey, l’étalon italien convainc le vieux monsieur de relever le challenge : battre ce boxeur plein de haine. Au fond de lui, l’entraineur sait que son gars est un brave type, qui n’a pas de chance de gagner, il lui dit que c’est un tueur, et que rocky, ben l’argent a part le rendre beau, ça l’a rendu mou.

Alors là, c’est l’entraînement. D’un coté t’as Clubber lang qui perce des sacs, et rugit à cause de son excès de Frosties. Et l’autre coté Balboa qui s’entraîne devant les gens, et fait du merchandising. Le pire c’est la dégaine de Rocky, son bandana et son short Jaune. Il chante, danse mais tout va vite revenir à la (street) réalité.

Le jour J. Rocky fait le beau. Clubber lang a apparemment avalé plusieurs palettes de Frosties. Dans les couloirs, quelques secondes avant le match ça part en vrille, et les deux boxeurs se provoquent et se bousculent. Mickey qui se trouve au milieu de tout ça, chute et fait un malaise cardiaque. Il est accompagné dans les vestiaires et reste allongé. Rocky pense à annuler le match mais le vieux monsieur lui tape un coup de pression. Rocky va affronter son challenger, mais il a oublié une chose dans les vestiaires, ses testicules. Les deux adversaires se retrouvent face à face sur le ring. Et Rocky baisse la tête, direct ! Clubber Lang, lui est plus chaud que jamais. Et advient ce qui devait arriver. Rocky est mis KO, Lang est champion !

Et là c’est le double drame ! Mickey meurt dans les vestiaires, et rocky pleure devant nous ! Et y a cette musique triste. Enterrement de Mickey. Il a perdu une partie de lui, Rocky traine dans les rues de Philadelphie. Le truc c’est qu’il est en colère après son entraîneur. Il se rend compte que finalement sa vie était un château de cartes.  Clubber Lang l’a juste ramené à la réalité. Puis rebondissement, alors que Rocky a rodé dans la ville toute la journée, qu’il a jeté son casque contre sa propre statut, il entre dans la salle, on entend la voix de…de… pas de Mickey ! d’Appolo !!!! Appolo Creed, son ancien adversaire, qui vient lui redonner espoir. Truc de ouf ! Appolo veut gratter des tunes à Rocky ou quoi, je me suis dit. Mais non ! Appolo c’est un mec bien,  la preuve c’est qu’il emmène Rocky et sa petite famille à Los angeles. Et il n’a qu’un but que Rocky retrouve l’œil du tigre…

Le boxeur ne croit plus en lui. Il tente mais n’est pas là. Et ça Apollo le voit mais tente de ne pas en tenir compte. Puis c’est le comble, Rocky n’a plus rien. Apollo motivé, s’emporte et décide d’arrêter. Heureusement Virginie Lattenzio… Non, Adrianne vient voir rocky sur la plage et c’est le grand moment. Rocky avoue qu’il a peur ! Qu’il a peur de tout perdre! Rocky qui se souvient qu’il a oublié ses testicules dans les vestiaires, décide d’aller les chercher. Puis c’est parti ! Musique avec les trompettes. Rocky se remet dans le truc. J’ai tellement kiffé leurs footings sur la plage que j’ai eu l’impression d’avoir été aussi à L.A. Après plusieurs jours, l’intensité monte, Rocky a fondu, et nos deux potos se tapent des lignes droites sur la plage. La scène finale, il se saute dans les bras l’un de l’autre ! Mais une chose ! Les mecs c’est quoi ces Tee Shirt coupés au ventre ?

Tu connais la fin. Rocky revient avec un corps de ouf. Non, pas parce qu’il s’est entrainé à L.A mais parce qu’il a pris des produits. Je te jure ils l’ont attrapé quelques années plus tard. Rocky c’est un drogué, enfin il consomme des produits chelou pour nous faire rêver. Et il cogne Clubber Lang. Voilà, Rocky est de nouveau champion. Après ce volume, je n’ai pas kiffé les autres épisodes avec le russe, son poulain, ou encore qu’il revienne sur le ring à 60 balais.

Rocky m’a fait rêver, et je peux te dire qu’on en a tapé des délires. Demandes à Kamel Amrane, à six heures du mat au parc de la Courneuve, à se refaire un remake d’Appolo et Rocky sur la plage de L.A. Sauf que nous on portait pas de Tee shirt bizarre…Enfin je crois !

Après Rocky il est remonté trois fois sur le ring, mais on en parlera une autre fois…



Les canards de rap, victimes de la crise du disque…

23 janvier 2010

Fabien Offner, a publié un article sur le site rue89 : rap : comment Internet a tué la presse rap ? Le journaliste de la rubrique à rap a fait un constat. Pour ça, il a rencontré un des acteurs du magazine RAP MAG, précisant que c’est « Le seul magazine grand public dont le contenu tient la route » (Fabien tu déconnes, mec !). Dans son papier il conclu que si ce magazine agonisait, la presse serait morte.  Disons plutôt que la presse a changé, elle ne s’achète plus et ne se paye plus (surtout au dessus de 2 €), quand on voit . Retours sur la presse rap et ce qui s’est brièvement passé.

Première précision, et pour éviter toute confusion. Le rap et le hip hop sont deux choses différentes.  Le rap est un genre musicale, la culture hip hop est plus générale avec de la musique, de la danse, du deejayin et d’autres éléments. Le rap a eu plusieurs titres comme RAP, GROOVE ou encore RAP MAG. La presse hip hop, elle, a eu Get Busy, RADIKAL ou encore THE SOURCE. Nous parlerons uniquement de presse payante. Une vingtaine de titres ont vu le jour et seulement quelques-uns ont survécu : l’affiche, rer, Radikal, Get Busy, The Source, Tracklist, Planet Rap Mag, RAP, Groove, RAP MAG, Rap Us, Bounce, Wesh Wesh, Daniouz, Digital Hip hop (devenu International Hip Hop), Gas Face et des aussi des gratuits : 5styles, Size Xl, Block, Unité, Juste Debout, Rapas…

Début 2003. Les titres en kiosques sont nombreux. Les leaders s’appellent Groove, Radikal, et R.A.P. Mais d’autres titres existent comme Tracklist, The Source, Get Busy (fanzine devenu payant). Les différents titres se portent bien, car la musique n’est pas encore sinistrée, et les chefs de produit ont les budgets pour investir sur l’ensemble des titres. Il faut aussi préciser qu’à sa naisssance, la presse musicale rap est une presse spécialisée. Ses informations sont difficiles à trouver, faute de visibilité en télé. A sa naissance, elle est donc sollicitée quelque soit son prix. A la fin des années 90, les presses vont fleurir dans les rayons des marchands de journaux et son pic sera atteint au nouveau millénaire avec presque une dizaine de titres. Chaque titre a sa cible. Radikal, pionnier touche les puristes de la culture hip hop, c’est un magazine « quali» et mature. Groove touche les passionnés de rap, désireux d’avoir du son en promo. Et R.A.P les jeunes fans de rap français avec des sujets légers, des interviews texto, poster et lyrics. Get Busy est un OVNI par sa ligne éditoriale qui se démarque par son ton, et aussi son histoire avec la culture hip hop. Joeystarr participe à des interviews croisés, et les entretiens sont larges avec des personnalités du ciné, du rap américain et même du X, puis il y a deux auteurs Boukercha et Protche qui sont décalés et libres dans leur idées. Tracklist est un outsider qui parle du rap underground et qui va se construire un nom. « Jusque là tout va bien » comme dirait l’autre.

2008. Les titres en kiosques ne sont plus les mêmes. Les magazines battent de l’aile, ou se sont scratchés. Radikal s’est éteint depuis quelques années suite à une erreur de gestion, alors que le public en était friand. Groove qui a été racheté par un nouveau groupe de presse, a chuté et tente de se relever mais il faut le dire, le magazine a perdu une partie de son plumage. Les Sampler CD n’attirent plus. Internet permet de découvrir quotidiennement les nouveaux sons, puis le format CD face au MP3 est tout simplement inadapté. R.A.P se maintient. Sa recette fonctionne plus ou moins : un petit prix, un contenu léger et une position de leader en termes de vente lui permette d’avancer et de générer des gains publicitaires. Mais les titres présents vont de nouveau connaitre des changements. Groove se fait doubler par son gosse, RAP MAG. Le premier clone de la presse, propose la même formule que Groove, avec une certaine agressivité. Le combat entre les deux titres fait rage. Groove tentera de se sortir des cordes et du K.O avec une nouvelle formule, en vain : Groove s’éteint dans la plus grande indifférence (R.I.P). RAP MAG  qui a gagné le combat, est amené à subir vers le même sort que son père. Même si à cette heure si, le titre existe encore. La raison ? Sa survie ne tient qu’au budget de l’industrie du disque, car ses ventes sont insuffisantes pour générer et assurer l’existence du titre. Son contenu n’a rien de pertinent, et les lecteurs retrouvent ce contenu sur le net.

Pourquoi les titres de rap ne fonctionnent plus ?

Au-delà de son (pauvre) contenu, et de l’arrivée d’Internet. Un vrai problème se pose. Les budgets  publicitaires des maisons de disques et des indépendants. Avec la chute des ventes de disques, les enveloppes de communication ont donc considérablement diminués. Les chefs de produits cible les incontournables et misent sur une visibilité homogène : Presse, Internet, télé et radio. Cette sélection naturelle a fait mourir les plus fragiles. Dans le circuit les titres sont 4 : Les 3 payants : R.A.P & RNB, PLANETE RAP MAG, RAP MAG.  En plus de ces budgets limités, un autre problème s’est posé : les ventes des magazines. Et on arrive au ton de la presse rap ! Les rappeurs sont assez réservés par peur de perdre leur crédibilité, ou pour jouer le jeu dans des concepts. Et les journalistes sont : soient trop éloignés de cette musique ou sont trop impliqués (limite fan).  On est loin du modèle américain ! Aucun angle n’est abordé de manière originale, mais un autre problème vient se rajouter. Les consommateurs potentiels de la presse payante, les trentenaires ont décrochés avec le rap d’aujourd’hui. Ils ne sont donc pas prêts de consommer des titres d’un genre musical qu’ils n’écoutent plus , et qui va traiter uniquement d’une musique qu’il n’écoute plus? Les plus jeunes, eux ne lisent plus, et s’alimentent sur les plateformes vidéos. A vrai dire les formules de presse sont inadaptées, pas d’accroche choc, pas de titre vendeur, de clashs en couverture etc. La presse rap, et hip hop française est timide, et n’a pas l’arrogance ou l’égo de la musique qu’elle traite ou l’originalité de sa culture. Ce qui n’était pas le cas à l’époque avec des titres comme Radikal et Get Busy.

Un autre vecteur a joué dans la presse. Le manque de moyens humains, financiers. et de stratégie économique. Get Busy aurait pu ouvrir les portes à la presse rap mais indépendant, le titre n’a pas eu le succès qu’il méritait par manque de visibilité, et du fait de son indépendance. Il était le titre en phase avec ce lectorat qui a muri, voir vieilli. La presse manque d’appui financier ou d’effectifs sont des carences qui peuvent « tuer« .

Le rap et la presse généraliste. Les rappeurs et Salif l’a souligné dans son entretien avec 5Styles. Les rappeurs français ne sont pas des professionnels de la communication, et restent assez froids (Le rappeur de Boulogne soulignait que les rappeurs français pouvaient arriver pour un interview et une séance photo avec un Tee shirt froissé, chose inconcevable aux Etats Unis). Cachin parlait de codes, dans l’article de Rue89. Effectivement les rappeurs français sont assez froids et fermés. Si les rappeurs étaient plus ouverts, et n’avaient pas de problème, à s’ouvrir, à traiter de l’actualité et tout simplement d’être de « bons clients« , les portes seraient surement GRANDES ouvertes. Imaginez la journaliste qui sort d’une école de journalisme, qui ne connait pas l’univers du rap, et qui doit faire un sujet sur un rappeur, sachant comme l’affirme Olivier Cachin, que le genre musical est très codé. Une chose est sure, le manque d’angle intéressant joue aussi : Des couvertures avec des thématiques : Les mamans du rap français, Je rappe mais je travaille, Rap : ciné ou réalité ? Autant de thèmes qui pourraient permettre de (re)donner un souffle à la presse. Dans le fond, Internet n’a tué personne (peut être blessé), ni la musique, ni la presse rap, c’est le rap qui a limogé la presse payante avec la chute de ses ventes, et le manque d’implication de ses acteurs pour lui donner de la matière en presse, et l’accès à l’information avec les sites, les gratuits. Pour les afficionados de mec  à l’ancienne, ne vous inquiétez pas, je reviens avec un drôle de jouet. Le rubicube.


Boyz In The hood

1 janvier 2010

1992. Basic Instinct, L’arme fatale 3 et Bodyguard occupent les premières places du box office français. Niveau musique Khaled a tabassé la France avec son tube « Didi », et Mc Solaar nous parle de cette superbe fille : Caroline. C’est aussi cette année que j’ai découvert un film sur les banlieues américaines « Boyz In The Hood » et c’est mon pote Mohamed  B qui me l’a fait découvrir. Rewind.

Au sein de ma classe de B.E.P de comptabilité, les délires de gros bâtards se multiplient. Malgré cette ambiance de crapules, on est solidaire et mon fournisseur en VHS s’appelle Mohamed. Il m’a parlé de « Boys In The Hood » un film avec le rappeur Ice Cube. Je rentre avec la cassette et la visionne car nous sommes mercredi après midi et je n’ai pas cours.

1984. Tray, âgé de dix ans, est un gosse du divorce intelligent mais qui s’affirme trop à l’école. Il est viré  de so,n établissement scolaire après une bagarre en classe. Sa mère l’envoi vivre chez son père : Furio. Sa mère qui l’emmène chez son père lui explique qu’elle ne veut pas le perdre. La musique nous met dans l’ambiance de la séparation. Je suis dégoutté pour lui. Son père est comme le mien, jeune et ressemble plus à un grand frère qu’un père.  Sa situation est comme la mienne puisque depuis deux ans je vis chez mon père. Sa mère le dépose et discute avec son ex-mari. Le rôle de Furio est de faire de son enfant un homme. Fabe reprendra d’ailleurs une des phases du film où le père explique à son fils ce qu’il fait à la maison : payer les factures, de quoi manger et s’habiller. Pendant la nuit un type s’introduit chez les Style, et le daron tire sur le cambrioleur. La police vient tardivement prendre la déposition. L’un des flics présents donne sa vision : « Un nègre abattu c’est toujours un nègre de moins dans les rues ». Furio ne cautionne pas ce genre d’attitude.

Les jours suivant, le gamin traine avec ses nouveaux potes : Rick, Gras du bide  son demi-frère et Chris. La mère des deux frangins fait une préférence pour Ricky son fils sportif, plein d’avenir. Son second fils est traité comme un bon à rien, « exactement comme ton père ! » lui balance sa mère. Le transfert du père avec le fils, je l’ai vécu avec ma daronne et mon frère. Alors qu’ils vont se promener pour voir un macabé, Ricky qui n’a pas écouté son frère se fait prendre son ballon de football américain par des grands. Cette scène me rappelle des souvenirs quand les mecs du vieux Saint-Ouen m’ont gratté mon Mister Freeze. Gras du bide, courageux tente de reprendre le ballon mais l’un des crapules le cogne. Il se relève et finalement l’un des types rend le ballon offert par le père de Rick.

La chronique de ces gamins se termine en musique et par l’arrestation de Gras du Bide parti au Prisunic et qui se fait embarquer par les flics. Une fois de plus le film et la tentativé de vol ratée de Gras du bide me rappelle un chapitre de ma vie celui du vol de la boite de playmobil au Prisu.  A la différence que je n’ai pas fini en prison et que je n’habite pas dans un quartier chaud de Creenshaw.

Cinq années se sont écoulées et on retrouve les mêmes gamins devenus des adolescents. Tray roule en Coccinelle, et son meilleur ami est Rick. Les mioches devenus de jeunes adultes parlent de sexualité et Tray avoue à son poto qu’il a peur du sexe, par peur de devenir un jeune père. TLC et d’autres groupes animent l’ambiance du film. Lors d’un barbecue on retrouve toute la clique. Les semaines s’écoulent et les choses ont bien changé. Les deux potes sont étudiants, et Chris et Gras du bide ont grandit, ils sont devenus des caillera qui bicravent et défouraillent à la moindre embrouille. La vie est paisible malgré le chomage, la délinquance dans le quartier. Un soir alors que tout le monde est à Creenshaw, un type bouscule Rick et  ça dégénère. Puis des coups de feux éclatent.  Tout le monde se sauve. Au volant de sa caisse Tray subit un contrôle de police humiliant avec un flic qui le braque.  C’est le même flic qui avait dit à son père « Un nègre abattu c’est toujours un nègre de moins dans les rues ». Ses larmes coulent. L’époque où on pensait que les flics comme Starsky et Hutch, Hooker, Poncherello sont cools est bien lointaine.

Le jeune homme prend conscience de l’univers néfaste dans lequel il vit. Alors qu’il décide de quitter cette ville, le pire arrive.  Au quartier les types de l’altercation à Creenshaw trainent et surprennent Ricky et Tray partis faire une course à l’épicerie. L’issue est tragique :  Les types dans la voiture de sport rouge tirent au fusil à pompe. Rick  est touché et il meurt perforé de balles. Tray  qui le prend dans ses bras est en larmes, pendant que son pote est en sang. Gras du Bide qui a compris que son frère est en danger débarque mais il est trop tard. Ils ramènent la victime à la baraque. A la vision du corps de Ricky la mère et la fille hurlent.  Son frère se mangent des coups de la part de sa mère complètement déchiré par la mort de son fils chéri. Les hurlements de sa daronne raisonnent dans le quartier et dans mon crâne. Après la mort  de son meilleur ami, Tray regagne son domicile, il prend le flingue à son père qui le raisonne.   Mais quelques minutes plus tard, le héros s’enfuit par la fenêtre de sa chambre, il est prêt à venger la mort de son ami.

Après avoir tourné pendant de longues heures, Tray quitte le véhicule.  Gras du Bide et ses potes tombent sur les types en train de manger. La vengeance est un plat qui se mange au fast Food. Les types seront tous exécutés. Le mal par le mal. Une tranche de vie bien profonde et qui mène à la réflexion.  A Saint Ouen comme à Saint Denis, les jeunes penseront que nos vies sont celles de L.A et vont s’embrouiller. La France veut ressembler aux States et à la violence de Gras du Bide. Après la sortie du film des émeutes ont éclaté. Le réalisateur Singleton a réussi à mettre en film, une chronique réaliste des quartiers cainri.Peu de gens te le diront mais ce film est la version originale de « La Haine. » Une chronique de jeunes des quartiers de Los Angeles, bien plus profonde  et violente que les aventures de Vinz, Said et Hubert.