LE BIG JIM

10 septembre 2009

Dans notre enfance on a connu bon nombre de jouets. Aujourd’hui, Barbie n’a pas perdu de sa popularité, mais le vrai mec de Barbie ce n’est pas Ken, mais Big Jim, lui c’était un vrai bonhomme !

1982. L’année ou on a définitivement perdu « L’île aux enfants », Casimir et toute sa clique ne faisaient pas la rentrée dans la grille télé de TF1. Fini la place principale de l’ïle pour enfants, le kiosque à bonbon de Julie, et la maison du « GROS » Casimir (pour votre santé manger 5 fruits et légumes pas jour). Cette même année, j’étais en CE2. Nos principaux loisirs étaient la cour en bas de chez nous. On jouait avec Lætitia, Sylvie, Grégory. Le mercredi j’allais de temps en temps voir mon pote Bruno, il jouait au tennis dans un club situé dans la rue des bateliers, près de Conforama. C’est surtout cette année que j’ai eu mon premier Big Jim.

BIG JIM AVENTURIERCe mercredi, comme je le faisais régulièrement. Je regardais Bruno mon voisin jouer au tennis. Il terminait son entraînement, et sur le chemin du retour me parlait du classement A.T.P. Alors que je regardais mes pieds. Ce que je kiffais en vrai avec lui, c’était d’aller dans son appart’, Bruno avait un trésor inestimable. Il avait des Big Jim ! A l’époque, j’habitais rue d’Estienne d’Orves. Et lui, une rue perpendiculaire. Mon père aimait bien Bruno. Parce que d’après mon père, il fallait avoir comme ami des gens différents de nous. En gros, et comme tous les darons, il ne voulait pas que je traîne avec les gens de mon « espèce ». J’avais déjà péta l’enveloppe de la cantine, voler quelques trousses, et pas mal d’images Panini. Je ne parle même pas de mon frère Hicham, et encore moins de Mohamed Saïd. Avec du recul, je dirai que mon père avait raison.

Dans la chambre de Bruno, c’était un truc de ouf. Il avait v’là les jouets. Mais je profitais d’un seul truc les Big Jim. C’était une figurine d’une vingtaine de centimètres. Il y en avait plusieurs avec différentes séries : Espace, espionnage, et Western. Les plus populaires était l’aventurier de l’espace et l’agent secret 004.  La particularité du Big Jim c’est qu’il avait un poussoir dans le dos, t’appuyais et le bras se levait. Y avait aussi selon les figurines d’autres particularités. Certains changeaient de visage quand tu appuyais sur leur dos, ou quand tu bougeais leurs bras. Et il y en avait un paquet. Il y avait aussi plein d’accessoires, de tenues. En 2009, avec le Iphone etc. Tu es mort de rire quand tu lis ça, mais en 1982, tu es comme un ouf quand tu vis ça ! Le micro ondes n’existait pas, et même la télécommande. L’après midi passait et  je jouais avec le Big Jim. Bien sur, il fallait rentrer à la maison, et crois moi j’étais dégoutté mais j’avais tellement kiffé.

BIG JIMCe soir là, allongé dans mon lit, j’étais comme un ouf. Je ne pensai qu’à ce Big Jim. Les mois d’octobre et novembre sont passés. Comme chaque année, on fêtait Noël. Ma mère nous achetait chacun un gros jouet. Et cette année je lui ai demandé un Big Jim. Comme avec mon frère, on était déjà malin, et que ma mère aimait bien faire une mise en scène pour Noël. On faisait supposer qu’on croyait en l’existence du père Noël. Alors bien évidemment, on a fouillé dans toute la maison pour trouver les cadeaux avant l’heure. Mission accomplie. Après une fouille digne des stups, les jouets étaient planqués dans l’armoire de mes parents. On passait quinze jours de ouf. De 08h00 jusque 17h00, j’en pouvais plus.

Moi (en mode chacal) : Patate direct dans les méchants !!
Big Jim (en mode épuisé) : Et gamin ! Doucement !  T’as jamais eu de big jim de ta vie ou quoi ?!!!
Moi (en mode film d’action) : là y a un vol, faut que tu mettes encore une patate !!! Patate !! Patate !!
Big Jim (en mode chambreur) : Gamin ? Tu viens du bled ou quoi ??
Moi (en mode steven Spielberg) : vite la voiture…Ils vont s’échapper !
Big Jim (en mode victime) : ahhhhhhhhhhhhh mon biceps ! T’es un ouffff!!!!!!
Moi (en mode Nick Tip avec un couteau de cuisine) : oh…. Ben y a rien sous son biceps…

Mais l’heure du retour des parents arrivait, alors on remballait tout. A table, je faisais style que j’étais pressé d’arriver à noël. Le soir du 24 décembre arrivait, et en mode mythos, avec mon frère on pleurait de joie. Ma mère m’a attrapé dans la cuisine et m’a gentiment souri en me disant : « j’espère que t’as bien profité de tes jouets pendants les vacances ». Rien que pour ça, je garderai toujours un bon souvenir de mon big jim. Il n’a pas terminé l’année, j’ai du le casser, après lui avoir charcuter le bras. Excuses moi BIG JIM Si je t’ai fait du mal.


mes premiers polos Lacoste

2 septembre 2009

Aujourd’hui, on voit des mecs porter de nouveau du crocodile, mais rien ne pourra égaler les années d’or du crocodile…Rétrospective !

LACOSTE POLO1988. C’est l’année ou Jean Marc Barr nous plonge en apnée dans Le Grand Bleu. Et pour les plus gangsta c’est l’année de Colors avec Sean Penn. Musicalement, j’écoute Bad, car je suis en retard. Et je péta les cassettes à mon daron de Jackson, et Kool and The Gang. Cette année là, je découvre Voltage FM qui passe de la funk, et qui depuis s’est perdue dans la dance et la techno (R.I.P).

Desperate Costela – Saison 1

Dans un appartement à Saint Ouen (93). Deux adolescents (mon frère et moi) sont en train de commettre un crime. Et oui, selon l’article du code de la propriété intellectuelle, réaliser de la contrefaçon est un délit. Mais on était trop des mecs chauds…

Mon frère : Attends, mais non t’es un ouf !! Tu l’as tué le croco ! T’es relou !
Moi : Mais non, t’inquiètes il claque, attends je vais lui remettre un coup pour être sur qu’il bouge pas.
Mon frère : C’est pire, il est devenu rouge ! Un crocodile rouge et vert, t’as cru qu’il était du Maroc ou quoi !
Moi : Tu rigoles mais y a des crocodiles au Maroc !! J’en ai vu un une fois dans la voiture ! T’sais quoi, demain au collège quand tout le monde va devenir ouf sur ton polo tu verras qui auras tout tué.
Mon frère : Je crois que c’est grillé. T’as déjà vu un polo Lacoste avec un crocodile vert et rouge ?
Moi : Attends ! Le crocodile il peut être blessé !

Chère copine et copain lecteur. Tu te demandes ce qu’on fait ?

On est juste en 1988. Et on vient de dépouiller sur les polos de mon père deux crocodiles. Pour ceux qui me connaissent, forcément ils connaissent mon père.  Les autres je vous refait une représentation. Mon père c’était un mec en avance. 501, et Lacoste. Et nous avions pour aller au collège, besoin de nous fabriquer un ou deux polos Lacoste. Ben oui… Tu crois qu’on avait les moyens ? Du coup, on a transformé notre chambre en atelier de couture. Fil, aiguilles et les deux polos.

Le lendemain, mon frère est revenu. Au collège tout le monde disait que son polo claquait. Quand à moi, je me suis fait grillé. Dès que je suis monté dans le bus, le chauffeur me regardait chelou. Puis il m’a interpellé : Grand, tu l’as acheté ou ton polo Lacoste ?
Moi tout content : Je lui  ai dit, je l’ai acheté  CHER !!!!
Il m’a regardé navré, et m’a dis : Je crois que c’est un faux. Enfin j’en suis sur…
Et moi (en mode gros mytho) : Non, pas possible ! je l’ai acheté CHER m’sieur !!!!
Lui (en mode mort de rire) : Ben, les types qui ont fait ça déjà ils te l’ont cousu à l’envers. Je n’ai jamais vu un Lacoste avec un crocodile à l’envers…
En descendant du bus, J’avais un problème majeur dans ma vie. Comment ne pas me faire griller au collège avec un polo dont le croco était à l’envers ?

IMAGE LACOSTE

Desperate Costela – Saison 2

entre le bus et le grillage du collège, j’avais trouvé une solution…

Moi au milieu de la cours.
Eux autour (qui chuchotent) : Il a un problème ou quoi il garde sa main sur le cœur?
Moi : Main droite sur le cœur, et gouttes de sueurs…

Moi en classe, interro.
Eux en train d’écrire.
Moi : torse collé contre la table.

Moi dans le chemin du retour
Elle : (la meuf la plus pétée du collège). Rachid, ça me fait drôle que tu poses ta main sur le cœur quand je suis à coté de toi. T’as des sentiments pour moi, ça me touche...
Moi (dans ma tête) : Même pas en rêve !! Si je me marie avec toi, mes tantes au bled vont me savater !

Tu l’auras compris. Le falsh (Déf  : contrefaçon, copie, démarquage, faux, fraude…)ça ne sert à rien. Et ce jour là je l’ai aussi compris. Enfin tu penses que je l’ai admis parce que j’ai passé la journée avec la main droite sur le cœur ? Nannnn ! Je l’ai compris quand j’ai vu mon daron débarquer dans notre chambre en furie, avec les deux polos dépouillés. Qui a fait ça !!!?  Ahhhhhhhhhhhhhh !!!! (il devenait vert et déchirait ses affaires). Mon frère me montrait du doigt, et moi je le montrais du doigt. Ça va, on s’est fait savaté tous les deux par Hulk.

Quelques temps après on a refait la même, avec un peu plus d’expérience, avec les 501 Levis. Et on s’est fait grillé. Hulk est revenu nous cogner. Le faux ça ne paye pas, et pas que dans les sapes même dans la vie !

Franchement, j’ai compris une chose plus tard. Le faux, c’était un manque de personnalité. Tu veux faire style tu portes telle ou telle marque pour montrer que t’es dans le coup. J’ai très vite mûri. Plus tard,  j’allais à Troyes pour acheter du lacoste. Et continuer à exister. Après y a eu les années 90, et on portait tous du vrai Lacoste de la tête au pieds. Mais ça c’est une autre histoire, puis rien ne vaudra mes costela à moi.

PS : Quelqu’un aurait du fil transparent ?

Rachid Santaki


Mon premier balladeur

29 juin 2009

Aujourd’hui, on peut marcher dans la rue ou prendre les transports avec de la musique et même de la vidéo : Archos, Ipod, NokiaNséries et j’en passe. Mais rien ne remplacera mon premier « Walkman » !

Mon walkmanAnnée 1987, nous sommes en vacances au bled entre Marrakech et la plage d’Eljadida. Mon père invite deux de ses  potes de Saint Ouen à  passer leur congés au Maroc, Jean Luc D et Farid A. Farid est mon aîné de dix ans, et cela fait de lui un grand frère. T’inquiètes pas copain lecteur, rien à voir avec Pascal, le grand frère de Tf1. Non, Farid c’est le VRAI grand frère qui écoute de la funk, porte les dernières Nike et nous fait golri. Pendant son séjour, il a une machine avec un casque. Avec laquelle on peut écouter les cassettes audio. Cet objet m’interpelle, quand tu mets le casque sur tes oreilles, y a Thriller qui tourne ! Il l’a tout le temps avec lui, casque sur les oreilles posé sur les oreilles. Farid m’explique que c’est un walkman et que le nom veut dire en français – l’homme qui marche- Parce qu’on pouvait finalement marcher avec la musique, et gamin que je suis je me dis – Mais comment appelait-t-on alors celui qui ne marchait pas en écoutant de la musique ? (je sais copain lecteur c’est pourri mais c’est pour mettre du style) Comme Farid était un mec cool, il me prête son baladeur, quelques minutes c’est à dire le temps d’une chanson. J’écoute un peu, kiffe et lui rends. Le problème quand t’as deux frères, c’est qu’eux aussi veulent écouter. Farid en plus d’être plus cool avait du bon son, d’ailleurs mon père lui tapait ses cassettes : Delegation, Shalamar, Kool And The Gang, Michael Jackson, Imagination etc. Y a pas à dire Il était vraiment à la page. Après les vacances au Maroc, comme mon père les a bien accueilli, Farid lui avait offre son baladeur. C’était un Sanyo, de couleur bordeaux. Mon daron l’avait rangé dans une commode à la maison. Mais dès qu’il n’est pas là, j’en profite pour l’allumer à fond… A force de mettre le volume à toute patate, j’use les piles et forcément mon père grille que je l’utilise sans sa permission. C’est la grosse baffe à la Bud Spencer et le traditionnel « touche pas à mes affaires connard ! ». Mais c’était plus fort que moi et je recommençais. Et bien sûr je me remangeais la baffe ! C’était plus fort que moi Je kiffais trop son Walkman. En vrai avec le recul, c’est vrai qu’il était énorme le lecteur audi portable. L’équivalent d’un réfrigérateur ou d’une machine à laver. Non, mais c’était du lourd, fallait prévoir un sac à dos pour le porter. C’était marrant car son Walkman n’était pas « auto-reverse » mais avait une fonction exceptionnelle : on pouvait ralentir ou accélérer la vitesse de lecture. Il y avait aussi une fonction micro, qui me permettait de parler et de nous entendre sur la musique. Autant vous dire que je chantais sur du Kool and The Gang ou du Thriller. Sur le refrain de Kool And The Gang «Fresh », au lieu de chanter « she’s fresh, she’s so fresh », je balançais «Chizefunchchizesinflunch ». Je me prenais pour un chanteur, un peu comme le font les candidats d’émission de télé réalité devant des millions de téléspectateurs. Ridicule. J’aurais pu mettre ça sur le compte de la jeunesse mais j’avais déjà quatorze ans ! Ce qui était contraignant avec le baladeur, c’est que lorsque tu écoutais une chanson d’environ 3 à 4 minutes, il fallait rembobiner pendant 30 minutes pour la réécouter, c’était long. Comme mon père était très strict avec ses affaires, que j’en avais marre d’user ses piles et de me manger la baffe, je me suis débrouillé, j’ai eu par le biais de ma copine, Mimi des Francs Moisins, un Walkman. Je l’avais payé 100 francs. Une affaire. Mon premier. Il était bordeaux comme le Sanyo, les touches étaient grises et « auto-reverse » pour changer la face d’écoute sans sortir la cassette. C’était un Aïwa. Je marchais dans la rue avec mon casque et prenait les transports pour aller en cours. A l’intérieur j’ai écouté, réécouté, ré-réécouté… l’album de Michael Jackson « Bad ». A force je connaissais le tracklisting par coeur. J’allais au fond de la cour de récréation avec le son à fond et je regardais les autres, je clippais ça dans ma tête. A la maison, mes frères voulaient me l’emprunter, impossible de le lâcher. Par contre quand mon père le voulait, impossible de refuser. Sinon c’était la grosse baffe… Mon Walkman m’a lâché un an après mais je m’en fichais, j’avais découvert la technologie. Depuis j’ai fait toute ma scolarité avec une paire d’écouteurs et des baladeurs de plus en plus légers. L’inconvénient des baladeurs numériques, c’est qu’ils ne font pas office de machine de musculation, parce que tous les mecs de ma génération vous le diront, c’était (du) lourd, un Walkman !

Rachid Santaki


Le Mister Freeze

28 juin 2009

La vie est devenue tellement rallie* que lorsque je vois le prix des glaces je me dis qu’il n’y avait pas mieux que mon bon vieux Mister Freeze !  Attend copain lecteur comme dirait Kool Shen je t’explique ce que je kiffe… Et à défaut de fumer des spliffs, c’est de me taper des Mister Freeze.

Mister freeze1984, c’est l’année de la diffusion de l’émission Achipé Achopé avec Sidney, un mec qui en hiver comme en été portait des lunettes de ski, et pire des collants brillants de couleur bleue. J’avoue que malgré sa tenue excentrique il a influencé  plusieurs générations. Comme les millions de jeunes de notre génération, on regarde ce programme télé. Et comme tout le monde avec mon frère on mime quelques unes des techniques du Smurf comme le courant électrique. Mon père mettait l’ambiance et avec son léger accent du deblé, répétait « Ji si que ti pu » (ndla traduction je sais que tu peux).  Après l’émission hip hop et un énième épisode de Starsky et Hutch, on descend retrouver nos voisins dans ce quartier calme de Saint Ouen. L’après midi est bien entamée, et le plus hype de mes voisins, Grégory H. déguste un espèce de glaçon coloré, dans un sachet en plastique. Copain lecteur, ce que je vais écrire par la suite est un dossier mais lorsqu’il a jeté son plastique, et qu’il a eu le dos tourné, mon frère et moi on s’est jeté pour ramasser et terminer les quelques  gouttes de ce glaçon coloré. Il était bleu et super bon.  Sur le sachet il y avait écrit « mistère fraise ». Je te l’accorde copain lecteur, on n’est pas encore avec les manuels scolaires « I Speak english » et surtout on n’a pas comme série Dora l’exploratrice, qui te répète : open the door, good morning etc. Alors excuses pour notre anglais un peu foiré. En réalité, on venait de découvrir un glaçon qui allait révolutionner notre vie. Son prix, pour le grand Mister Freeze est de cinq francs, cinq balles, autrement dit l’équivalent de 75 centimes d’Euros, le petit de deux francs. Les parfums préférés étaient citron, fruits exotiques, oranges, et fraise. En vérité, on ne le savait pas mais le Mister Freeze était en concurrence avec le Floup, un dessert glacé prisés par les antillais. Il était plus cher que le glaçon mais avec des gouts différents : Ananas, pinacholada, coco ce qui faisait de cette glace la star aux Antilles. La vérité, c’est que la popularité du Mister Freeze était sans équivoque. Avec les années les parfums des Mister Freeze se sont développés, mais on grandi et on est passé au Magnum. Enfin tout ça je te le raconterai dans un autre papier. La Seule chose que je peux te dire, c’est que si tu vois un sachet par terre de Mister Freeze et qu’il reste quelques gouttes, y a surement des petits crevards qui risquent à leur tour de découvrir un reste de glaçon qui va révolutionner leur enfance…A un prix plus élevé, parce que tu l’as compris aujourd’hui la vie est rallie*.

*Rallie signifie chère en arabe

Rachid Santaki