C’était mieux les anniversaires !

23 août 2009

Les années défilent et tu fais le bilan comptable de ta vie lors de deux grandes occasions, le jour du nouvel an ou celui de ton anniversaire. Et y a pas à dire, les anniversaires c’était mieux avant !

gateau_anniversaire

Un jour d’octobre 1987.  Michael Jackson sort son album « Bad », c’est aussi cette année que Los Lobos cartonne avec La Bamba. Les films Over The Top, Predator, L’arme Fatale et Crocodile Dundee pètent le scores d’entrées dans les ciné. Nous sommes la vieille de mon anniversaire, et demain nous serons mercredi. A cette époque, je suis au collège Jean Lurçat à Saint Denis – Je traine avec mes camarades de classe : Nordine, Wanou, et Mimi. Sinon à Saint Ouen, je joue souvent avec mes frères dans notre paisible résidence du quartier Bachelet. On s’amuse avec les mêmes familles que j’ai plusieurs fois citées, et le mec qui fait le show, c’est Teddy Hubert. Il est devenu notre ami, depuis que mon frère Hicham l’a embrouillé et tapé. Pour une histoire de ballon ou je ne sais plus. Bref. Ce jour là, ma mère a décidé d’organiser mon anniversaire. Et pour l’occasion on a invité notre ami, Teddy. ce mec, c’est à l’époque l’as des as. Un métisse qui est vif, un rire de chèvre, et des pieds agiles pour jouer au foot. Normal. Son oncle c’est Bébert l’entraineur du club de foot de la rue des Bateliers.

Ce jour m’a marqué car c’est la première fois qu’on fait rentrer quelqu’un chez nous. La vérité, c’est que mon père ramassait les meubles dehors. Il était déjà écolo, et finalement il était visionnaire. L’intérieur de notre trois pièces était tellement dépareillé qu’on aurait bien eu besoin de la blonde qui refait les appart’, Valérie Damidot d’M6 Déco. En plus avec nous elle aurait rigolé, mon frère de onze ans dormait dans un lit à barreau pour nourisson. Et mon frère et moi dans un lit superposé en métal. Le papier peint était d’époque 70, alors que nous étions à l’aube des années 90. Comme dit Rohff, on enviait la belle vie de Ricky, parce qu’on se disait qu’est ce que c’est bon d’avoir du fric. Et si y avait eu facebook on aurait fait un groupe pour le dépouiller le petit Ricky. Avec le temps bien sur, on a compris que l’argent c’est juste un moyen et pas une finalité. Tout dépend de ton camp… On invite donc notre pote ce jour là, et on partage un gâteau à l’Ananas fait par ma mère avec une boite de conserve, et de quoi faire un quatre quart. C’était mignon, car elle l’avait fait avec le cœur, et on a tous kiffé, pour le cadeau je ne sais plus si elle m’a donné quelque chose, je crois pas mais c’était déjà grandiose.Notre soirée de ouf s’est terminé super tard, 22h30… Pour l’époque c’était l’équivalent de deux heures du matin aujourd’hui. (copine et copain lecteur ne me demandes pas de t’expliquer le calcul…)

On a même fait  des photos souvenirs de ce moment là. Mes frères cadets sont là, et on pose devant un classeur de Jordan pour les souvenirs, Teddy sourit tellement qu’on voit ses grandes dents. Des ambiances comme celles là, je n’en ai plus jamais revu, normal mes parents se sont séparés, et d’autres événements ont fait que ce ne serait plus comme avant. J’ai revu la dégaine de l’époque, y a quelques années. Hum…Nan, franchement mortel ! Carreaux, moustache en matière duvet et par contre attention !!! Je portais mon survêtement Adidas, le Challenger… Mes frères le Laser, et Teddy avait son survet avec l’écusson de l’équipe de France de foot. Les années suivantes ont défilés. Avec une certaine morosité. On a perdu des gens qu’on aime, gagné d’autres. Un peu comme à chaque mort, une nouvelle naissance. Et je n’ai jamais refait d’anniversaire. Je garde en tête cet excellent souvenir, et je rêve de fêter ça avec les mêmes personnes, mais comme le dit NTM – La vie ne fut jamais un long fleuve tranquille – Et c’est valable pour chacun de nous, sauf pour le petit Ricky qui a bien grandi depuis.

J’ai compris plus tard, que Teddy était un brave type. Et qu’il avait l’instinct de survie. Il vivait à l’époque chez ses grands parents, car c’était un gosse du divorce. Un mec plein d’énergie. On s’est revu mais on a grandi et les gosses que nous étions sont loin derrière… Quoi qu’il en soit y a pas à dire, aucun anniversaire ne pourra détrôner celui là…

Rachid Santaki


Ma première console de jeux vidéos

29 juin 2009

Qu’elles soient PSP, PS3, xbox 360… Les consoles de jeux sont de plus en plus techniques au niveau du graphisme, des scénarios, de la « jouabilité ». Une évolution qui ne pourra jamais égaler ma première console, l’Atari 2600.

atari26001985. Je suis au collège Jean Jaurès à Saint-Ouen. Mes principaux jeux à cette époque sont le foot, récréA2, le club Dorothée. Comme tous les dimanches, avant ma série préférée « Starsky et Hutch », mon père va faire son tiercé. Il m’emmène avec lui au café PMU de la mairie de Saint Ouen. Pendant qu’il parle avec ses potes de la cote d’Ourasi (le bourrin le plus célèbre des cités), je m’écarte. Devant moi se trouve une console de jeu. Un adulte termine sa partie. Il s’acharne sur la manette. A peine il s’éloigne que je me jette sur la manette. A mon tour, je m’acharne en dirigeant la manette dans tous les sens. Rien n’y fait. Je ne contrôle pas la partie. Véritable tâche en anglais, je comprends pourtant que les mentions « Game Over » et « Insert Coins » affichées à l’écran signifient qu’il faut du fric. Je demande donc à mon père une pièce. Lancé dans ses pronostics, il me lâche deux francs. Je retourne devant le jeu, la partie commence. Je me bats contre des monstres. J’envoie des rayons laser sur mes ennemis. Ils s’approchent. Je ne réussis pas à tous les détruire. Je perds une première vie… Une deuxième… Une troisième… « Game Over ». Ma partie est finie. Je suis dégoûté, c’est passé trop vite. Mon père a fini ses jeux. Il rentre à la maison pour voir la course du tiercé sur TF1. De retour à la maison. Je pense à cette partie, trop courte. Le lendemain, au collège, je parle avec mon pote Pascal Darreau de ce jeu. Il me dit qu’il a une console chez lui. Qu’il y joue tous les jours. Avant d’aller à l’école, après et pendant les vacances. Dès lors, je ne pense qu’à une chose. Avoir une console de jeu à la maison. Je n’aurais plus à mettre de pièces, j’aurais tout mon temps pour faire des parties. Seul problème, le budget. Si mon pote a une console, c’est parce que son père a une boucherie. Il a de l’oseille. Mon père n’a pas de boucherie, il a juste sa Renault 18 et une carte famille nombreuse. Avec mes frères, nous supplions notre mère. Notre but ? Avoir une console de jeux vidéo. Nos moyens de l’obtenir ? Les promesses : ramener de bonnes notes, ranger notre chambre, cesser de nous battre. Nous sommes déterminés, pour arriver à nos fins. Ma mère cède, elle décide de nous acheter une console de jeux, d’occasion, bien sûr. Le budget ? 400 francs. Quelques jours plus tard, c’est le grand jour. Nous découvrons notre console (vraiment d’occasion). Elle est dans un sac plastique Prisunic. Nous sortons la console de couleur noire. La marque Atari. Elle est futuriste avec six interrupteurs : mise en marche, la couleur ou le noir et blanc, difficulté de jeu, … Et deux manettes. Des jeux. Il y en a deux. L’un de tennis avec un superbe visuel, l’autre est « Space Invaders » (le jeu du café). Nous nous accoutumons avec ce nouvel élément. Une demi-heure pour brancher la console. Une autre, pour se rendre compte qu’une manette ne marche pas. Après ces péripéties, dues à un retard dans l’utilisation des technologies, nous allumons enfin la console. Le plus drôle ? Peut-être le son, des bruits basiques et vraiment électroniques ou encore la qualité du graphisme d’époque. Sur la pochette du jeu de tennis, on voit un joueur en plein effort avec un superbe graphisme. Mais une fois la cartouche enfoncée, la partie commencée, le graphisme ne correspond pas du tout. Le joueur est une barre, et la balle de tennis, un carré ! Je fais abstraction du manque de ressemblance avec un match de tennis, je joue. Je m’en fiche, j’ai ma console de jeu. Au bout d’une heure, mes frères et moi réalisons que le jeu est tout pourri. Alors nous passons au second jeu, « Space Invaders ». Il n’y a aucune différence avec le jeu de tennis. Des barres et des carrés. Pendant quelques jours, nos potes ne nous voient plus. Normal. Nous avons découvert l’Atari 2600. Il faut quand même préciser que la console est sortie en 1982, que nous sommes en 1985. Quelques années plus tard aura lieu une véritable révolution, souvenez-vous de la Master System, d’Alex Kid avec ses grandes oreilles…

Rachid Santaki