Keith Sweat, le vrai mec du RnB

3 octobre 2010

1994. La France est dirigé par Tonton Mitterand, et son premier ministre Balladur. Au cinéma le dernier Disney Le Roi Lion dépasse les 10 millions d’entrées en salles, c’est la première diffusion sur FR3 de C’est Pas Sorcier avec Jamy et sa dégaine de blarf. Niveau musique, je me mange une gifle musicale avec la compilation Above The Rim qui contient les titres Lady Of Rage, Warren G, Sister With Voice. Mais c’est Keith Sweat qui marquera musicalement cette période et deviendra une de mes références musicales et tu vas comprendre pourquoi.Saint Ouen. Je vis avec mon père, ma mère qui a divorcé, s’est remariée avec un mec qui pue la fourberie et la supercherie. Je suis l’enfant seul, mais je le suis moins quand je traine avec mon frangin, Sébastien, cadet de trois ans. On s’est rapproché depuis la mort de mon frère et à force d’aller acheter tous les soirs la bouteille de Vieux Papes à mon père. Il noie sa tristesse et se console dans ses verres de vin bon marché. Il a du mal à accepter que ma mère l’a quitté, et surtout d’avoir perdu son fils préféré. Je le regarde, avec impuissance, se fonce-der et entend ses vieilles rengaines, d’après lui, je ne suis qu’un raté et un bon à rien. J’ai plus mal pour lui que pour moi, et encaisse ses déceptions. Copine et copain lecteurs, arrêtes de chialer et je te confirme que « Sans Champomy  la hagra est plus folle ! »

Septembre, je suis de retour du bled où j’ai rencontré un cancer. Elle est brune, mesure 1m65 et c’est ma première histoire d’amour. L’élue est une meuf de Bourges, une ville du Cher. A l’époque, je suis love d’une meuf mais je n’ai ni les lovés, ni le level face à elle. Je suis en mode Canard WC. Elle me rend ouf car elle reste indifférente à mes sentiments, et ma bonne volonté.  Je passe mon temps à l’appeler à la cabine téléphonique sur l’avenue Gabriel Péri et à m’inventer une vie qui en réalité pue la défaite. J’espère construire quelque chose. J’ai déjà quelque chose de Keith Sweat en moi, même si je ne suis pas un renoi d’Harlem.


Je suis en BAC Pro comptabilité au lycée Louise Michel et j’espère passer à travers les mailles du filet de l’échec mais je suis le fils d’un chauffeur-livreur et pas le fils de la prof principale qui cherche à m’envoyer dans la file d’attente de l’ANPE. L’espoir est limité, la galère en forfait illimité : pas d’oseille, pas de famille unie, et pas d’affection. J’aurai pu inspirer Hector Malot pour les aventures de Rachid Sans Famille. Véridique mais comme Akhenaton Je Ne Suis Pas A Plaindre et puis surtout je n’ai pas vu mourir Joli Coeur un soir d’hiver (quelle scène de ouf quand même). En cours je sympathise avec un nouveau camarade de classe, Mehdi. Il habite Villetaneuse, la ville où y a que des mecs (sauf aurélie L). Son beau frère, est un passionné de funk et de New Jack. Il m’enregistre une cassette avec des morceaux d’Allyah, une meuf de 16 ans qui est marié avec R-Kelly. Il y a surtout Get Up On It de Keith Sweat. Une ballade avec trois meufs au refrain, le groupe Kut Klose : « If you really, really want it all you got  to do is get up on it, if you really, really want it all you got to do is get up on it » Je kiffe ! Je fais tourner la cassette dans ma chambre, mon walkman et la Renault 18. Je plane sur le refrain et pense à Malika même si elle ne pense pas à moi. A cette époque, j’ai un taffe à l’hôtel Ritz et je passe mes soirées à gratter le papier. J’écris mes premières histoires que je range précieusement dans un classeur. Sur les sons de Keith Sweat, je rédige mes rêves et mes cauchemars du quotidien.

Je sers les petits déjeuners à l’Espadon, le restaurant de l’hôtel ritz. Je suis à l’aise et je fait connaissance avec un nouveau employé : Mohamed qui vient aussi du 93. On travaille ensemble, c’est un mec hnine, il a le visage blanc, toujours souriant. On partage les sons, je lui fait découvrir la New Jack et le Rnb. Son délire musical est garage car il bouge souvent en boite et se s’habille en Old River. Les jours passent et on devient tellement proche qu’il m’héberge chez lui en période de crise familial.Les mois passent avec un quotidien plein de questions. Malika est elle la meuf de ma vie ? Est ce que je vais avoir le Bac et aller à la fac ? Un soir de décembre, je vais aux puces. A Clignancourt, il y a les Jeans 501, les air Max mais aussi le bon son. Je découvre le stand  des jumeaux qui vendent des disques de rap et RnB US à 100 balles. Ils sont aussi propriétaires d’un magasin Street Sound à coté de la Place Clichy. Chez eux, les albums sont moins chers de trente balles qu’à la Fnac. Ils rachètent aux Etats Unis les albums de promotion destinés aux médias, les pochettes sont mentionnés en anglais « Ne peut être vendus uniquement pour la promo ». J’achète ce jour-là les albums de Keith Sweat, Brandy et R-Kelly. Au moment où je paye mes achats, je vois Mohamed qui sort du marché Malik. Je suis surpris de le trouver là, on plaisante cinq minutes. Je rentre à la maison, et écoute l’album. Je ne lâche pas les plages avec Left Eye How do you like it et When I Give My Love, For You (You Got Everything). Je passe des mois à écouter l’opus. C’est le premier d’une grosse collection de disques que je vais acheter. Je vais cumuler tous les albums de Keith Sweat et les apprécier mais aucun ne vaudra l’époque de Get Up On It.  Mon pote Mehdi chambre et dit que pour charmer les meufs un bon album de Keith Sweat suffit, il n’avait pas tort. Après sa violente calvitie Keith Sweat l’a sauvé de la misère sentimentale.


Au fil des sorties de Keith Sweat, je vis d’autres époques. Get Up On It (1994) marque les années du Ritz et de mes amitiés avec Mohamed, et Mehdi. L’album Keith Sweat (1996) marque la naissance de Générations qui n’émet que le week end et le premier anniversaire postume de Mohamed, Allah ya rhmo. Still In The Game (1998) l’incarcération de mon frère et la séparation avec mon père. Didn’t See Me Coming (2000) le départ de ma grand-mère et mes retrouvailles avec Marrakech.  Rebirth (2002) la naissance de mon premier magazine papier hip hop.fr qui deviendra 5styles, et les premiers liens avec la Wrung Division qui deviendra une famille. Je ne te raconterai pas tout et puis je l’ai déjà écrit dans les précédents billets…J’ai eu l’occasion de rencontrer l’artiste pour 5Styles mais j’ai décliné l’interview, préférant garder l’image de lui uniquement sur disque, les artistes j’connais et très peu sont à la hauteur de ce qu’ils chantent, ou véhiculent. C’est une des choses que 5Styles m’a permis de comprendre.  Aujourd’hui, Saloua, la soeur de Mohamed écoute keith Sweat en sa mémoire et en souvenir de cette époque, moi aussi. Quand à Mehdi, il continue à rayer le disque de Get Up On It pour éviter de finir sur Meetic ou mektoub.fr

Le chanteur né en 1961, était trader et a découvert la musique qui est devenu son métier. Il est l’un des précurseurs du mouvement New Jack et Rnb et a produit Kut Klose, avec l’album Surrender et de nombreux artistes : Dru Hill, Men At Large, Isley Brothers, Jermaine Dupri et bien d’autres. Il a formé le groupe LSG (Levert Sweat Gill) avec deux autres figures du genre musical Gerald Levert, Johnny Gill qui ont vendu à 3 millions d’exemplaires. Keith Sweat est apparu dans son propre rôle dans New Jack City, c’est lui le chanteur du mariage.  Son dernier album Ridin Solo est sorti au printemps 2010.

Keith Sweat, En Vogue et également Joe seront en concert à l’Elysée Montmartre le 17 octobre 2010.

Bande son



LE (VRAI) CHAMPION…

9 mai 2010

AVERTISSEMENT : l’auteur de cet article te conseille un carton de mouchoirs kleenex ou si t’es en hass, de l’essuie tout marque Dia.

1983. L’année où Yannick Noah remporte le tournoi de Rolland Garros, en battant Mats Wilander en finale. Il pleure de joie dans les bras de son père. L’année où Herbert Léonard, et Julie Pietri forment le duo qui interprète « Amoureux Fous » que ma mère écoute en boucle, en imaginant que mon père a la classe d’Herbert Léonard. Cette même année, Coluche joue le rôle dramatique de Lambert, le pompiste de « Tchao Pantin ». Cette année c’est aussi celle où j’ai beaucoup pleuré à cause de ce bouffon de Ricky La Belle vie, qui finalement s’avère plus caillera que le plus K-sos d’entre nous.

Le succès du premier Rocky sorti en 1976, a influencé d’autres producteurs a tenté de faire du beurre sur le noble art. A priori, Le Champion, avec Jon Voight, et Ricky Schroder qui semble être un film de série B, est une puissante claque par sa justesse, et la prestation de ce gamin, T.J allias Rick Schroder. Pour la petite anecdote, Jon Voight est le daron d’Angelina Jolie. Il a fait la une des magazines peoples, avec la récente réconciliation avec sa fille. Vous l’avez vu dans Heat, Mission Impossible ou dans Transformers.

Nous sommes réunis en famille devant la télévision quand le film commence. Le Champion est l’histoire d’un mec de 37 ans, Billy Fly. Un ancien champion du monde de boxe, qui vit de jeux et de son passé de boxeur. L’ancien pugiliste élève son fils de 8 ans, un petit blondinet tout mignon. Si les blonds étaient à la mode à cette époque, ils peuvent remercier Rick Schroder, le gamin qui jouait Ricky La Belle Vie. On découvre l’amour entre ce père et son fils. Dans les yeux de mon daron, je vois de l’émotion parce qu’il kiffe les chevaux et la boxe. Je kiffe pas les chevaux car au bled mon père nous fait ramasser les excréments, et je n’aime pas la boxe car mon daron balance des crochets sur le visage de ma mère. T.J, a un cheval, c’est son père qui lui a offert. Et elle court dans un prix. Juste avant la course, le gamin croise une belle femme avec laquelle il parie dix dollars que son cheval va remporter la course. La jument qui s’appelle duchesse, se place en tête de la course hippique. Mais dans la dernière ligne droite, c’est le drame, elle chute ! Mon père tape du poing sur la table, et crie « putain de mirde ! » Et ma mère, « ô mon Dieu » en touchant sa petite vierge marie qu’elle a autour du cou. Je pense à T.J et avec mes frères ont crie « pleures pas T.J ! ». Le gamin n’a pas entendu à travers la télé nos cris, il chiale déjà et fonce rejoindre son cheval écroulé sur le champ de course. Toute la famille Santaki est au bord des larmes. De retour aux écuries, le cheval s’en sort, le vétérinaire donne le diagnostic. Ce n’est qu’une blessure superficielle. Nous sommes tous soulagés. La femme qui a parié avec le gamin, arrive dans l’écurie pour prendre des nouvelles. Elle voit le père du petit, qui n’est autre que son ex-mari. Elle réalise que le môme est son fils, qu’elle a confié à son ex. Son père lui met un coup de pression pour partir « Ça fait sept ans que tu es morte, colles toi ça dans la tête » et ne pas apprendre son existence. La juge a donné la garde au père, et que la mère a refait sa vie. Mon père s’énerve, et balance : « Connasse t’as abandonné ton fils ! » Personne ne tente de calmer mon père, par peur de se manger un coup. La mère du petit, demande en rigolant de rembourser les dix dollars puisque Duchesse a perdu, et invite T.J à passer une journée avec elle.

T.J débarque sur un énorme bateau, il porte un petit costard bleue. La vérité c’est qu’une dareune comme ça, je l’aurai pas lâché. Champion ou pas champion. La journée se termine, et le gamin rejoint son père avec un tas de cadeau. Alors que tout semble beau dans le meilleur des mondes, le champion fait le con. Il joue aux jeux depuis toujours, et doit 2000 dollars. Le champion qui agit comme un schlague, signe une reconnaissante de dette, et met en gage le cheval de son fils. Il récupère l’argent auprès de son ex-femme, mais trop tard, le prêteur vient récupérer Duchesse. Fou de rage, Billy cogne le type et son acolyte. Les gens tente de le calmer il tape tout le monde, et casse la mâchoire à un flic. Il est expédié derrière les barreaux. Un avocat, payé par son ex-femme vient l’assister. Et y a cette scène de ouf. Le gamin rejoint son père en cellule qui décide de le confier à son ex femme. T.J avec  sa petite voix innocente supplie son père, il dit qu’il mangera moins, sil te plait champion comme toi je ferai comme toi.  Le père agacé et vénère lui balance une baffe. Le gamin a les larmes aux yeux et continue à supplier son père. Cette scène m’a marqué car elle me fait penser à mon frère Hicham, qui a été élevé par ma grand mère, et arraché par ma mère à l’âge de cinq ans. Il ne voulait pas entendre parler d’elle. Pour lui, elle n’était pas sa mère. Je vois mon frère, pleurer. Et je suis contaminé par ses larmes. Le soir même dans la chambre il me parle de T.J et me dit qu’il a mal loin de sa maman d’adoption. Véridique.

Alors que le film dure deux heures, c’est à la fin qu’on voit un peu de boxe. Le champion a décidé de remonter sur le ring. Certaines scènes ressemblent à celle avec mon daron, il court pendant que le gamin fait du vélo. Ils se mettent à danser.

Le jour du combat arrive, et le père est dans les vestiaires. Son entraîneur lui fait les bandes, son gamin est là. Les deux adversaires se croisent du regard. Le gamin fixe l’adversaire de son père. Le match débute, dans la foule les amis du champion sont là et également son ex-femme. Billy envoi la même combinaison gauche-droite-gauche qui rentre en pleine tronche de son adversaire. Il mène le match et se permet d’envoyer au tapis le jeune prétendant. Le gamin dans le coin de son père, lui essuie les épaules entre les rounds. Le père du petit se retrouve en difficulté, et pleure en voyant son père manger des coups. On pleure tous aussi sauf mon père qui se lève et balance les consignes à Billy ; monte la garde, fais pas le cave ! Le combat se termine, quand Billy met K.O le type. Mais il est salement amoché, et rejoint les vestiaires en délirant. Il fait un malaise, et son staff l’allonge. Il réclame son fils qui pleure toutes les larmes de son corps, il demande à son gamin pourquoi il pleure. Et mon père se tourne vers nous et nous dit, et vous pourquoi vous pleurez là ?! Il a gagné ! –  Le docteur vient dans les vestiaires, et donne le verdict. Le champion est mort. T.J est effondré et crie contre le corps inerte de son père  – Non… Non… Champion, il est malade. CHAM-PION RE-VEI-LLE TOI… Le champion réveille toi… Le Champion réveille toi… Pas maintenant, il faut rentrer à la maison ! – La scène dure plusieurs minutes, et je n’ai qu’une envie ne plus voir ce gamin pleurer. La vérité c’est que le père du petit est mort, et qu’il ne rentrera plus à la maison. Dans notre trois pièces, c’est un silence de mort. Ma mère a les yeux rouges. Mon père sert des dents. La mère du p’ti rentre dans les vestiaires avec un sourire, qu’elle perd quand elle entend «  Il est pas mort, champion » Puis le gamin s’avance et se colle à sa mère qui ne verse pas une larme. Mon père s’emporte et crie – T’es contente connasse tu vas garder le gosse !! –

Le générique défile, et mon père nous envoie au lit. Dans le fond, on se rend compte que l’apparence ne veut rien dire. Sous sa chevelure dorée, ses yeux bleus, et sa petite voix, T.J montre qu’on peut être un vrai bonhomme, et avoir plus de problèmes que le plus K-sos d’entre nous, sans le démontrer. Ce film, montre aussi à travers l’histoire de ce gamin, élevé sans sa mère, et qui perd son père que  » L’amour n’existe pas, mais qu’il existe des preuves d’amour ».

Rachid Santaki


Jean Claude Vandamne, bloodsport.

17 juillet 2009

Cher copine et copain lecteurs, tu connais sûrement Jean Claude Van Damme et ses fameux dérapages. La vérité, c’est qu’il a fait un film de fou dans sa vie : « Bloodsport ». Rien que pour ça, jamais tu ne m’entendras mal parler de lui…

bloodsportsequel

Juillet 1990. Avec mes deux frères, nous sommes en vacances au bled. Le nôtre,  c’est Marrakech : la célèbre Place Jamâa El Fna, Gueliz , la piscine municipale avec ses requins (du bled), les bons plats de ma grand-mère et ses cinémas.

J’ai découvert pendant les années 80 Rocky Balboa et Daniel Larusso, le bouffon de Karaté Kid qui à force de frotter et lustrer, a fini laveur de voiture. A cette période, je commence à me prendre pour « l’enfant seul ». Je fais mon chevalier solitaire. C’est dans ce délire que je me rends au cinéma. Le Maroc, niveau cinéma, c’est comme en France mais enlève au moins 10 ans*. L’affiche de la semaine, c’est « Bloodsport » [Tous les coups sont permis]. Ça va, on est en 1990, et il est sorti en 1987 ! Oui, je sais copine et copain lecteurs aujourd’hui avec le Divx tu vois les films qui vont sortir dans quelques années. (Tu feras moins le malin quand tu seras au pénitencier pour les avoir téléchargé…) J’en ai entendu parler de ce film d’action au collège. Nordine et Philippe, deux de mes camarades de classe, à les écouter,  avaient joué dedans. Ils avaient déjà un magnétoscope VHS et chez moi, ça n’existait pas. En 1990, chez moi on venait tout juste de découvrir la télécommande.

Après avoir payé mon ticket d’entrée 5 dirhams, je m’installe dans la salle parmi les mecs du bled. Je t’explique, la qualité des cinémas au bled. C’est un film coupé pour toutes les scènes bizarres. Un décalage avec les voix. Le film commence et tout de suite je suis intrigué. Alors que d’habitude les films d’action te proposent une petite bagarre à la fin, ou comme dans Karaté Kid un mec qui frotte et luste des voitures. Bloodsport te montre que du fight ! Et cherches pas, aucun des personnages parlent je crois que les seuls répliques c’est – Une brique ne rends pas les coups – et deux bricoles dans le genre. Le héros c’est Van Damme allias Franck Dux qui s’incruste dans une compétition « Le Kumité » Un tournoi où les meilleurs combattants des sports de combats s’affrontent. Il honore son maitre, Senzo Kanaka son Shidoshi décédé, qui lui a transmis son savoir.

Au niveau des personnages t’as Chong Li, Ray Jackson le gros cainri barbu, et des pratiquants de Kung fu, boxeurs, Sumo et j’en passe. Pour le public les vrais héros sont Van Damme et Chong Li. Mais pour moi c’est Paco. C’est un nak Muay et pratiquant de boxe thaï. Il porte un short et met des coups de genoux. Il ne parle même pas. Quand à la scène culte c’est lorsqu’il combat le héros Franck Dux. Avant le fight il s’essuie les mains sur son short rouge. En face à face, il met ses poings en l’air. Et fais signe à son adversaire de les mettre en face. Lorsque le héros (un peu naïf) mets les poings contre les siens. Brusquement Paco lui balance un terrible coup de tibias à l’intérieur de sa cuisse droite. Franck Dux est au sol. Paco jubile.  Il sautille autour de Dux encore au sol et  tente de l’achever avec un nouveau coup de tibias. Malheureusement pour lui, Dux le fait tomber et se relève. La scène qui suit est terrible. Dux musclé et bien huilé se met en face. Paco tente une gauche et droite qu’esquive notre héros, trop chaud. Francky (surnom de Dux pour les intimes) le fait tomber au sol avec deux coups de pieds dans les jambes. Le pratiquant de boxe thaïlandaise se relève et c’est le festival de coups. Les deux s’envoient chacun leur tour des coups de tibias dans les flancs. Et Dux provoque l’autre : – vas y frappes ! – Notre héros prend le dessus avec une accélération et couche Paco. Putain comment j’avais la rage ! De toute façon, Paco est pour moi le véritable héros du film.

Dux remporte le Kumité en beauté avec des sauts incroyables, face à Chong Li. Pour l’anecdote, le méchant est un expert des arts martiaux. Il faisait parti des élèves de Bruce Lee et l’a même affronté dans « Opération Dragon ». L’accroche de la fin est que cette histoire est vraie. Je sors de la salle, comme un ouf. Je reviens le lendemain revoir le film. J’en parle à mon père mais il me rétorque que personne ne couche Rocky. La vérité, c’est qu’après ça je savais que l’étalon italien ne faisait pas le poids face à Paco, et les autres.

Pour l’anecdote Paco, est interprété par Paulo Tacho, un pratiquant de muay Thaï qui a joué plusieurs rôles à Hollywood.  Aujourd’hui, il est président du muay Thaï à Los-Angeles. L’acteur reste une référence pour les pratiquants américains et même en Asie.

Les meufs de ma génération qui n’ont pas de frère n’ont pas pu comprendre ce film. Les autres ont dû se taper le film une bonne dizaine de fois. Certaines d’entre elles ont des séquelles. Comme la soumission de Dux sur le méchant Chong Li. – Dis le ! – Je suis rentré du Maroc. J’ai couru au gymnase La Courtille, et je n’ai depuis jamais lâché les paos. Merci Paco !

Les jeunes d’aujourd’hui ont comme mec super chaud, Harry Potter et je suis dégoutté pour eux…Y a pas à dire, c’était mieux avant…

Rachid Santaki


Le Bois de Boubou (Partie 1)

2 juillet 2009

« Tu connais ma ville j’ai vu ta plaque au bois d’Boulogne » Booba – Indépendants

Cher copain et copine, l’article (et surtout la seconde partie) que tu lis concerne beaucoup de gens, je ne balancerai pas de noms pour des raisons de confidentialité mais certains vont se reconnaître… Pour cette première version, je serai soft parce que ce blog est « grand public ».

BOIS DE BOUBOUQuand t’es un mec de cité, t’as une principale difficulté dans la vie. Cette difficulté ce sont les meufs ! Et oui ! Traîner à plusieurs fait peur à la gente féminine, et j’parle même pas du fait que t’aies une tête de ouf… Si copain lecteur tu n’as pas cette difficulté, soit t’es un BDM (Bouffon Des Meufs), soit t’es pas un mec de cité…Ou autre hypothèse t’es avec une meuf de CPPN*. Pour ma part et surtout pour me disculper des lignes qui vont suivre, j’étais un BDM et en plus pas vraiment un mec de cité.Beaucoup de mecs de la région parisienne ont passé leurs soirées à la foire du trône, à la crêpe de Montmartre, ou sur les champs. Mais il y a un endroit que beaucoup d’entre eux ne te citeront pas : Le bois de Boubou dit dans le jargon « la forêt de Sherwood ». Une attraction que les gens de province ne connaissent pas et ne peuvent pas comprendre…

1991. Cette année là, c’est la guerre en Irak a lieue,  Serge Gainsbourg s’éteint, les Inconnus interprètent Auteuil Neuilly Passy et le belge Benny B s’affiche en salopette customisée Simpsons et fait son lover dans le clip « Dis-moi bébé ». Nous sommes au mois de juin. L’après midi se termine, je suis avec le grand frère d’un de mes potes aux étangs de Cergy Pontoise. Nous sommes trois, son pote qui fait de la mécanique, un rescapé du BEP chaudronnier ne parle pas. Alors qu’on galère avec le chien du grand frère de mon pote, je me retrouve face à deux meufs. Une métisse et une rebeu. Le chien se précipite sur elle, la meuf est effrayé, et elle crie ! C’est l’occasion pour nous de taper la discussion, gratter l’amitié et plus si affinité. Après quelques échanges, l’œil du grand frère de mon pote brille. Je fais le taff, met l’ambiance et lui a déjà son plan. Les filles nous suivent et après avoir déposé son pote qui n’a pas dit un mot de la journée, et le clep’s sur saint Ouen.

Nous passons la soirée à tourner dans Paris, avec zéro franc en poche, et quelques litres d’essence. Avec sa bagnole, il nous fait visiter le coté sombre de La Capitale, le bois et ses environs. Cette soirée va être mémorable pour deux choses, tout d’abord les phénomènes surnaturels que nous allions rencontrer et ensuite la colère de mon daron. Je ne l’ai pas averti que je passe la nuit dehors. Les deux filles sont copines, et la rebeu a dit à ses parents qu’elle passait la nuit chez la métisse. Le grand frère de mon pote est indépendant, il a sa propre voiture. Une Renaut 5, à l’époque c’est l’équivalent d’une Clio. Dans sa caisse, le son qui passe est d’une violence : The Crusaders « Street Life », Jocelyne Brown « Somebody Else Guy’s », Délégation « You and I »… La cassette a tourné, et été retourné. Et il s’improvise guide de Paris. Il est 23h00 passé et on se dirige dans le bois de Boulogne. Là bas, c’est la foire du trône mais au lieu d’avoir la femme à barbe, t’as beaucoup plus ! J’ai entendu parler de ce qu’on appelle travelot, mais je constate le phénomène. Imagines toi que t’es assis dans le siège du Renault 5 et qu’au milieu de la route t’as le sosie de  Maradona qui traverse la rue avec une paire de seins, ou encore un autre qui mesure deux mètres, collé contre un arbre, vêtu d’un string qui affiche une paire de seins mal faite puisqu’il a le sein gauche beaucoup plus gros que le droit. Les voitures s’arrêtent, et l’activité bat son plein, nous sommes étonnés, et mort de rire. Le grand frère de mon pote, en nous amenant ici, savait que l’amusement serait garanti. Plus vicieux que ça il a amené les filles dans une rue bizarre, où un groupe de mecs se sont jetés sur la voiture. L’une des filles a hurlé, y avait de quoi l’un des mecs avait mis un nez de clown sur son kiki, et qui le colle contre la vitre. Nous étions dans la rue des B, et ces pauvres types faisaient l’attraction des caisses qui passent. On termine la soirée à rigoler de tout ça…

Le lendemain je retourne en cours à Blanqui, mon père vient me récupérer et me colle un crochet du gauche et un uppercut du droit. Je suis resté en semi liberté quelques semaines avant de partir au deblé, il m’a bien sur pendant plusieurs années reproché cette sortie. Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seconde, car  y a pas à dire le boisd e boubou c’était vraiment mieux avant !

Dans la seconde partie tu découvriras comment les mecs de cités ont investi la forêt de Sherwood…fous rires garantis.

Rachid Santaki