Le Club Dorothée

28 septembre 2009

Pendant dix ans, Dorothée a fait l’unanimité auprès de tous les jeunes, et même chez moi…

CLUB DOROTHEE

Cette année là, je suis redoublant en 5eme, mon livre d’anglais est vert et s’intitule I Speak English, c’est toujours la même Brian, Jenny et son daron qui nous parlent de lunettes, de faim et de voiture. Dans ma classe, y a Pascal Di Lorenzi, Joseph Bijoux (R.I.P), Nasser El Mellah. Le mercredi, depuis la rentrée on retrouve Dorothée. L’animatrice, n’est pas nouvelle puisqu’elle animait déjà sur Antenne 2, Récréa2. C’est sur ce programme que j’ai pu découvrir au début des années 80 Albator, Capitaine Flam. Cette fois ci l’animatrice au nez pointu propose un show qui se déroule sur la journée entière. En 1990, mon père qui a cessé de travailler suite à un accident de travail, nous laisse regarder le club Do. Bien sur, on se tape Les Feux De L’Amour et 21 Jumpstreet. Avant de retrouver les déssin animé et sitcom en pagaille… Les émissions défilent et y a quelques moments forts. Le Club Dorothée, c’est bien évidemment Ken Le Survivant, les chevaliers du Zodiac, Le Collège Fou Fou Fou, Dragon Ball Z. Mais la vérité c’est qu’elle nous a mis des disquettes avec son équipe. Sa grosse équipe ! Les Musclés, qui se sont bien foutu de notre gueule avec la Merguez Party et j’en passe. Avec du recul, ils nous ont vraiment pris pour des cons, quoi que je l’étais un peu. Les gags pas de pitié pour les croissants. Dorothée n’étaient pas marrante, Ariane un peu plus conne, et les mecs un peu rincés entre Jacky et sa grosse coupe, qui faisait le ouf (et qui n’en avait rien), Corbier et sa grosse barbe, et leur beau gosse de service, Patrick. Il faisait le cainri, mais n’en était pas un.

Tous les gosses n’attendaient qu’une chose, le générique de la fin. Pour tenir en haleine ses petits (et grands) spectateurs, Dorothée avait compris que mettre le nom en défilé  le jour de leur anniversaire les rendrait fou. Effectivement, ça n’a pas loupé. Ma voisine qui avait pleuré toute l’après midi parce que son nom était apparu le jour de son anniversaire. Quelle victime! En même temps j’écris ça par médisance, moi aussi j’aurais pleuré… Pour ça il suffisait de faire parti du club Do’.

Son émission a pris une telle ampleur, qu’elle invitait même des chanteurs, et faisait leur interview. Dorothée était devenue la mafia du petit écran. CD, VHS et même les pin’s club Do’ se vendaient en millions d’exemplaires. Son producteur Pat Le Guen a fait construire une villa au dessus des studios de la Plaine Saint Senis. Les musclés faisaient les allers retours à la banque déposer le liquide de leurs nombreux tubes sur le compte de Dorothée et AB. Y a eu aussi Benny B, le rappeur belge qui a explosé grâce à l’animatrice, Jacques Martin, et Jean Pierre Foucault. Pendant que NTM sortait de la cave, avec son premier titre « Le Monde De Demain ». Benny B et ses deux acolytes tournaient sur la tête en jouant son tire « Mais vous êtes fous ». (Steuplait Copine et copain lecteur, relève toi tout de suite… ). Dorothée a tenu l’affiche pendant dix ans, et elle a disparu après être devenue l’icône des jeunes. Pour nous, une fois plus grand, Dorothée c’était avant tout celle qui avait fait des films de boules. En réalité, elle avait juste fait une apparition dénudée… Mais tu nous connais, on a tendance à en rajouter. Par contre, véridique, Giant coocoo, le petit renoi du Sit Com Le Miel Et Les Abeilles a fait des films de boules, c’était une star. On a même cramé un pote avec une revue classée X avec Giancoocoo, le choc !

Un dimanche soir, dans un appartement à Saint Ouen.

Nous ( jeunes et ambitieux) : Wesh Doum’s tu faisait quoi ?
Lui (en sueur bizarre) : Rien…Heu… Rien les gars…
Nous (en mode Docteur House) : Tu sues ou quoi, t’as attrapé froid ?
Nous (installés sur le canapé en mode incruste) : Mets Canal Plus y ça Cartoon…
Chère copine et copain lecteur tout allait bien on tapait des barres sur Bip bip et le coyotte quand une scène va nous choquer…
Mon pote Hicham : C’est quoi cette revue ?
Doum’s aka Mamadou en panique de ouf : C’est RIEN !!!!
Hicham : Pourquoi tu l’arraches… Donnes !
Doum’s démasqué (en mode faites entrer l’accusé) : Nan les gars, non !!!
Nous (en mode free fight et arraché de revue) : TRUC DE OUFFFFFFFFFF Nous (choqué…) : C’est quoi cette revue, tu étais en train de faire quoi ??? Encore nous (en mode sadique) : Téma le pire, c’est le pti renoi de Dorothée!! Oh le batard, des scènes de boules !!! Il a le kiki à l’air comme ça ! Doum’s t’étais en train de … sur Giancoucou mais t’es un ouf !!! T’es pas normal !!!

Steuplait copine et copain lecteur, sèches tes larmes, et soit un peu plus tolérant toi aussi t’as du avoir des délires chelou. (Doum’s si tu lis ce blog on te pardonne). SALUT LES MUSCLESBref, dans le club Do’, y a eu aussi la fameuse série, avec les musclés : Salut Les Musclés avec Framboisier, Minet, Eric, Rémy et René. Celui que j’aimais bien c’était  bien sur Bernard Minet, il avait une dégaine disco. Les autres étaient marrants dans leur dégaine mais bon je t’avoue que c’était limite musicalement parlant et  en terme d’humour. Parmi les séries y a eu des dérivés avec les musclés comme La Croisière Foll’amour avec la blonde Hilguegue (prononces Hirgeugeu), genre c’était une meuf extra terrestre. Pour ceux qui y croyaient, je vous rassure… Une fois, mon frère a tiré les cheveux d’Hilguegue sur les champs Elysées, et qu’elle n’avait aucun pouvoir extra terrestre. HILGUEGUELe club Dorothée a disparu du petit écran en 1997. Mais pendant dix piges, elle aura fait rêvé les petits, et aussi les plus grands. Elle a fait beaucoup d’argent, avec ses producteurs avec les nombreux sitcom : Le Miel Et Les Abeilles, Hélène Et Les Garçons. Quoi qu’il en soit, on aura bien rigolé… La vie a fait que René des Musclés et aussi Giant Coocoo nous ont quittés. R.I.P.


BENNY B : On a été les premiers rappeurs commerciaux et les autres ont suivi

22 septembre 2009

En 1989 et 1990, Benny B explosait les ventes de disques et devenait le premier rappeur « commercial » avec ses tubes « Mais vous êtes fous », « Qu’est ce qu’on fait maintenant » et « dis-moi bébé ». En 1992, le B-Boy belge et son groupe disparaissaient du devant de la scène après avoir enflammé les plateaux des émissions « Club Dorothée », « L’école des Fans », « Sacrée soirée ». Aujourd’hui, mec à l’ancienne vous sort de la cave un entretien vérité avec Abdel-Hamid Gharbaoui allias « Benny B ». Le succès, sa vie aujourd’hui, NTM et leur look d’époque.


Présentations
Benny.B, mon vrai nom c’est Abdel-Hamid Gharbaoui, je suis dans le milieu hip hop depuis 1985.

Quel âge as-tu maintenant ?
J’ai quarante ans.

Que fais-tu aujourd’hui ?
Je suis coordinateur à l’aéroport de Bruxelles. Je suis responsable d’une équipe de 40 chauffeurs. Ce n’est pas la même vie que lorsque j’étais dans la musique, j’ai une femme et deux enfants.

Tu as travaillé parce que tu étais obligé ?
Quand la musique a commencé à s’arrêter, j’ai commencé à vivre de mes rentes. Un jour, après avoir eu un train de vie de fou, je me suis levé et je me suis dit que cela ne pouvait pas continuer comme ça. Il fallait que je travaille. Un pote m’a dit que je devais retrouver un travail, où on ne m’ennuie pas. Il m’a parlé d’une place de transporteur d’équipage. J’ai fait ça car c’était un emploi où je pouvais être tranquille. J’ai donc eu ce poste et j’ai évolué. En dix ans, je suis passé de chauffeur à responsable. Je suis aujourd’hui à ce poste et propriétaire d’un immeuble. Tout ça sans l’argent de la musique.

Vous avez vendus combien d’albums ?
On a vendu trois millions de disques, tout confondus.

Et qu’as-tu fais avec cet argent ?
J’en ai profité, j’ai eu un train de vie assez fou. Je sortais avec mes amis tous les jours de la semaine, je rentrais le matin. Et comme j’étais le seul à avoir de l’argent, j’invitais tout mes potes. Je n’ai rien gardé de cet argent. La seule chose que j’ai faite dès que j’ai eu mon premier cachet, c’est d’acheter une maison à mes parents.

Pourquoi vous êtes vous définitivement retirés de la musique en 1993 ?
On ne s’entendait plus au niveau artistique, je voulais amener des sons un peu plus matures et le producteur ne voulait pas. On a eu une grosse discussion avec Daddy, on a décidé de se séparer. J’ai gardé mon nom, Daddy a signé un single avec eux.

La rumeur qui disait que vous étiez mort, comment tu l’as vécu ?
C’était dingue. On ne sait pas d’où est parti cette rumeur, on s’est même dit que ça venait de NTM. Je me souviens qu’on a fait un démenti sur la place du Trocadéro. C’était dingue, je me souviens que les gens écrivaient des lettres par milliers. Nous avions des et des sacs remplis de lettres avec des gens en deuil et d’autres qui avaient écrit pour gagner un concours organisé avec une marque de basket. Ils écrivaient qu’ils étaient désolés que Benny B soit mort mais qu’ils voulaient recevoir la basket. C’était cynique et dingue.

Tu as coupé complètement avec le rap du coup ?
Je n’ai pas voulu revenir comme un rappeur fatigué. J’ai voulu amener d’autres sons plus matures que « vous êtres fous », mais ce qu’on attendait de moi c’était du Benny B. A cette période le rap commençait à émerger commercialement et j’ai évité de trop apparaître et me suis mis en retrait.

BENNY B 3

Ces projets de sons plus matures, c’était quoi ?
J’ai fait un album sous le nom de « Two be one », si tu l’écoutes tu verras que c’est le même styles funk et rap qu’Alliance Ethnik, Mellowman. D’ailleurs les producteurs qui avaient faits mes sons étaient les mêmes que ceux qui avaient fait l’album de Mellowman. Il y a beaucoup de similitudes qui sont parties de Belgique et qui sont arrivées en France.

Tu parles de ton projet Two Be One et il y a eu les 2be3, quand on regarde ça ressemblait à Benny B. Deux blancs, un rebeu…Quelque part quand tu dis qu’il y avait des similitudes, c’est juste que ce sont les mêmes producteurs mais pas du plagiat…
Non, je n’ai pas dit que c’est du plagiat. Mais quand j’arrive en France et qu’on me dit que c’est trop différent de ce que tu faisais, que j’apprends qu’il y a des choses qui sortent et qui sont dans le mêmes style que mes projets, tu te poses des questions.

Votre succès est dû à vos passages au Club Dorothée ?
Le Club Dorothée, c’est une émission comme les autres sauf qu’à la place d’avoir des adultes comme public, tu as des enfants. Et l’impact d’une émission de télévision n’est pas comparable à la publicité, à toute la promotion que tu peux faire. C’est un impact incomparable. Le club Dorothée nous a permis de toucher beaucoup de gens. Pour moi, c’était évident de faire une émission comme le club Dorothée. D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi Dorothée a été critiquée et son émission supprimée.

On t’a reproché d’avoir participé à ces émissions?

J’ai eu pleins de discussions avec des rappeurs notamment Joeystarr au Palace. Et pour moi c’était logique de faire le club Dorothée. Quelque part, ça a fait avancer le hip hop. On était dans le milieu underground du hip hop depuis 1985 et avoir cette visibilité c’était une manière de faire avancer la culture.

Est-ce que tu penses que faire des plateaux de télévision comme ceux avec Jacques Martin qui s’éclate et se mets torse nue, on ne pouvais pas vous prendre au sérieux…
Ce jour là, c’était le summum. On était dans le délire et voir un papy comme Jacques Martin, paix à son âme, qui se déshabille, c’était amusant. Sur le coup tu n’es pas là pour véhiculer une image de méchants ou quoi que ce soit. On est devant le grand public et on fait notre truc. La culture hip hop on la connaît et on s’éclatait que ce soit à l’école des Fans, chez Dorothée ou même dans les soirées hip hop. Ce qu’on a retenu de Benny B, c’est Club Dorothée, Jacques Martin et on a jamais parlé des scènes hip hop qu’on a fait en banlieue et ailleurs.

A l’époque je me souviens que NTM faisait circuler des tracts avec une caricature de toi, recherché mort ou vif etc.
A l’époque 93 NTM nous critiquait. Et j’avais dis dans un canard que NTM avait fait le monde de demain, et demain ils feront le monde d’après demain. De là, on était en froid. Pourtant on s’est vu plusieurs fois avec Joeystarr dans des soirées. On a discuté deux ou trois fois. Et une fois aux Bains-Douches,  je lui disais, qu’il nous critiquait d’être commercial mais je lui disais que lui aussi faisait du rap avec pour objectif de vendre des disques. Il  n’arrivait pas à me répondre. Et maintenant je pense qu’il a compris.

Et du coup vous étiez en froid ?
On s’est parlé deux ou trois fois. Après chacun a fait ses trucs. On se croisait et aujourd’hui je me rends bien compte que toutes ces critiques à notre encontre n’étaient pas justifiées. On a été les premiers rappeurs commerciaux et les autres ont suivi.

Pour toi quelles étaient les critiques injustifiées ?
C’est les gens qui nous critiquaient et qui ne savaient pas la vie qu’on a vécu avant. On a fait du  rap, je peux même admettre qu’on a eu des versions qui n’étaient pas hip hop. Mais entendre que je n’étais pas dans le hip hop, qu’il fallait que j’arrête, c’est quelque chose que je ne souhaite à personne. A un moment je leur disais de se calmer, c’était injustifié.

A l’époque vous aviez beaucoup d’ennemis ?
Non, parfois on rencontrait des jeunes de banlieue qui nous charriaient d’autres qui nous appréciaient. Aujourd’hui avec du recul je n’ai pas eu d’ennuis comme ont eu certains rappeurs. Et quand on se promenait dans les rues ou on sortait, on n’avait pas de gardes du corps ou quoi.

Les gens te reconnaissent aujourd’hui ?
Oui, d’ailleurs ça fait bizarre pour les gens qui me côtoient. J’ai pris du poids mais les gens me reconnaissent, quelque part ça fait plaisir.

Et sur Internet tu regardes ce qu’on dit de vous ?
Je vais rarement sur le net et c’est un ami qui m’a dit d’aller voir ce qu’on dit de nous sur les forums. J’ai découvert ça récemment ce qu’on dit de nous sur tous ces sites.

C’est pas gratifiant  d’être référencé sur des sites comme bides et musiques…
Je sais. Mais je te dirai que l’important aujourd’hui c’est qu’on parle en mal ou en bien de toi, l’important c’est qu’on parle de toi. On a pas eu l’occasion de revenir parler de toutes ces critiques. Je sais très bien que si demain je devais faire un plateau avec tous les anciens du hip hop, il y a des vérités qui tomberaient et je sais très bien que j’en sortirai gagnant. Les sites qui nous réduisent à un succès d’un jour ce n’est pas grave, j’ai un caractère fort, la vie continue.  Il y a plein d’artistes dont on a jamais plus entendu parler comme Kamel d’Alliance Ethnik, Tonton David. On parle toujours de moi.

Tu as des regrets ?
Non, je n’ai pas de regrets. J’ai eu la chance de vivre tout ça. Je suis issu du peuple, je ne suis pas un américain, je ne suis pas un européen, je suis un marocain. Aujourd’hui je fais vivre ma femme mes enfants et c’est grâce à Dieu.

Tu as gardé ta salopette « Barth Simpson » (ndlr il portait cette tenue dans le clip dis moi bébé) ?
Oui, je l’ai toujours. On avait fait cette salopette car la série « les Simpsons » débarquait en Europe et faisait un carton, on a décidé d’en faire notre sponsor, pour nous démarquer et les gens en étaient fadas.

Quelqu’un s’occupait de votre look ?
Non. Perfect, Daddy K et moi nous occupions nous même de notre look. On s’identifiaient beaucoup aux rappeurs américains. A l’époque, en France, les gens de la culture hip hop s’habillaient à la mode de Public Enemy. Je leur disais que ça datait de 1985. Je me souviens que NTM faisait son clip « Le Monde De Demain » avec les fringues de Jean-Paul Gauthier.

entretien réalisé par Rachid Santaki (Janvier 2008)