L’ARAIGNEE…L’ARAIGNEE…

1 décembre 2009

1980. L’année où Lio chante « Banana Split », Daniel Balavoine cartonne avec « Mon Fils, Ma Bataille » et Michel Berger avec « La Groupie Du Pianiste ». Cette même année, je flippe ma race en voyant des extraits de « Shining » avec Jack Nicholson. Le sang qui coule sur le mur. Les coups de hache. Sa tête de ouf. Je me dis que s’il débarque chez moi, mon père le couchera avec une droite. (C’est bon arrêtes de flipper, il est jamais venu avec sa hache et sa tête de ouf ! )

Je suis en primaire à l’école Bachelet et à sept ans je tutoye déjà l’échec scolaire. J’ai redoublé mon CP. Après l’école j’attends dans le hall jusque 19h00 que ma mère rentre de son emploi de caissière au Prisunic. Mon père est manutentionnaire au Dock de Saint Ouen, mais pour le style il nous dit qu’il est brigadier de manutention. Je partage mes délires avec mon frère Hicham qui lui aussi a redoublé. Décidément…

La nuit tombée, je suis comme « une bougie seule qu’on a oublié d’éteindre » : Marrakech, les tajines et les couscous de ma grand-mère et les saveurs du bled me manquent. Les histoires de Aïcha Kandisha me hantent. Ici, c’est Saint Ouen, et les plats de ma daronne sont des conserves d’haricots verts,  des petits pois et du  rôti de gigot.

Du lundi au vendredi mon institutrice madame Padilla nous apprend à lire et à écrire. J’attends avec impatience les grandes vacances et le week end. Tous les samedis matin, mon père m’envoie chercher ses journaux à la librairie qui se trouve à deux pas de chez moi. Le commerce situé sur l’avenue Gabriel Péri est tenu par un couple de personnes âgées.  Nous sommes en novembre et l’hiver s’annonce rude. Il fait froid et je porte ma cagoule rouge. Je pousse la porte qui sonne et rentre et avant de demander au vieux monsieur le Paris Turf, et le Week End. Mes yeux se promènent le long du rayon. Et je m’arrête sur un livre avec un type habillé en bleu et rouge. C’est Spiderman, c’est un héros d’un dessin animé passé sur TF1 ! C’est un mec super chaud ! Le  vieux monsieur me regarde et il me voit bloquer sur le livre. Il va me chercher un tabouret et me propose de m’assoir. Il me tend la bande dessinée et je m’assois après lui avoir demandé : mais vous allez me la faire payer ?

Il sourit et me dit : Mais non petit.

Sa femme vient me dire bonjour et m’offre des bonbons. Je la regarde et je suis dosé. J’ouvre le livre et je tourne les pages.  La vérité, copine et copain lecteur c’est que je ne lis pas bien. Le temps s’arrête, je vis les aventures de l’homme araignée même si je met plusieurs minutes à lire les bulles (rigoles bien, ouais super !). L’araignée a des supers pouvoirs, il tisse des toiles et affronte les méchants. Il se bat contre un super vilain, le bouffon vert. Un espèce de lutin géant avec une tête un peu bizarre, il a un engin volant et envoi des grenades en plein dans la ville. Impressionnant. Les dessins me font rêver. Le couple me regarde et sourit. Puis le monsieur me signale que le temps passe et qu’il faut rentrer.Si il me dit ça, c’est parce qu’il connait mon père.

Je marche sur le trajet. Et je continue à kiffer. Une voiture passe, et je sens tout de suite un danger ! Mon super pouvoir d’araignée m’a averti mais je me suis trompé. Je regarde dans le ciel et me dis que le Bouffon vert peut débarquer pour s’embrouiller. C’est cool d’être Rachid Parker aka Spiderman ! Je marche dans la cour et appui sur l’intérieur de mes poignets mais mon tisseur de toile ne marche pas, heureusement que le vilain n’est pas venu m’affronter. De toute façon je lui aurait envoyer mon père qui l’aurait couché… Il aurait goutté au pouvoir de papa araignée !

Je monte les escaliers deux par deux grâce à mes supers pouvoirs. Je tape super fort à la porte grâce à ma force d’homme araignée. Mon père m’ouvre et me met une gifle. Merde, j’ai plus de super pouvoirs. Il  me dit : Vite mon journal, sinon je vais perdre au tiercé ! Chère copine et copain lecteur, ne t’inquiètes pas, mon père ne gagnera pas le jackpote, et tous les samedis grâce à ça je découvrirai la suite des aventures de l’homme araignée et mes pouvoirs vont se décupler. Les aventures de Spiderman étaient celle de Peter Parker : un enfant elevé par son oncle et sa tante. Peter est un grand timide et un gentil garçon et aussi une grosse victime. Un jour sa vie a changé, il a été piqué par une araignée et tu connais la suite. Son oncle assassiné par un cambrioleur, un peu par la passivité de son neveu. Du coup, il  combat le mal avec ses pouvoirs : une force, de l’agilité et un sens d’araignée. J’ai compris une chose qu’on était tous comme Spiderman : on avait peu d’amis et beaucoup d’ennemis. Sauf que les siens étaient des oufs : Le bouffon Vert, Octopus, Le Rhino, Le Vautour, Le Caïd et même Jameson le patron de Peter Parker…Les années sont passées, et un jour le couple est parti à la retraite et a quitté Saint Ouen. J’en ai versé une larme car ils étaient très sympa et aussi parce que je me doutais que je ne partagerais plus ma lecture sur le tabouret. Un nouveau couple a pris le commerce, et ne me proposait pas de m’assoir. Ils étaient jeunes et là pour débiter. C’est ma tante Suya qui m’achetait les Strange. A l’époque le prix à payer pour s’évader était une pièce de cinq francs (75 centimes). Avec le temps, j’ai découvert que je n’avais rien de Peter Parker, et encore moins de Spider Man. J’ai suivi les aventures du jeune étudiant, et j’aimai beaucoup sa tante May, je rêvais d’avoir une meuf rousse comme Mary Jane, mais surtout pas un patron comme Jameson.  Je sais pas si les activités de Peter m’ont poussé à fonder un magazine, et écrire mais j’aurai au moins ce point commun avec lui.  Après Spiderman, j’ai  découvert que j’étais L’INCROYABLE HULK…Mais ça c’est une autre histoire et tu l’as déjà lu !

Rachid Santaki


X-OR, le shérif de l’espace…

11 novembre 2009

Les séries Sankukaï et Spectroman ont connu un gros succès et leur diffusion a cessé. Récré A2 prend de plus en  plus d’ampleur et c’est Dorothée qui anime avec ses amis. Plus tard, elle trahira la chaîne pour briller sur TF1 avec le club Do’ mais ça copine et copain lecteurs c’est une autre histoire.

X OR EN MODE CHAUD1983. L’année de mes dix piges,  l’époque aussi où Madonna cartonne avec Holiday, David Bowie  met tout le monde d’accord avec Let’s Dance et que Michael va bouleverser la musique avec Thriller.  Sur le grand écran, Belmondo pète les scores avec “Le Marginal” et “Le Retour Du Jedi” attire les foules. Je vis à Saint Ouen (93), l’école Bachelet, la boulangerie et le marchand de journaux sont mes repères. Je lis les revues Strange avec les épisodes d’Iron Man, Spiderman et Dardevil dans la librairie. On n’a pas de loisir, si ce n’est que jouer de temps en temps dans la cours, et parfois le centre de loisir.  A la maison, on est gamin et on ne voit pas les tensions entre nos parents. Mercredi après midi : mon frère et moi sommes en train de nous taper pour le dernier morceau de sucre (Il veut m’empêcher de préparer mon goutter préféré le pain « beurre cacao sucre » (une version discount du Nutella). Chère copine et copain lecteur, toi aussi t’as surement connu ça…

En pleine baston de chiffons, alors que le dessin animé qui fout le cafard Watoo watoo s’achève, un générique nous interpelle, et le chanteur nous met dans l’ambiance direct !

…X-Or, le shérif, shérif de l’espace !
…X-Or, son domaine, c’est notre galaxie !

Après avoir fait la paix entre refrés, on se cale illico dans le canapé et on regarde le générique : un mec en métal qui claque, un 4×4 rouge qui slalome entre des explosions, et de la vraie tape ! Le mec en cuir marron, un  rebeu-chinois avec des gros cheveux fait comme nous il se roule dans la terre et fait des sauts de karaté. Sa meuf, une chinoise en mini jupe avec un casque de l’an 2000 nous fait kiffer ! Son vaisseau apparaît avec un dragon en métal qui se détache et envoi des rayons lasers. Une tuerie. Ça va être chaud  ! me dit mon refré heureusement qu’on a fait la paix (ce qu’il ne sait pas c’est que je vais lui casser la figure dès la fin de cette série !)

XOR ET SA MOTO

La cerise de la série c’est sa bécane rouge, on a jamais vu ça et là c’est pas un dessin animé genre Albator, Capitaine Flam etc. X-Or c’est pour de la vraie ! Je m’imagine déjà à mes dix huit printemps aller au travail avec cette moto de l’an 2000, et aller chercher mes gosses et ma femme avec.

La série débute et une équipe de gamins jouent au foot. Un vieux monsieur prend le journal. On découvre alors qu’en Chine les mecs sont déjà dans l’espace alors qu’à Saint-Ouen nous marchons avec les basket du ché-mar. Après que le gars  finit de lire le journal à un des gamins, on découvre le fief des C-rex et leur chef une statue avec un visage au niveau du torse (juste au cas où tu ne sais pas à quoi ressembles un C-rex, c’est un mec avec une tête de mouche avec du rouge, et qui porte un bomber’s). Les C-rex habitent super loin de la terre, mais ils bougent en vaisseaux spatiaux. C’est vite fait pour rejoindre notre planète. Les méchants débarquent direct et détruisent la station spatiale… Mon frère et moi sommes dégouttés… Ils détruisent la station  spatiale ainsi que la Chine. D’ailleurs tout ce que disent les victimes  de leur attaque, c’est :  Mais qu’est ce que ça peut être ??

Mon frère et moi on crient devant la télé : sauvez vous ce sont les silex !!!
(Attends arrête de golri, la phonétique de C-Rex faut avoir fait 5 ans d’anglais ou être un cainri)

GordonAlors que mon frère est en panique pour les habitants de la terre, le rebeu chinois du générique (en fait c’est lui X-Or mais on le sait pas) dans un ensemble moulant blanc comme celui de mon Big Jim, qui conduit un vaisseau spatial de ouf, reçoit un message. Il doit aller défendre la terre. Le mec  super chaud débarque avec la C.T.E (La Cabine De Transfert de L’espace). En quelques coups de manettes, il réduit à néant les méchants. Le vaisseau a le laserotor, un laser qui peut te toucher même si t’arrives au dessus du vaisseau d’X-Or, je sais pas si tu vois le délire ? En gros tu peux pas couiller X-Or… Et crois moi que les C-Rex avec leur tête de mouche bizarre et leur Bomber’s ne font pas long feu, les derniers s’échappent comme des lâches. Tu l’as peut être  pas compris, et c’est que t’as pas écouté la chanson, X-Or c’est un shérif de l’espace. Il est membre de l’union des polices inter galactiques, en gros on kiffe sur un flic, un keuf quoi !

BimyAlors qu’il vient de détruire et balancez aux C-Rex qui sont déjà morts -  Quand vous voudrez ! Y a la meuf d’X-or qui débarque : Bimmy. Truc de ouf… Elle part sans l’autorisation du docteur Com. En gros, Bimmy est une fugueuse. Et elle fait une phase de ouf, laserovision et se transforme en perruche ! Malgré le fait qu’X-or lui dit qu’il va sur la terre, elle veut le suivre pour aussi se taper. Franchement, Jamel n’a rien inventer avec Kadera, puisqu’en 83 y a eu Bimmy. Sauf qu’elle portait pas de Lacoste. Bimmy fuguera vraiment de la série, et réapparaitra vers les derniers épisodes. Mon frère me demandait souvent le mercredi soir dans la chambre, avec une voix désespérée, tu crois qu’elle reviendra Bimmy ?

On apprend par la voix off (tu sais c’est le mec qui aime raconter sa vie pendant la série) que la mère et le père d’X-Or viennent de la planète des oiseaux. Plus tard, j’ai appris que les scénaristes de la série nous ont menti, il n’y a jamais eu de planète des oiseaux, et encore moins de base spatiale ! C’était une banane spatiale ! Dire qu’Amstrong a peut être fait la même avec des millions de téléspectateurs… E t qu’il n’a jamais marché sur la lune !

Bref, X-Or est donc un mec qui défend la terre, et le moment le plus fort de la série pour nous les mecs, c’est bien sur la transmutation. En un centième de seconde, il prend la forme d’un robot. Pour ceux qui n’ont pas suivi la série, X-Or fait un mouvement qui appelle son vaisseau spatiale et qui lui envoi par ondes magnétiques son scaphandre de combat. Quand t’as dix ans, tu peux te faire carna facilement. Et j’aimerai que les producteurs de la série, répondent à plusieurs de mes questions ! Pourquoi X-Or tenait un néon et vous nous avez fait croire que c’était un laserolame ? Pourquoi X-Or n’a jamais été aux toilettes en plus de cinquante épisodes ? Pourquoi on ne voit jamais son vaisseau spatiale s’arrêter à une station essence ? Pourquoi vous avez laissé le fondateur de robocop vous pomper l’armure à X-Or ?

X-or va débarquer sur terre, et s’appellera Gordan. Il travaille dans un ranch et en même temps de protéger les habitants de la terre, il cherche son daron. Le truc qu’on a kiffé au delà de sa voiture, et ses nombreux accessoires de dingue, c’est qu’Xor aimait les enfants et les défendaient. Et c’est ce qu’on kiffait avec lui. Bien sur, le fait qu’il était quelqu’un de bien c’était cool, mais on voulait avant tout de la violence, de la bagarre. Et X-Or nous en donne. Y a cet épisode où les C-Rex décident de le canner, mais ce mec était trop speed. A chaque fin d’épisode, il était dans un monde parallèle a se taper et à découper au laserosabre le boss des C-rex. Le laserosabre est une arme de dingue, mais en réalité les mecs ont juste utilisé un néon, le même qui éclairait la cuisine de chez moi. super !

Plus tard, j’ai appris que l’acteur n’était pas un rebeu chinois, mais un japonais et qu’il s’appelait Kenji Ohba. Il a participé à sankukaï, c’est lui qui assurait les cascades de Starros (le personnage habillé en rouge), d’ailleurs après X-Or  il a jouén dans des téléfilms, et même  des films. On a pu le voir dans le Kill Bill. Aujourd’hui, il dirige la Japan Action Club une école de cascade au Japon.

La série va nous faire rêver, et bien entendu les C-rex vont se faire mettre à l’amende au bout d’une quarantaine d’épisodes. Après X-Or, y a une autre version plus hype Sharivan, un cousin à lui en plus pimpant et rouge, mais on a décroché. L’année d’après les Bioman et compagnie ont débarqué mais rien ne valait X-or et ça les vrais te le diront.

PS : Si t’as bien aimé cet article, je te demanderai de faire tourner l’adresse de mon blog à dix personnes autour de toi, en contrepartie je t’offrirai un goutter beurre sucre cacao (le blog n’a pas de budget désolé).

Bande Son :

Billie Jean – Michael Jackson
Dès Que Le Vent Soufflera – Renaud
Holiday – Madonna
Eye Of The Tiger – Survivor


Salut, les frères et les soeurs !

3 novembre 2009

Tout les jeunes connaissent Rohff, Booba ou encore Diam’s, mais peu d’entre eux savent qu’un mec habillé en collants, coiffé d’une casquette de travers et des lunettes de ouf, aux commandes d’une émission sur TF1 a permis à des millions de français de découvrir le smurf et la culture hip hop. Plus tard, le rap en a profité…Mais ça (presque) personne ne le dit…

Sidney - Let's Break - 19841984. A cette époque, y a pas de rap français mise à part Phil Barney (C’est le premier rappeur, véridique !). Le public écoute Jeanne Mas avec sa « Toute Première Fois », Jean Jacques Goldmann vends du disque avec « Envole Moi ». Les seuls sons américains que les grands écoutent sont bien évidemment ceux de Michael ou encore les classiques Chic, Boney M ou Kool And The Gang. Pour moi, c’est l’époque de la primaire avec Monsieur Boudy et sa moustache. Dans ma chambre, j’ai un mange disque orange (tu te souviens ?), et j’y mets les 45 tours de ma mère. Le problème c’est qu’Hervé Villard, Sylvie Vartan, Stone et Charden c’est pas très hype… Parmi mes autres activités, y a bien sur la télévision, mais à cette époque on a que trois chaînes.

Les grands rendez vous du petit écran sont les séries américaines, car on se reconnaît à travers Arnold et Willy ou encore Starsky & Hucth : les keufs avaient l’air sympa à cette époque ainsi que les poukaves (Huggy les bons tuyaux) Nous sommes dimanche, en début d’après midi, et y a une nouvelle émission : H.I.P H.O.P. Mon père vient de revenir du PMU, il n’a pas encore décroché le pactole et n’est donc pas rentré définitivement au bled. Mon daron kiffe la funk, et regarde  avec curiosité cet animateur en mode colonie de vacances, qui nous ambiance. Un certain Sidney. Le programme présente des performances de Danse, graffiti et diffuse du son venu des USA. Le fameux Sidney, un renoi tout mince a un coté funkie, avec des tenues excentriques, une casquette à l’envers, des collants et des sapes assez colorées. Son slogan nous met dedans : Salut, les frères et sœurs ! L’émission se déroule en trois partie, un invité, la leçon et le défi ! Pour la leçon Sidney fait le rappeur et nous explique comment faire un mouvement. ensuite le moment le plus chaud du programme, le défi. Tous les gamins d’une dizaine d’années sont autour du plateau et tapent des mouvements, rien qu’il contrôlent le courant, les mecs sont de véritables robots ! Sidney continue à faire le MC, et nous on kiffe tellement qu’on tape aussi des mains. On est ses frères ! Il appele le jury qui désigne le gagnant du défi. Et il nous fait son rap de ouf :  Attention on tape des mains du soir au matin sur TF1  ! Les mecs réalisent le défi sur la leçon du jour, avec un dossard à leur nom. Après un passage chacun, le jury donne sa décision. Et le gagnant reçoit un cadeau, et le perdant un vinyl. Mon frère et moi, sommes chauds, incapables de tourner sur la tête, on se contente de faire le courant. Imagines que ton corps est traversé par de l’électricité et tu fais une vague avec tes bras et tes jambes, je sais copine et copain lecteur, tu kiffes, mais STP calmes toi nous ne sommes plus en 1984, et je pense pas que t’as dix ans ! Les mecs chauds comme William Pendant tourneront sur la tête et feront même des pompes sur un doigt, véridique ! Ma pote Linda, grâce à cette émission découvrira pour la première fois Madonna. C’est sur le plateau de l’émission que la chanteuse a fait l’une de ses première apparitions en France, et c’est Linda qui me l’a dit et prouvé avec une vidéo d’archives. Elle a interprété « Holidays ». Bien sur Linda a été déçu en voyant que Madonna n’était pas une renoi. Les darronnes encourageaint dérrière l’écran leur fils qui passait pour le défi, je pense bien sur à Mohamed, et Sidney qui prononçait Mohamad, genre il était cainri, alors qu’il avait pas d’accent. Pas grave, il nous a fait rêvé et tout le monde pensait que c’était un mec taha les states alors que c’était un mec des Antilles.

AFRIKAA BAMBATTAAAutour de l’animateur d’autres jeunes s’agitent, plus tard j’apprendrai qu’il y avait beaucoup de gens de Saint Denis et quelques références du rap : Joeystarr, Stomy ou encore pour les adeptes de danse, Franck De Louise. Swen qui a assisté à l’enregistrement de l’émission me racontera que sur le plateau, il y avait Futura 2000, un graffiti-artist new yorkais. Mon pote piqué par la culture hip hop au point qu’il défoncera des trains avec son crew, et se fera un nom : 93 MC (93 MAFIA CREW) fusionnera et contribuera au buzz des 93NTM. Y aura cet épisode où lui et toute sa bande passeront toute la nuit au dépôt de la ligne 13 à marquer leurs blase et celui du crew à la bombe sur les trente rames de la ligne  treize ! Une addition de 5 millions et demi de francs. S’il s’était fait péter ce jour là… La punition aurait été sévère, mais il a pensé d’abord à la colère de son père, que celle des gars de la RATP. Le premier enregistrement a eu lieu à La Courneuve. La jeunesse des communes des alentours est présente sur le plateau. Les membres de PCB (Paris City Breakeurs) qui feront office de jury et de démonstration pour la leçon mais aussi d’autres invités comme Afrika Bambaataa, Herbie Hancock interviendront pour des playback. Si à la maison, après le gigot d’agneau de ma daronne on danse en faisant le courant électrique, et qu’on descend refaire le truc avec les familles Habert, fournier. Ce qu’il se passe en bas de chez moi, s’est sûrement passé en bas de chez toi et le hip hop s’est répandu dans les cours d’école et dans toute la France. Les plus chauds tournent sur la tête, et d’autres portent un gant blanc, comme celui des schtroumfs. La banlieue se retrouve à travers ce coté funkie du présentateur. La culture hip hop déferle partout. Les crews se forment, et c’est l’effervescence. Le message social de la culture hip hop va prendre une ampleur sans précédent, même la soi disant Tektonik et le rock ne rivaliseront pas. Au bout d’un an, on ne retrouvera plus le rendez vous avec Sidney,  le programme devenu trop rock perd son originalité. L’émission  disparaît mais aura permis quelque part de toucher tous les jeunes de banlieues et d’installer en France, cette culture urbaine. On a beaucoup parlé d’Harry Roselmack sur TF1 mais Sidney aura été le premier présentateur noir a animer une émission, un dimanche en plus !

SidneyPlus tard, j’ai eu l’occasion de rencontrer Sidney, il était professionnel, et a tenté de revenir avec le hip hop mais ça n’a jamais abouti. Cette émission a été mon premier contact avec cette culture, quatorze ans plus tard je découvrirai « Faire kiffer les anges » de Jean Pierre Thorn.. Depuis le courant électrique avec mon refré les années ont défilés, et je suis resté branché. Des gamins qui ont assisté à cette émission ont contribué à cette culture, je pense bien sur à Joeystarr, ou encore à mon pote Swen, y a aussi les pionniers comme Scalp, Franck des PCB, Gabin des Aktuel Force et bien d’autres. Le hip hop est bien plus qu’une culture : une révolution culturelle, il suffit de voir l’influence qu’elle a sur notre société pour se rendre compte que c’est l’art d’aujourd’hui et celui de demain comme le disait les NTM.

Rachid Santaki


COBRA

25 octobre 2009

1985.  L’année de la générosité ; Coluche lance les restos du cœur, et Michael Jackson nous fait pleurer sur We Are The World, chanson où il réunit les plus grands artistes internationaux de la musique.  C’est la musique anglo-saxonne qui domine les ondes : The Cure, A-Ha… Cette année là, ma mère kiffe Daniel Balavoine et sa chanson l’Aziza. Y a pas à dire, c’était un mec bien ce chanteur. Au cinéma, c’est Retour Vers Le Futur avec Marty Mc Fly et Doc.

cobra 1

Mais l’un des événements majeurs de cette année 1985, c’est bien sur un nouveau dessin animé, un blondinet qui dissimule un rayon laser dans son bras. Un certain Cobra.

Je suis âgé de douze ans, et élève au collège Jean Jaurès en cinquième avec Pascal Dareau, Laetitia Fournier, Stéphane Marc, karim Kelfaoui, les belles Evelyne et Linda. Mes matières préférées sont les arts plastiques, parce que j’aime dessiner, et l’EMT avec ce prof sympa, Monsieur Molk. Avec lui, on apprend à relier, et la vérité c’est qu’il a une sacrée moustache. Après l’école, c’est la maison, et malgré les conflits familiaux à la maison, avec mes frères, nous continuons de rêver du bled, de jouets par milliers, et surtout de nouveaux dessins animés.

Ce jour là, alors que nous sommes en fin d’après midi je rentre dans notre résidence à Saint Ouen. L’hiver est là, c’est le début de l’année et en enfant seul, je regarde le programme jeunesse. Un générique débute : Venu de Nulle part, c’est Cobra/Plus vif que le serpent, c’est Cobra/Personne ne l’aperçoit, c’est Cobra/Mais il est toujours là, c’est Cobra… Faut savoir que la voix du générique, est celle d’Antoine De Caunes, et que sa mère est alors directrice des programmes jeunesse d’Antenne 2. On a beau dire, mais fils de…ça date pas de l’affaire Jean Sarkozy… (Excuses-moi Antoines je sais que c’était que les génériques, ce n’est pas l’EPAD). Enfin en même temps moi aussi mon père me pistonnera plus tard pour faire de la manutention… Finalement on est tous « fils de… » Et c’est intéressant selon le milieu social. Tu connais la chanson d’Iam, nés sous la même étoile.

cobra 4Dans le générique, je vois la silhouette d’un mec balaise avec à la place du bras gauche, un canon laser. En plein générique, alors que je suis assis dans le canapé, le type défouraille direct ! L’épisode commence. Le mec qui vit dans le futur, les années 2000 (Je pense que toi aussi tu pensais que ce serait comme ça en 2000… Et oui, on s’est fait carna). Johnson, un smicard de l’espace est réveillé par son robot, alors qu’on est dimanche. Du coup, après avoir pris un café, le jeune homme se demande ce qu’il va faire aujourd’hui. Il se paye un ticket pour la maison des rêves, et il s’évade en devenant un pirate de l’espace, cobra. En réalité, Johnson ne fait que se souvenir qui il est, cobra. Il revoit sa vie passée, avec son lot de bastons, de trésor et de meufs. Un peu grande gueule, Johnson, emballé par cette expérience et son rêve se vante au casino d’être le fameux cobra, un pirate de l’espace. Après avoir remporté un paquet de fric, le patron du casino le convoque. De là, il se fait embrouiller par les videurs qui cherchent à le tuer, alors que les deux molosses sont sur le point de l’achever, le type découvre qu’il a une arme fatale dans son bras gauche, et leur fais un trou. Impressionnant ! C’est en panique qu’il se sauve chez lui. Mais le patron du Casino qui a découvert que c’est Cobra et qui le cherche depuis cinq ans décide de le tuer. Au final, Cobra l’abat et sous son robot domestique, se cache Armanoïde, une meuf en métal, et fidèle compagne d’arme.

EQUIPE RUGBALLJohnson qui se plaignait de sa routine, réalise que sa vie était plus qu’agitée auparavant. Il reprend la route de l’espace, (ce qui me parait chelou et peu crédible avec du recul, c’est que le type quitte sa vie, et ne pense même pas à faire le nécessaire pour toucher les Assedics) Si les premiers épisodes sont soft, la suite va me mettre en haleine. Cobra au delà d’être un dessin animé moderne, pour l’époque, fait sortir notre coté dalleux. Cobra, est un sadique, au même titre que Nicky Larson. Et du coup, nous aussi. Je me souviens que Marc, un de mes camarades de classe, n’en pouvait plus sur Jane, et Domnique. Un autre de mes potes sortir qu’avec des blondes. Quand à moi, je suis retourné le lendemain au collège, en me disant que j’avais perdu la mémoire et que j’étais moi aussi un pirate de l’espace. La vérité, j’étais juste un galérien de l’espace, mais à défaut d’avoir Dominique j’avais Evelyne, et Linda. Bon c’est vrai elles ne me calculaient pas, mais c’est une autre histoire. (ça te fait rire ? je vais te filer une paire de lunette Plasma, des Americana, et des gros cheveux, tu feras moins le malin !)

Quartier du vieux Saint Ouen
Moi (en mode Rox et Rouky) : Hey les gars…C’est où l’Ile des Vannes ?
Eux (en mode pirates de l’espace) : Prêtes-moi ta veste de challenger…
Moi (en mode Cobra) : Ecoutez les gars, ne me cherchez pas…
Eux (en mode Connards mort de rire) : Ah ouais…Tu vas faire quoi Yves Mourousi (Yves Mourousi portaient lui aussi des lunettes marrantes)
Moi (essayant de retirer mon bras gauche) : Rayon Deltaaaaaaaaaa !!!!
Eux (en mode warriors la partie commence) : Tous sur Yves Mourousi !!!!
Moi (en pleur, et en sang) : Merde…Mon rayon Delta ne marche pas.

Tu l’auras compris, chère copine et copain lecteur, ne confonds pas la fiction et la réalité. Le problème c’est qu’à l’époque, après les dessins animés, on ne précisait pas : « Toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existés ne saurait être que fortuite »

ARMANOIDECobra, m’a fait kiffer, car il avait de l’humour, et surtout que c’était un mec humble, et un chaud. Un vrai héros, presque comme moi à l’époque. Tous les aficionados du mec le plus chaud de l’espace te le diront, les épisodes les plus fous étaient bien entendu ceux avec la compétition de Rugball. Un sport violent entre le baseball, et le football américain avec aucune règle, puisque tous les coups sont permis. Parmi les membres de l’équipe, un grand nombre d’entre eux resteront sur le carreau. Je tiens à souligner qu’y avait des têtes qui faisaient flipper… Y a eu bien sur les épisodes de ouf comme l’homme de verre, et aussi Salamandar. D’ailleurs, Cobra ira retrouver deux de ses potos super chauds pour affronter ce redoutable ennemi. La série s’est terminée après m’avoir fait kiffer, bon bien sur à la fin de l’année j’aurai bien voulu avoir un canon laser, quand au conseil de classe, on a décidé de me faire redoubler. Mais ça c’est une autre histoire.

Plus tard, j’apprendrai que le dessinateur fan de Jean Paul Belmondo s’est inspiré de lui pour les traits du personnage Cobra, et de Jane Fonda pour les sœurs Jane, et Dominique (je ne me rappelle plus du blase de la troisième)… Ah si ! …Catherine. Il y a eu un film aussi. Mais je me suis arrêté au dessin animé.

Rachid Santaki

Bande son de l’article :
Prince « Purple Rain »
Samantha Fox « Touch Me »
Michael Jackson, Lionel Richie «We Are The World»
Rockwell «Somebody’s Watchin me»
Renaud «Mistral Gagnant»


C’est à moi qu’tu parles ?!!

18 octobre 2009

Juin 1995. Jacques Chirac est de nouveau président, et les Guignols le taille avec son histoire de pomme. Kamel d’Alliance Ethnik et Crazy B font danser la France des quartiers avec les morceaux “Respect”, “Simple et Funky”. Et je vis toujours à Saint Ouen, avec le seul frère qu’il me reste, Hicham mon autre frangin nous a quitté depuis quatre années.

LA HAINE 1Youpi l’école est finie. Et j’attends les résultats des examens BAC Pro comptabilité. La vérité,  copine et copain lecteurs, c’est que je n’ai jamais ouvert un cahier, alors je n’espère pas que le BAC m’ouvre ses bras. Je n’attends qu’une chose, me barrer à Marrakech, retrouver la famille, les sorties et le soleil. Le week-end, je travaille au Ritz. Et la semaine aussi. Là-bas, j’ai fais connaissance d’un type comme moi, comme toi. Mohamed A. Il deviendra mon ami, on se tape quelques sorties comme Le Fun Raï, des virées sur Paris et on se raconte nos vies. Lui, à Noisy, et moi à Saint Ouen. Notre quotidien se résume à la musique, la famille, les barres de rire (même si on n’est pas marrant) et les cicatrices.

Dans la Renault 18 GTX du daron que je conduis, l’album « Get Up On It » de Keith Sweat tourne en boucle. Et ma meuf de l’époque, Malika, occupe mes pensées, et me fait tomber d’encore plus bas, vu que je suis déjà bien bas, t’inquiètes je peux en parler car j’ai déjà mal au dos. Y a aussi une vérité, l’échec scolaire qui me pend au nez, et  mes rêves d’avancer sont bloqués au péage de la réalité.

la haine 2Alors qu’on est au taff, Mohamed me parle d’un film : La Haine. Hier soir, il est parti le voir au ciné, et m’a raconté que le film l’a scotché. A la fin, un silence de mort. Normal, il me dit que Vinz s’est fait tué, et le public s’est levé puis a applaudi pendnat quelques minutes. Il m’a dit avoir été touché par la tranche de vie,de ces trois gars de té-ci. Malika aussi, m’a raconté le film. Elle a kiffé. La Haine m’intrigue, les jours passent et nous sommes arrivés au Jour J. Les résultats du BAC sont affiché à Louise Michel, un lycée professionnel d’Epinay sur Seine. Pas de BAC pour Mehdi, moi et pas mal d’autres de mes camarades de classe. Mon pote m’a téléphoné pour me l’annoncer, car la vérité, l’école c’est définitivement fini. L’année prochaine je n’irai plus étudier, je rentrerai dans la vie active. Je ferai ce qu’y a : manutentionnaire comme mon père, ou chauffeur livreur.

Quelques semaines plus tard, je pars avec mon frère à Marrakech. Avec Mohamed on devait se retrouver, mais la vie en a fait autrement. Et il disparaitra, emporté par les éboulements de la vallée d’Ourika. Un été où on s’est éclaté,  avec Shaddok, Mounir et les têtes de Stains, mais qui finira par ce triste événement. Quand je suis rentré de ces vacances particulières, j’ai regardé La Haine, en pensant à lui, sa famille. L’histoire est simple, une fresque de trois mecs. Hubert, Vinz, et Saïd. Des mecs comme toi, comme moi, comme nous. Des mecs qui galèrent, qui mythonnent (du verbe mythonner) comme tous les jeunes de notre époque. Vinz me fait marrer avec sa phase devant le miroir, du mec chaud : C’est à moi que tu parles !!! T’as du faire la même, juste après le film, devant ta glace, hein ?

La Haine m’a touché. C’est le premier film sur la galère. Pendant tous le film, les mecs s’ennuient. Un terme familier, l’ennui, la galère. Une chose qu’on a tous vécu, jeune et peut être moins jeune. Pas de tunes, pas de meufs, pas de coupes. Oui, ça t’as aussi parlé quand Said se fait niquer ses cheveux (C’est la première fois que je voyais une coupe victime d’une tournante). On habite dans un quartier, et la seule chose qui nous tient c’est l’ennui. Alors on essai de le tuer. Un peu ce que font nos trois personnages. Y a ces interludes qui raisonnent dans nos têtes. Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien… La haine, c’est aussi le premier film hip hop. De la scène culte avec Cut Killer qui scratche en plein milieu de la cité –ASSASSIN DE LA POLICE – A ces gars qui font du break dans le hall de l’immeuble. Et Solo, alors encore membre du groupe Assassin qui se fait recaler en boite, et revient tirer sur les portiers. Un classique des caillera qui se font remballer l’accès en boite, et qui reviennent fumer les videurs. Si t’as fréquenté le Fun Raï, le Niagara et autres genres de boites tu connais…

Au-delà du film en lui-même, son coté hip hop à La Haine, c’est bien sur la bande originale du film, avec Sté, Iam, Ministère Amer. Le plus cramé dans les cités sera celui d’Expression Direkt, les rappeurs du 7.8, avec le fameux titre « dealer pour survivre ». Certains de ceux qui dealent du 7.8, l’adopteront comme hymne, et le feront tourner au bled sur la cote d’Agadir dans leur Golf cabriolet, et leurs sapes avec le fameux croco. C’est avec eux, que ça dégénérera en boite, avec les potos sous défonce. Le 93 VS le 78, au Beach Club cette année là sera aussi un des matchs de l’été.

la haine 4La Haine, j’ai du le regarder une bonne dizaine de fois. Lors de mes insomnies à des heures pas possibles, et je me retrouvais avec les trois personnages principaux à galérer. T’as du kiffer avec la scène du Skinhead, et comment le type s’est chié dessus. Une revanche sur ce sentiment d’impuissance. On s’est forcément reconnu, parce que combien de fois avec mes potes nous sommes rentrés à pieds ? Combien de fois avec les meufs on nous a mis des râteaux parce qu’on était des « énervés » ? Et combien de fois on a écouté un p’ti nous raconter que de la merde ? Y a bien sur la mort dans ce film celle de Abdel Ichaha, et de Vinz, tous deux sont partis suite à une bavure policière. Cela te rappelle surement ce sentiment, une annonce, celle du départ d’un être cher ou que tu connais bien. Et un silence, celui de la peine, de la douleur. La haine, ça t’as parlé, nous a parlé, ça leur a parlé parce que pour une fois il pouvait comprendre les maux des mecs de quartiers, et quelque part le ressentir. Parait que Juppé, alors premier ministre à l’époque a organisé une projection aux membres du ministère de l’intérieur, qui se seraient tournés en signe de protestation sur ce que soulevait le film : Les dérapages de la police. La Haine a remporté des prix, celui du meilleur montage, meilleur producteur, meilleur film.

la haine 5Plus tard, j’ai rencontré les gens du film. Said Taghmaoui, pour le mettre en invité dans 5styles, le mec connaissait mes potes de Wrung. Et la vérité c’est que je me demande comment un mec comme Kassovitz a pu réaliser ce film ? Il avait voulu qu’NTM soit sur la bande son, et avait soumis l’idée à Joeystarr de prendre les bandes  d’un de leur titre chez Epic. La moitié d’NTM l’a remballé, véridique, Didier Morville nous l’a dit. Kassovitz, je l’ai même rencontré dans le cadre de mon travail, pour faire son interview, et il avait cette image d’un type déconnecté. Quoi qu’il en soit, La Haine, restera un classique du cinéma, malgré les critiques, et certaines réalités. Une mention spéciale à Saïd, et Vinz. Et aussi à Hubert qu’on a du coup moins revu, mais qu’on entend toujours – Le plus dur c’est pas la chute mais l’atterrissage – Je finirai par ce que j’ai dis dans mon livre, (ndla La Petite Cité Dans La Prairie) Hubert, – Le plus dur ce n’est pas l’atterrissage, mais le décollage… Parce qu’avant de chuter faut peut être atteindre le sommet.

Quatorze ans après,  La Haine est toujours d’actualité, et il suffit de penser aux événements de Clichy Sous Bois, Villiers-Le-Bel et tous ceux étouffés par les forces de l’ordre. Probable qu’après cet article je serai comme Booba en lecture à la Fnac et chez les R.G.

Une pensée pour Mohamed A et sa famille.

Rachid Santaki

Bande son de l’article :

  • Get Up On It – Keith Sweat
  • Dealer Pour Survivre – Expression Direkt
  • La fièvre – NTM
  • C’est La Même Histoire – Ste Stausz
  • Believe In Love – Teddy Pendergrass
  • Je ne suis pas à plaindre – Akhenaton
  • Tout n’est pas si facile – NTM

CAPITAINE FLAM

12 octobre 2009

captainflam 11981. François Mitterrand devient le 21eme président de la république, et tiendra les commandes de la France jusque 1995. Le Choix Des Armes sort au cinéma. Depardieu y joue le rôle de Mickey une caillera au grand cœur, face à “Monsieur “Yves Montand. Quelques scènes du film se déroulent à la cité des 4000 à la Courneuve.  Depuis trois ans je suis revenu du bled, et je vis à Saint Ouen,(93) dans l’allée Bachelet. Cette année là, je suis un petit écolier qui vient de redoubler le Cours Primaire, et souvent j’suis seul, ce n’est pas pour rien qu’Oxmo Puccino chantera “l’enfant seul, je sais que c’est toi”. Mon frère cadet Hicham, est en maternelle, il vient de revenir du bled. Ma mère est caissière au Prisunic, mon daron responsable de manutention sur les docks de Saint Ouen. Je découvre la télévision, le tube cathodique, celle avec les trois chaînes et les aventures d’un capitaine pas comme les autres : Le capitaine Flam.

Le mercredi, est la  journée la plus redoutée par ma mère. Obligée de travailler, et personne pour nous garder, on ne loupait jamais de faire un truc de dingue. Comme cette fois où avec mon frère on a  ouvert la fenêtre et vidé toute l’armoire de mes parents pour les jeter par la fenêtre. Une voisine est partie chercher ma mère au Prisunic. Le seul truc qui nous tient c’est la télévision. Elle nous calme, nous captive. Et le mercredi la première chaine diffuse un programme : les visiteurs du mercredi, une émission de jeunesse présentée par Christophe Izard, le gentil type à la calvitie. Ce programme  fait taffer Garcimore. Un magicien qui rigole chelou, avec un accent proche de celui de Linda de Souza.

capitaine_flam2Quatre heures de programme, et surtout un dessin animé diffusé à 15h00. Le Capitaine Flam. Une voix off : « Au fin fond de l’univers, à des années et des années lumière de la terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle, quand il n’est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : le capitaine Flam » Je te rassure copine et copain lecteur, si t’as un découvert à la banque, que t’as mis une banane à une tête, que t’en a marre de ton patron, laisse le capitaine flam tranquille ! Lui, ne se déplace que pour les grosses affaires, avec sa grosse équipe. Le générique commence. Une instru un peu fanfare, et des paroles qui positionnent notre héros : « Capitaine Flam tu n’es pas de notre galaxie mais du fond de la nuit, d’aussi loin que l’infini tu descends jusqu’ici pour sauver tous les hommes ». Un générique de ouf, mais pire, son équipe. Le capitaine Flam c’est la grande classe, et ses acolytes, de vrais chauds. Pour nous Flam venait de l’an 2000. En 1980, on attendait de voir ces vaisseaux etc. Les années sont passés, on roule toujours en voiture, y a jamais eu de vaisseau… Quelle banane…


capitaine flam 3


Le Cyberlabe, c’est le vaisseau du Captaine Flam. Sur sa pièce d’identité, son blase c’est Curtis Newton. Ses parents sont morts, suite à une attaque sur une station spatiale, c’est ce que dit la voix off. Le Capitaine Flam a donc  un quelque chose de Rémy sans famille, mais s’il n’a pas choisi pas sa famille, il l’a construite. Il a grandi avec deux humanoïdes Grag et Mala, et une tête : Le professeur Simon. Un pote au daron du capitaine Flam, qui a fait transférer son cerveau dans un boîtier métallique. Ce type, si je l’avais fréquenté, je n’aurai jamais redoublé ni le CP, et encore moins la 5eme. Et il m’aurait conseillé quand la conseillère d’éducation a tenté de m’envoyer en BEP Chaussure. Bref, tout ça pour t’expliquer que le capitaine Flam arrivé à ses dix huit bougies a décidé de se battre contre le mal. Parmi ses potos, y a Grag. Un robot élaboré par Le Professeur Simon. Il a élevé le capitaine Flam, et porte toujours le même gilet (on dirait qu’il l’a emprunté à Yakari) pendant l’intégralité de la série. Steuplait Grag, moi aussi je gardais les mêmes vêtements mais là toute l’année, c’est trop ! Limaye était son petit animal domestique.

Mala, c’était le mec hip hop du dessin animé. Rien qu’à sa manière de porter sa casquette de marin, ça faisait cliché. Lui aussi est un humanoïde, et sa particularité est de  prendre n’importe quelle apparence grâce à sa chair spéciale, une sorte de caméléon. Il chambre sans cesse Grag, et même Capitaine Flam qui fait le zameul* avec Johann. Son Animal de compagnie s’appelle Fregolo. La bombe du dessin animé, c’est bien sur Johann, c’est LA meuf : douce et belle, à cette époque j’en peux plus. Il faut dire que les blondes était à la mode. Les réalisateurs du dessin animé avaient bien calculé le truc, pour qu’on s’identifie il avait mis un gosse. Un petit mignon, Ken. A chaque épisode, je me disais qu’il avait de la chance ce p’ti batard ! Alors que moi je galérais dans l’appart. Et le seul vaisseau était la Renault 18 de mon daron. Sa caisse n’avait rien d’un vaisseau spatiale.

J’avais le même âge que Ken. Et avec mon frère on se disait- Pourquoi pour lui c’est le Cyberlabe. Pour nous les cahiers avec des centaines de lignes à recopier. Certains naissent à Saint Ouen, et d’autres dans la galaxie.  Pourquoi suis je pas né dans les étoiles… (je m’arrête là car Les mecs d’IAM vont me trainer en justice). Tu l’auras compris, on enviait le p’ti Ken. Mais dans le fond on l’aimait bien, même si il servait à rien. Le pire c’est qu’y a des meufs qui kiffaient sur lui !

Mise à part ce mec qui nous pourrisaient le délire, et mon psy l’a bien compris. Je respectai beaucoup le capitaine Flam. Il gérais la situation, et restait fort malgré l’absence de ces darons. Dans aucun épisode, il s’est plaint. Je me disais que c’était un VRAI bonhomme. Les premiers épisodes m’ont fait flipper. Les humains étaient victimes d’un phénomène, la rétrogradation de l’espèce. Le type se tortillait dans tous les sens avant de se déchaîner un peu comme dans l’exorciste (tu vas mal dormir ce soir hein !), et de finir au sol inanimé, transformé en singe. Le soir même, je flippais, me demandant et si j’avais été victime de l’empereur de l’espace, le commanditaire de tout ça. Les aventures du capitaine Flam m’ont fascinée, fait rêvé, m’a fait voler. J’ai même eu la figurine du capitaine, un peu pourrie je te l’avoue, mais j’ai refait les épisodes. Y a eu ensuite d’autres mecs chauds de l’espace :  Albator, Ulysse 31. Je me souviens que par nostalgie, j’ai acheté le coffret en 1999, et je me suis retapé tous les épisodes (quoi ? Le capitaine Flam y a pas d’age pour en manger). Mes yeux brillaient… Y a même des gens qui ont dansé sur le générique. (je donnerai pas de nom In**** Ko******) Y a pas à dire, quel type ce capitaine flam…


J’fais de la thaï

6 octobre 2009

kickboxer1989. Le juge a confié la garde à notre père, et nous sommes de retour à Saint Ouen, après avoir connu une période instable les choses semblent s’améliorer.  L’enfance est derrière nous, l’adolescence notre présent et notre futur à quelques bornes. Avec mon frère, on a cotisé et on s’est acheté avec l’argent du marché une console Sega Master System, et le petit Alex-kid a de sacrés oreilles. Depuis, il a du les recoller avec l’oseille qu’il nous a pris, à 990 francs la console ! Cette année là, Technotonic nous fait danser sur Pump The Jam, Roch Voisine fait pleurer les meufs avec Hélène, et les NTM nous rappent que Le monde de demain nous appartient. Voltage nous passe de la funk, TF1 nous fait passer de sacrés soirées avec Foucault, et on regarde Canal en mode crypté, quand on fait nos dalleux. Je travaille le week-end aux puces, vend des 501 et des cuirs. Ma patronne Georgette, flippe tellement, qu’elle ne bouge pas du stand, plusieurs fois je la grille en train de pisser dans un sac plastique à l’arrière du camion. Véridique. C’est à cette période que je tutoie un sport qui va marquer ma vie : la boxe thaïlandaise, qu’on appelle “la thaï”.

Depuis l’année dernière, ça parle de boxe Thaï, un sport arrivé en France depuis quelques années. J’ai récemment vu le film « Booldsport » avec Vandamme, et j’ai trop kiffé Paco, le mec chaud qui faisait du muay thaï avec un short rouge, mais qui s’est fait goumé par Franck Dux.  Dans mon ancien collège, certains disaient que les mecs qui font de la « thaï » cassaient des bouteilles de verre avec leurs tibias, abattaient des éléphants en criant Heeeuuuussss ! D’autres prétendaient que c’était le sport le plus violent de tous les temps, que les mecs chauds de la street en faisaient pour dépouiller, et que même un mec de la thaï avait déboité Belmondo et Bud Spencer. Et moi je rêve de pratiquer ce sport à base de coups de poings, genoux et tibias. Un soir d’octobre 1989, je franchis la porte du gymnase La Courtille de Saint Denis au cœur des cités de Floréal. Un pote m’a dit que c’était là bas que tout se passe. Nous sommes lundi, il est bientôt 19h00. Sur place je ne vois aucun type casser des bouteilles de verres sur ses tibias, ou des mecs taper contre un arbre et le briser (Purée, quel truc de mytho Kick Boxer…) L’entraineur qui vient d’arriver m’autorise à essayer le cours. Je me change dans les vestiaires, et j’hallucine devant les shorts de boxe des autres. Je suis un vrai bohémien, et j’enfile un vieux bermuda Creeks. On court le long des murs de la salle pour s’échauffer. Sam Berrandou, l’entraineur, a installé le ring, et allumé son radio cassette. Il a mis  de la  funk : Ray Parker Junior si tu connais, Jocelyne Brown ou encore Delegation. On est en banlieue, et la vérité y a que des rebeu et renoi dans la salle. Échauffement. Puis il nous montre des techniques de base : blocage, remise avec les middle kicks. L’entrainement est dur entre la corde à sauter, le travail au sac de frappe, et les mises de gants. Je reconnais des mecs du collège : Karim Faidgah (RIP), Sora Yara, et d’autres têtes de Saint Denis.

dany bill 2

Les semaines défilent, et à chaque entrainement je prends gout à ce sport qui ne laisse pas de répits pour les faibles, et dont les plus forts donnent le rythme à base de kicks et de direct du droit. J’ai un avantage : l’anglaise, et un putain de problème des pieds du 46… Je me sens proche de ces camarades de salles. L’un des plus fous est sans conteste Anastase, Jean Paul de son prénom. Un métisse antillais  qui donne tous dans l’entrainement. Il m’étouffera pendant plus de trois quart d’heure à des séances de corps à corps, mais je progresse, quelques entrainements plus tard je rentrerai dans son délire.Il affrontera en 1991 Dany Bill pour la finale du championnat de France. Mais il perdra face à celui qui deviendra la référence des rings de France jusqu’en Thaïlande.

A chaque séance, je reviens forgé de cette “culture de banlieue” comme dirait Arlette Chabot. Après le hip hop, la banlieue a eu la boxe thaïlandaise. Si dans le achipé achopé les ambassadeurs sont les NTM, IAM et les Actuel Force. En boxe Thaïlandaise, les fers de lance sont Dida Diafat, Farid Keniche, Dany Bill. Sora, un des boxeurs de notre club qui brillera aussi,  jusqu’au titre de champion d’Europe. Y a aussi le néerlandais Ramon Dekkers, la terreur des rings qui avance, avec un seul objectif, étouffer son adversaire. Il en dominera beaucoup sur le ring et sera l’un dess premiers européens à battre les thaï chez eux. Mais les afficionados se souviendront de la punition qu’il a reçu de la part de Dany Bill (encore lui !).  L’autre hollandais c’est Rob Kaman, et  l’américain Rick Roufus qui s’affronteront devant le public de Bercy.  A l’époque les trois clubs dont tout le monde parle sont le Nemrod, Le Derek, et Le Lumpini.  Mon pote de classe Mickael est au Nemrod, je suis au Lumpini.  Et on ne manque aucun gala que diffuse Canal Plus, souvent on va sur place encourager nos gens.

RAMON DEKERSEn 1991, j’ai arrêté pendant quelques années, et je t’avoue copine et copain lecteur que je n’aurai jamais pensé y retourner, ne me demande pas pourquoi… Parce que pour une fois, mon blog va te faire chialer. Les années ont défilés, certains des pratiquants nous ont quittés, d’autres ont brillés : Mourad Sari, Kamel Jemel, Totof, Moussa Sissoko… Un en particulier m’a trahi, et si j’ai parfois lâché la salle, j’y suis toujours retourné. Aujourd’hui, c’est au Derek de La Courneuve que j’apprends avec Claude, Tony, Abdel, Léon et tous les adhérents. Léon Mendy me l’a dit : “Pour réussir à maitriser les clés de ce sport il faut en avoir “Le gout » et il a raison, j’applique même son conseil dans mon quotidien. Le temps est passé, Le Nemrod n’existe plus, Dany a raccroché les gants. Dida est sur facebook, Gregory Choplin a repris la relève, Totof montre qu’il est toujours là et que ce n’est pas  pour rien qu’il a participé 5 fois au tournoi du roi de Thailande. Les rappeurs aussi tapent au paos, tu peux le voir sur Daily motion, ou sur le DVD de la Mafia K1 Fry. La boxe thaïlandaise un sport a des valeurs que tu ne peux pas tronquer… Et si ce sport a marqué autant de jeunes de banlieues, c’est parce qu’à travers cette pratique ils ont trouvé une famille et des repères qu’ils n’avaient plus à la maison. Même si je crie pas devant les autres j’fais d’la thaï, je la kiffe et je lui écris des poèmes.


Le Club Dorothée

28 septembre 2009

Pendant dix ans, Dorothée a fait l’unanimité auprès de tous les jeunes, et même chez moi…

CLUB DOROTHEE

Cette année là, je suis redoublant en 5eme, mon livre d’anglais est vert et s’intitule I Speak English, c’est toujours la même Brian, Jenny et son daron qui nous parlent de lunettes, de faim et de voiture. Dans ma classe, y a Pascal Di Lorenzi, Joseph Bijoux (R.I.P), Nasser El Mellah. Le mercredi, depuis la rentrée on retrouve Dorothée. L’animatrice, n’est pas nouvelle puisqu’elle animait déjà sur Antenne 2, Récréa2. C’est sur ce programme que j’ai pu découvrir au début des années 80 Albator, Capitaine Flam. Cette fois ci l’animatrice au nez pointu propose un show qui se déroule sur la journée entière. En 1990, mon père qui a cessé de travailler suite à un accident de travail, nous laisse regarder le club Do. Bien sur, on se tape Les Feux De L’Amour et 21 Jumpstreet. Avant de retrouver les déssin animé et sitcom en pagaille… Les émissions défilent et y a quelques moments forts. Le Club Dorothée, c’est bien évidemment Ken Le Survivant, les chevaliers du Zodiac, Le Collège Fou Fou Fou, Dragon Ball Z. Mais la vérité c’est qu’elle nous a mis des disquettes avec son équipe. Sa grosse équipe ! Les Musclés, qui se sont bien foutu de notre gueule avec la Merguez Party et j’en passe. Avec du recul, ils nous ont vraiment pris pour des cons, quoi que je l’étais un peu. Les gags pas de pitié pour les croissants. Dorothée n’étaient pas marrante, Ariane un peu plus conne, et les mecs un peu rincés entre Jacky et sa grosse coupe, qui faisait le ouf (et qui n’en avait rien), Corbier et sa grosse barbe, et leur beau gosse de service, Patrick. Il faisait le cainri, mais n’en était pas un.

Tous les gosses n’attendaient qu’une chose, le générique de la fin. Pour tenir en haleine ses petits (et grands) spectateurs, Dorothée avait compris que mettre le nom en défilé  le jour de leur anniversaire les rendrait fou. Effectivement, ça n’a pas loupé. Ma voisine qui avait pleuré toute l’après midi parce que son nom était apparu le jour de son anniversaire. Quelle victime! En même temps j’écris ça par médisance, moi aussi j’aurais pleuré… Pour ça il suffisait de faire parti du club Do’.

Son émission a pris une telle ampleur, qu’elle invitait même des chanteurs, et faisait leur interview. Dorothée était devenue la mafia du petit écran. CD, VHS et même les pin’s club Do’ se vendaient en millions d’exemplaires. Son producteur Pat Le Guen a fait construire une villa au dessus des studios de la Plaine Saint Senis. Les musclés faisaient les allers retours à la banque déposer le liquide de leurs nombreux tubes sur le compte de Dorothée et AB. Y a eu aussi Benny B, le rappeur belge qui a explosé grâce à l’animatrice, Jacques Martin, et Jean Pierre Foucault. Pendant que NTM sortait de la cave, avec son premier titre « Le Monde De Demain ». Benny B et ses deux acolytes tournaient sur la tête en jouant son tire « Mais vous êtes fous ». (Steuplait Copine et copain lecteur, relève toi tout de suite… ). Dorothée a tenu l’affiche pendant dix ans, et elle a disparu après être devenue l’icône des jeunes. Pour nous, une fois plus grand, Dorothée c’était avant tout celle qui avait fait des films de boules. En réalité, elle avait juste fait une apparition dénudée… Mais tu nous connais, on a tendance à en rajouter. Par contre, véridique, Giant coocoo, le petit renoi du Sit Com Le Miel Et Les Abeilles a fait des films de boules, c’était une star. On a même cramé un pote avec une revue classée X avec Giancoocoo, le choc !

Un dimanche soir, dans un appartement à Saint Ouen.

Nous ( jeunes et ambitieux) : Wesh Doum’s tu faisait quoi ?
Lui (en sueur bizarre) : Rien…Heu… Rien les gars…
Nous (en mode Docteur House) : Tu sues ou quoi, t’as attrapé froid ?
Nous (installés sur le canapé en mode incruste) : Mets Canal Plus y ça Cartoon…
Chère copine et copain lecteur tout allait bien on tapait des barres sur Bip bip et le coyotte quand une scène va nous choquer…
Mon pote Hicham : C’est quoi cette revue ?
Doum’s aka Mamadou en panique de ouf : C’est RIEN !!!!
Hicham : Pourquoi tu l’arraches… Donnes !
Doum’s démasqué (en mode faites entrer l’accusé) : Nan les gars, non !!!
Nous (en mode free fight et arraché de revue) : TRUC DE OUFFFFFFFFFF Nous (choqué…) : C’est quoi cette revue, tu étais en train de faire quoi ??? Encore nous (en mode sadique) : Téma le pire, c’est le pti renoi de Dorothée!! Oh le batard, des scènes de boules !!! Il a le kiki à l’air comme ça ! Doum’s t’étais en train de … sur Giancoucou mais t’es un ouf !!! T’es pas normal !!!

Steuplait copine et copain lecteur, sèches tes larmes, et soit un peu plus tolérant toi aussi t’as du avoir des délires chelou. (Doum’s si tu lis ce blog on te pardonne). SALUT LES MUSCLESBref, dans le club Do’, y a eu aussi la fameuse série, avec les musclés : Salut Les Musclés avec Framboisier, Minet, Eric, Rémy et René. Celui que j’aimais bien c’était  bien sur Bernard Minet, il avait une dégaine disco. Les autres étaient marrants dans leur dégaine mais bon je t’avoue que c’était limite musicalement parlant et  en terme d’humour. Parmi les séries y a eu des dérivés avec les musclés comme La Croisière Foll’amour avec la blonde Hilguegue (prononces Hirgeugeu), genre c’était une meuf extra terrestre. Pour ceux qui y croyaient, je vous rassure… Une fois, mon frère a tiré les cheveux d’Hilguegue sur les champs Elysées, et qu’elle n’avait aucun pouvoir extra terrestre. HILGUEGUELe club Dorothée a disparu du petit écran en 1997. Mais pendant dix piges, elle aura fait rêvé les petits, et aussi les plus grands. Elle a fait beaucoup d’argent, avec ses producteurs avec les nombreux sitcom : Le Miel Et Les Abeilles, Hélène Et Les Garçons. Quoi qu’il en soit, on aura bien rigolé… La vie a fait que René des Musclés et aussi Giant Coocoo nous ont quittés. R.I.P.


BENNY B : On a été les premiers rappeurs commerciaux et les autres ont suivi

22 septembre 2009

En 1989 et 1990, Benny B explosait les ventes de disques et devenait le premier rappeur « commercial » avec ses tubes « Mais vous êtes fous », « Qu’est ce qu’on fait maintenant » et « dis-moi bébé ». En 1992, le B-Boy belge et son groupe disparaissaient du devant de la scène après avoir enflammé les plateaux des émissions « Club Dorothée », « L’école des Fans », « Sacrée soirée ». Aujourd’hui, mec à l’ancienne vous sort de la cave un entretien vérité avec Abdel-Hamid Gharbaoui allias « Benny B ». Le succès, sa vie aujourd’hui, NTM et leur look d’époque.


Présentations
Benny.B, mon vrai nom c’est Abdel-Hamid Gharbaoui, je suis dans le milieu hip hop depuis 1985.

Quel âge as-tu maintenant ?
J’ai quarante ans.

Que fais-tu aujourd’hui ?
Je suis coordinateur à l’aéroport de Bruxelles. Je suis responsable d’une équipe de 40 chauffeurs. Ce n’est pas la même vie que lorsque j’étais dans la musique, j’ai une femme et deux enfants.

Tu as travaillé parce que tu étais obligé ?
Quand la musique a commencé à s’arrêter, j’ai commencé à vivre de mes rentes. Un jour, après avoir eu un train de vie de fou, je me suis levé et je me suis dit que cela ne pouvait pas continuer comme ça. Il fallait que je travaille. Un pote m’a dit que je devais retrouver un travail, où on ne m’ennuie pas. Il m’a parlé d’une place de transporteur d’équipage. J’ai fait ça car c’était un emploi où je pouvais être tranquille. J’ai donc eu ce poste et j’ai évolué. En dix ans, je suis passé de chauffeur à responsable. Je suis aujourd’hui à ce poste et propriétaire d’un immeuble. Tout ça sans l’argent de la musique.

Vous avez vendus combien d’albums ?
On a vendu trois millions de disques, tout confondus.

Et qu’as-tu fais avec cet argent ?
J’en ai profité, j’ai eu un train de vie assez fou. Je sortais avec mes amis tous les jours de la semaine, je rentrais le matin. Et comme j’étais le seul à avoir de l’argent, j’invitais tout mes potes. Je n’ai rien gardé de cet argent. La seule chose que j’ai faite dès que j’ai eu mon premier cachet, c’est d’acheter une maison à mes parents.

Pourquoi vous êtes vous définitivement retirés de la musique en 1993 ?
On ne s’entendait plus au niveau artistique, je voulais amener des sons un peu plus matures et le producteur ne voulait pas. On a eu une grosse discussion avec Daddy, on a décidé de se séparer. J’ai gardé mon nom, Daddy a signé un single avec eux.

La rumeur qui disait que vous étiez mort, comment tu l’as vécu ?
C’était dingue. On ne sait pas d’où est parti cette rumeur, on s’est même dit que ça venait de NTM. Je me souviens qu’on a fait un démenti sur la place du Trocadéro. C’était dingue, je me souviens que les gens écrivaient des lettres par milliers. Nous avions des et des sacs remplis de lettres avec des gens en deuil et d’autres qui avaient écrit pour gagner un concours organisé avec une marque de basket. Ils écrivaient qu’ils étaient désolés que Benny B soit mort mais qu’ils voulaient recevoir la basket. C’était cynique et dingue.

Tu as coupé complètement avec le rap du coup ?
Je n’ai pas voulu revenir comme un rappeur fatigué. J’ai voulu amener d’autres sons plus matures que « vous êtres fous », mais ce qu’on attendait de moi c’était du Benny B. A cette période le rap commençait à émerger commercialement et j’ai évité de trop apparaître et me suis mis en retrait.

BENNY B 3

Ces projets de sons plus matures, c’était quoi ?
J’ai fait un album sous le nom de « Two be one », si tu l’écoutes tu verras que c’est le même styles funk et rap qu’Alliance Ethnik, Mellowman. D’ailleurs les producteurs qui avaient faits mes sons étaient les mêmes que ceux qui avaient fait l’album de Mellowman. Il y a beaucoup de similitudes qui sont parties de Belgique et qui sont arrivées en France.

Tu parles de ton projet Two Be One et il y a eu les 2be3, quand on regarde ça ressemblait à Benny B. Deux blancs, un rebeu…Quelque part quand tu dis qu’il y avait des similitudes, c’est juste que ce sont les mêmes producteurs mais pas du plagiat…
Non, je n’ai pas dit que c’est du plagiat. Mais quand j’arrive en France et qu’on me dit que c’est trop différent de ce que tu faisais, que j’apprends qu’il y a des choses qui sortent et qui sont dans le mêmes style que mes projets, tu te poses des questions.

Votre succès est dû à vos passages au Club Dorothée ?
Le Club Dorothée, c’est une émission comme les autres sauf qu’à la place d’avoir des adultes comme public, tu as des enfants. Et l’impact d’une émission de télévision n’est pas comparable à la publicité, à toute la promotion que tu peux faire. C’est un impact incomparable. Le club Dorothée nous a permis de toucher beaucoup de gens. Pour moi, c’était évident de faire une émission comme le club Dorothée. D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi Dorothée a été critiquée et son émission supprimée.

On t’a reproché d’avoir participé à ces émissions?

J’ai eu pleins de discussions avec des rappeurs notamment Joeystarr au Palace. Et pour moi c’était logique de faire le club Dorothée. Quelque part, ça a fait avancer le hip hop. On était dans le milieu underground du hip hop depuis 1985 et avoir cette visibilité c’était une manière de faire avancer la culture.

Est-ce que tu penses que faire des plateaux de télévision comme ceux avec Jacques Martin qui s’éclate et se mets torse nue, on ne pouvais pas vous prendre au sérieux…
Ce jour là, c’était le summum. On était dans le délire et voir un papy comme Jacques Martin, paix à son âme, qui se déshabille, c’était amusant. Sur le coup tu n’es pas là pour véhiculer une image de méchants ou quoi que ce soit. On est devant le grand public et on fait notre truc. La culture hip hop on la connaît et on s’éclatait que ce soit à l’école des Fans, chez Dorothée ou même dans les soirées hip hop. Ce qu’on a retenu de Benny B, c’est Club Dorothée, Jacques Martin et on a jamais parlé des scènes hip hop qu’on a fait en banlieue et ailleurs.

A l’époque je me souviens que NTM faisait circuler des tracts avec une caricature de toi, recherché mort ou vif etc.
A l’époque 93 NTM nous critiquait. Et j’avais dis dans un canard que NTM avait fait le monde de demain, et demain ils feront le monde d’après demain. De là, on était en froid. Pourtant on s’est vu plusieurs fois avec Joeystarr dans des soirées. On a discuté deux ou trois fois. Et une fois aux Bains-Douches,  je lui disais, qu’il nous critiquait d’être commercial mais je lui disais que lui aussi faisait du rap avec pour objectif de vendre des disques. Il  n’arrivait pas à me répondre. Et maintenant je pense qu’il a compris.

Et du coup vous étiez en froid ?
On s’est parlé deux ou trois fois. Après chacun a fait ses trucs. On se croisait et aujourd’hui je me rends bien compte que toutes ces critiques à notre encontre n’étaient pas justifiées. On a été les premiers rappeurs commerciaux et les autres ont suivi.

Pour toi quelles étaient les critiques injustifiées ?
C’est les gens qui nous critiquaient et qui ne savaient pas la vie qu’on a vécu avant. On a fait du  rap, je peux même admettre qu’on a eu des versions qui n’étaient pas hip hop. Mais entendre que je n’étais pas dans le hip hop, qu’il fallait que j’arrête, c’est quelque chose que je ne souhaite à personne. A un moment je leur disais de se calmer, c’était injustifié.

A l’époque vous aviez beaucoup d’ennemis ?
Non, parfois on rencontrait des jeunes de banlieue qui nous charriaient d’autres qui nous appréciaient. Aujourd’hui avec du recul je n’ai pas eu d’ennuis comme ont eu certains rappeurs. Et quand on se promenait dans les rues ou on sortait, on n’avait pas de gardes du corps ou quoi.

Les gens te reconnaissent aujourd’hui ?
Oui, d’ailleurs ça fait bizarre pour les gens qui me côtoient. J’ai pris du poids mais les gens me reconnaissent, quelque part ça fait plaisir.

Et sur Internet tu regardes ce qu’on dit de vous ?
Je vais rarement sur le net et c’est un ami qui m’a dit d’aller voir ce qu’on dit de nous sur les forums. J’ai découvert ça récemment ce qu’on dit de nous sur tous ces sites.

C’est pas gratifiant  d’être référencé sur des sites comme bides et musiques…
Je sais. Mais je te dirai que l’important aujourd’hui c’est qu’on parle en mal ou en bien de toi, l’important c’est qu’on parle de toi. On a pas eu l’occasion de revenir parler de toutes ces critiques. Je sais très bien que si demain je devais faire un plateau avec tous les anciens du hip hop, il y a des vérités qui tomberaient et je sais très bien que j’en sortirai gagnant. Les sites qui nous réduisent à un succès d’un jour ce n’est pas grave, j’ai un caractère fort, la vie continue.  Il y a plein d’artistes dont on a jamais plus entendu parler comme Kamel d’Alliance Ethnik, Tonton David. On parle toujours de moi.

Tu as des regrets ?
Non, je n’ai pas de regrets. J’ai eu la chance de vivre tout ça. Je suis issu du peuple, je ne suis pas un américain, je ne suis pas un européen, je suis un marocain. Aujourd’hui je fais vivre ma femme mes enfants et c’est grâce à Dieu.

Tu as gardé ta salopette « Barth Simpson » (ndlr il portait cette tenue dans le clip dis moi bébé) ?
Oui, je l’ai toujours. On avait fait cette salopette car la série « les Simpsons » débarquait en Europe et faisait un carton, on a décidé d’en faire notre sponsor, pour nous démarquer et les gens en étaient fadas.

Quelqu’un s’occupait de votre look ?
Non. Perfect, Daddy K et moi nous occupions nous même de notre look. On s’identifiaient beaucoup aux rappeurs américains. A l’époque, en France, les gens de la culture hip hop s’habillaient à la mode de Public Enemy. Je leur disais que ça datait de 1985. Je me souviens que NTM faisait son clip « Le Monde De Demain » avec les fringues de Jean-Paul Gauthier.

entretien réalisé par Rachid Santaki (Janvier 2008)


C’est ceux qui en parlent le moins, qui en mangent le plus…

18 septembre 2009

1990. Nikita cartonnait dans les salles de ciné. L’année du premier single des NTM “Le Monde De Demain”. A cette époque, les 93 NTM étaient massifs, rien qu’à voir le clip avec les nombreuses têtes de Saint Denis et d’ailleurs.

FRITES

Dans ma classe, Arnaud, un bousillé de achipé achopé dessine sur des feuilles, des lettres avec des reliefs. Il me parle des 93 MC, de 93 NTM. Normal, c’est un gars de Saint Denis. Et le soir il taggue. Un passionné de hip hop, et de graffiti. Alors que je suis en mode Benny B. Dis moi bébé pourquoi est tu aussi cruel… Qu’est ce qu’on peut être con parfois. Il me chambre, et me sors l’avis de recherche sur Benny B. On en rigole. Son « hip hop attitude suscite mon intérêt. C’est un mec bien, Arnaud. En 1990, on porte tous des manteaux Duffle coat et des Levi’s 501. Les Air Max avec la bulle d’air viennent de sortir. 500 balles, ça reste inaccessible pour nous. On est pauvre. Et ce sont des baskets de riches ! Alors je porte de Nike pas chère.

Je suis à Saint Ouen, au lycée Blanqui, en seconde. Mon frère, Hicham, est en 4eme techno. Et fout le zbel*( débris, gravats, résidu poubelle, bordel…).  Gosses du divorce, nous vivons chez le daron. La Renault 18 a bien vieilli depuis le collège, à vrai dire, ses vitres électriques et sa fermeture centralisée ne nous impressionnent plus. Les albums de Kool And The Gang nous ont saoulé. Désormais on est des mecs de la VRAIE funk : Evelyn Champagn King, Plush, Delegation, ou Jérôme Prister. Mon frère, avec des potes à lui, va péta les disques au puces. Notre plat principal ? Les frites ! D’ailleurs, dans l’histoire de ma life j’ai surnommé cette période : l’époque des frites.

pommes_terreAprès les premières ventes de La Petite Cité Dans La Prairie. Mon éditeur n’a pas compris pourquoi avec mes royalties j’avais demandé à me faire livrer deux palettes de pommes de terre. Si lui n’a pas compris, moi si !!

BARBAPAPALes programmes de santé, qui vise à améliorer notre hygiène alimentaire le soulignent. Mangez 5 fruits et légumes pas jour pour votre santé. Et je pense qu’il devrait illustrer ces exemples par des personnages qui n’ont pas mangé de manière équilibrée : Casimir, Pikachu, toute la famille des Barbapapa, le fils du shérif dans les Simpsons, et le plus grillé, Schrek… Ils sont nombreux comme ça. Copine et copain lecteur, tu remarqueras une chose. Ils ont des corps difformes, et en plus ils ont un teint, loin d’être célestin (rime gratuite et pourrie je vous l’accorde). Ceux qui te disent qu’il faut accepter les autres, sont les premiers à ne pas appliquer ça. Comment ne pas voir la différence de poids et de couleurs, steuplait les Barbapapa!

Quoi qu’il en soit en 1990. On avait une alimentation beaucoup plus saine qu’aujourd’hui. Nous, y avait pas de Mac Do, de Grec ou quoi.  Parce qu’en réalité on en n’avait pas les moyens. Non mais t’as vu le pris à l’époque ? Trente francs le menu au Mac Do !! C’était vingt kilos de patate  au marché ! Et crois moi, ça c’était consistant. C’était l’essentiel. Pas de sauce barbecue, samouraï ou je ne sais quoi, en accompagnement c’était du sel !

Notre menu avait été élaboré par une grande spécialiste. La galère. Et ça donnait comme menu : le matin,  rien. Le midi, frites. Le soir on variait. Salade de frites. L’avantage quand tu épluches toi-même les frites, c’est que t’as tellement la dalle que tu apprécies le gout. Et oui! Notre vie se résumait à une friteuse, de l’huile, et des pommes de terre. Crois moi on était secs.

A la sortie du lycée.
Eux (en mode on est jeunes et on veux pas payer) : On va ou les gars ? On va squatter derrière…. Hey ! Rachid tu viens avec nous…
Moi (en mode corvée de patates) : Non je peux pas.
Eux (en mode cigarette) : Pourquoi…
Moi (en mode Don Johnson) : Nan j’ai un rendez vous avec une meuf…
Eux : Ah ouais… Sérieux ! ?
Moi (en mode j’en ai marre pourquoi la vie c’est comme ça !) : Ouais…J’y vais les gars !

Un quart d’heure plus tard
Moi ( en  train de pleurer ) : Fais chier, j’en peux plus tu me saoules.
Elle (en mode tenue légère): Mais c’est toi qui te plains pour rien.
Moi (dépression chronique) : J’en ai marre je craque !!
Elle (en mode michetonneuse) : Mais t’aimes bien mes formes…
Mon père : Avec qui tu parles connard !!!
Moi : Non rien papa… Alors épluches les pommes de terre et vite !!

Une fois la corvée terminée. On lavait les pomme de terres. Et direction le bain d’huile. Une fois les frites prêtes, on s’installait à table, et je peux te dire qu’on avait la dalle. La vraie. Aujourd’hui, TF1 nous montre des reportages sensationnels. Car Jacking. Home Jacking. A table, y avait le frite jacking. Cela consistait à dépouiller l’assiette de l’autre. Souvent mon plus jeune frère qui trinquait.

Reconstitution du crime

Mon frère et moi : regardes y a capitaine Flam à la fenêtre !
Mon petit frère (en mode innocent) : ou ça ou ça !!
Mon frère et moi (cagoule sur la tête et poignée de frites arrachées) là !! là !!! Tu vois pas !??!
Mon petit frère : Tu mens (notez bien que le terme mytho n’était pas employé à l’époque)
Je peux te dire une chose, on était dépendant. La frite coulait dans nos veines. Le soir, je rêvais de frite végétaline, et du gros Vico.

Lors de cette rentrée des classes. En remplissant la fiche, le prof était étonné car j’avais précisé dans loisirs FRITES. A cette époque je connaissais aussi toutes les sortes de pommes de terre. Et j’ai même voulu devenir agriculteur. Purée, tu m’imagines dans l’amour est dans le pré ?

Heureusement, l’époque des frites a duré quelques temps. Puis en fin d’année, on a cessé. Un évènement a fait que les frites c’était fini et que cette époque allait marquer ma vie et que plus jamais, ce ne serait pareil. On est passé au luxe.

Plus tard avec les premières tunes on a testé les frites congelées. Aucune saveur. Puis avec le temps, les sorties extérieures. Rien ! Aujourd’hui, je me rends compte que rien ne pourra égaler cette époque, parce que la vie et surtout nos frites avaient une saveur particulière. Celle de la galère.

PS : j’ai deux palettes de pomme de terre en stock. Qui organise une soirée frites ? Et j’suis pas de corvée de frites !

Rachid Santaki